Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Ma prépa ATS après un BTS-DUT

Épisode 3 : les oraux et le bilan

Publication : 17 décembre 2014
À l’issue de leur année de prépa ATS (adaptation technicien supérieur), Müge a intégré une école d’ingénieurs, l’UTC de Compiègne, et Simon est entré en 3e année de licence à l’université de Marne-la-Vallée. Oraux des concours, choix d’orientation et rentrée… les deux candidats nous livrent leurs impressions et leur bilan de l’année d’ATS.

Comment s’est déroulée la fin des concours ?

Müge : A l’UTC, on a d’abord eu une présentation de l’école en groupe, puis un entretien individuel avec une psychologue. Elle m’a interrogée sur mes formations, mon stage de DUT et mon projet professionnel. Elle a vérifié que je m’étais renseignée sur l’UTC et la branche génie des systèmes urbains à laquelle je prétendais, et m’a posé des questions sur ma personnalité, mes goûts. J’étais aussi admissible à plusieurs écoles du concours ATS, mais je n’ai pas passé les oraux car j’ai su avant que j’étais admise à l’UTC, qui m’intéressait plus.

Simon : Sur le concours ATS, j’ai été admissible à l’EIGSI (école d’ingénieurs en génie des systèmes industriels). J’ai donc passé les oraux : mécanique, électricité, maths, physique et anglais. Comme en colles, nous étions 2 au tableau, sauf qu’on avait une 1/2 heure pour préparer les sujets. En mécanique, je n’ai pas eu de chance : j’ai tiré un sujet qui tombe très rarement et que je n’avais donc pas révisé… J’ai aussi passé l’oral de l’UTC. Au final, je n’ai été pris dans aucune des deux écoles. Heureusement, j’avais assuré mes arrières en postulant à différents masters et licences dans le bâtiment. Mon dossier a été accepté en L3 génie urbain à l’université de Marne-la-Vallée.

Qu’est-ce qui change par rapport à l’ATS ?

Müge : En école, chacun construit son parcours selon son projet. Pendant les 2 semaines d’intégration, j’ai rencontré mon parrain, un étudiant de 4e année, qui m’a donné des conseils sur le choix des cours. Pour le 1er semestre, j’ai pris sociologie, statistiques, anglais et 3 enseignements d’urbanisme. On a une vingtaine d’heures de cours par semaine, donc beaucoup moins qu’en prépa. Mais à côté, on a beaucoup de projets de groupe, à mener à 2, à 4 – voire à 70 pour le projet d’études de secteur.

Simon : Dans ma L3, on n’a plus que des matières spécifiques : droit du bâtiment, architecture, thermique du bâtiment... L’emploi du temps change toutes les semaines. Globalement, les horaires sont plus cool qu’en ATS, mais l’on doit travailler sur différents projets : pas moins de 4 sur le 1er semestre. On doit aussi commencer les démarches pour trouver un stage pour la fin de l’année.

Quelles sont les difficultés ?             

Müge : Pour l’instant, les projets ne sont pas évidents pour moi. Je dois acquérir le regard de l’urbaniste et apprendre à utiliser les outils comme Illustrator ou Autocad. J’ai aussi du mal à gérer mon temps. J’étais tellement occupée par un projet que je n’ai révisé l’examen de milieu de semestre en statistiques qu’à la dernière minute et ne m’en suis pas bien sortie.

Simon : Se procurer les plans d’un bâtiment et les présenter, étudier le terrain d’un quartier en rénovation, étudier le système de climatisation et de chauffage… On a beaucoup de projets à faire et de travail personnel à fournir. Contrairement à la prépa où des heures étaient réservées aux projets, c’est à nous de nous organiser pour nous retrouver et avancer.

Que vous a apporté la prépa ATS ?

Müge : L’ATS m’a apporté des connaissances solides qui font que je n’ai pas de difficultés dans les cours théoriques. Etant dispensée des modules de mise à niveau en maths, cela me libère des créneaux pour d’autres matières. La prépa m’a aussi appris l’endurance : travailler 4 heures d’affilée ne me pose pas de problème. Sans compter une bonne résistance au stress et à la pression.

Simon : Si j’étais arrivé en licence directement après mon BTS, j’aurais sans doute eu des difficultés en maths. Par exemple, les profs considèrent que les calculs de matrice sont acquis. L’ATS m’a aussi appris à aborder les exercices avec plus de méthode, c’est-à-dire ne pas me lancer tête baissée mais commencer par analyser la situation.

Quel(s) conseil(s) à ceux qui se lancent en prépa ATS ?

Müge : Il ne faut pas s’imaginer la prépa comme horrible, un lieu de compétition acharnée. C’est certes un investissement personnel énorme, et il faut se préparer à ne plus faire de sorties… Mais ça vaut le coup. Après la phase d’admission, rares sont ceux qui n’ont pas eu d’école. Il y a par ailleurs une bonne ambiance et de l’entraide entre les élèves venant de cursus différents.

Simon : Travailler dès le début est primordial : si on laisse passer même 2 semaines, c’est dur de rattraper. Au niveau des concours, mieux vaut ne pas viser trop haut. Je regrette de ne pas avoir passé le concours des écoles en alternance, un peu plus facile car ouvert aux DUT. Et même si avoir une école est l’aboutissement de l’ATS, aller à la fac n’est pas un échec. Rien n’empêche de retenter les concours d’entrée en écoles d’ingénieurs à la fin du L3 ou en master… ce que je ferai sûrement.

Vient de paraître