Onisep.fr, l'info nationale et régionale sur les métiers et les formations

Des classes prépa spéciales bacs pro

publication : 6 octobre 2014
Des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), sur 3 ans au lieu de 2, destinées aux bacheliers professionnels de spécialités tertiaires ou industrielles s’ajoutent depuis peu aux nombreuses prépas réservées aux meilleurs élèves issus de bacs généraux ou technologiques. Bilan d’étape de la formule, avec les retours d’expériences et conseils d’élèves et de professeurs.

Promo 2014-2015 du lycée René Cassin à Strasbourg

Qui est concerné par ces prépas ?

Au total cinq lycées, deux prépas économiques et trois prépas industrielles, participent à l’expérience.

Comment les candidats sont-ils sélectionnés ?

Les titulaires de bacs pro peuvent candidater directement sur APB (admission post bac - site unique pour les admissions des CPGE au niveau national). Ils sont ensuite sélectionnés sur dossier. Mais au-delà des notes, les professeurs sont très sensibles aux appréciations des enseignants et au comportement qui montre une réelle volonté de réussir.

Expérience d’élève 

"En entrant en terminale bac pro, j'ai vite réalisé qu'après le bac pro peu de perspectives s'offraient à moi. Je me suis renseignée sur les débouchés possibles. Un conseiller d’orientation m’a alors parlé de la prépa pro tournée économie du lycée René Cassin de Strasbourg : j’ai été séduite par cette formule d’autant que tous les étudiants venant de bac pro, nous partions tous sur le même pied d’égalité."

Emilie Gitter, étudiante en première année à Audencia (école de commerce)

Comment est-ce organisé ?

Contrairement aux classes prépa classiques qui se déroulent sur 2 ans, celles-ci s’effectuent sur 3 ans : une première année de remise à niveau avec une pédagogie adaptée aux élèves dans les disciplines générales : maths, français, philo, et un approfondissement des connaissances en gestion, économie et droit pour la prépa ECT ou dans les matières scientifiques pour la prépa TSI. Objectif de la 1re année : faire passer ces élèves d’un niveau bac pro à un niveau de terminale techno STMG ou STI2D. Au lycée Jean Perrin de Marseille, les élèves travaillent en petits groupes de niveau et ont déjà des "colles" (interrogations orales courantes dans les classes préparatoires).  Les deux années suivantes se déroulent de façon identique à une CPGE classique. Les élèves peuvent ensuite présenter les concours d’entrée aux grandes écoles.

Avis de prof 

"Afin de permettre aux élèves de s’organiser, on commence les colles après la Toussaint pour qu’ils aient le temps de se familiariser avec le travail à la maison. Et ils prennent tous vite le pli. L’autre nouveauté, c’est l’aspect théorique et abstrait alors que ces élèves sont habitués à des cours pratiques et concrets. Une des clés de la réussite de ces prépas, c’est l’encadrement pédagogique : l’équipe enseignante les soutient au quotidien et les encourage. Ce sont des classes passionnantes qui ont une grande soif d’apprendre, ils approfondissent leur travail et ils ont le sens du détail."

Grégoire Arnaud, enseignant en classe prépa ECT au lycée René Cassin de Strasbourg

Quelles sont les difficultés rencontrées par les bacheliers professionnels ?

Les élèves sont souvent surpris par le rythme et la charge de travail qui est très importante, ils ont des devoirs le soir et des colles régulièrement. Ils peuvent rencontrer des problèmes d’organisation, c’est pourquoi l’accent est mis sur les outils méthodologiques. Ils bénéficient aussi d’un accompagnement pédagogique. Certains élèves s’interrogent et doutent de leur capacités à réussir, ils manquent parfois de confiance en eux. Les professeurs leur apportent un véritable soutien à la fois pédagogique et psychologique. Des dispositifs d’aide et de conseil peuvent être mis en place. À Strasbourg, un conseil de classe intermédiaire a été ouvert et mis en place en première année pour prévenir les effets de démoralisation auprès des étudiants.

Avis de prof 

"Nos élèves issus de bacs professionnels sont motivés et ont la volonté de réussir. Leurs lacunes sont compensées par une forte envie d’apprendre. Ils sont surpris par le rythme et la charge de travail mais on les prépare progressivement : les deux premiers mois sont consacrés à la méthodologie".

Grégoire Arnaud, enseignant en classe prépa ECT au lycée René Cassin de Strasbourg

Faut-il des qualités particulières pour réussir ?

Il n’est pas indispensable d’avoir fait une scolarité brillante mais il faut avoir un bon niveau scolaire, une bonne motivation pour affronter les exigences du rythme et du volume de travail.

Expérience d’élève 

"La première année,en prépa TSI, au lycée Henri Parriat de Monceau-Les-Mines, s’est très bien passée : je n’ai pas été vraiment surpris par le niveau ni par le travail à fournir. Il me suffisait d’être attentif pendant les cours pour avoir de bons résultats. Bien sûr, je n’étais pas habitué à avoir des devoirs le soir mais ce sont des matières qui me plaisent donc ça n’a pas été difficile. Les professeurs nous encadraient bien, et pouvaient même nous aider par mail. Il y avait une entraide entre les élèves aussi, on travaillait en petits groupes de 4 ou 5. Enfin, un étudiant de Polytechnique nous a suivi toute l’année pour nous expliquer comment se passent les concours…"

Pierre Dumoulin, étudiant en 1re année à Polytechnique (école d’ingénieur)

 

Quel est le premier bilan de ce dispositif ?

Pour les étudiants qui sont allées au bout des 3 ans, l’expérience est très positive puisque tous les élèves ont été admis dans une grande école. Les professeurs des 3 prépas concernées par l’expérience s’accordent à dire qu’au-delà de la réussite scolaire, les élèves découvrent des pans d’études qu’ils ignoraient; acquièrent des méthodes de travail, et s’ouvrent à la culture. Sur un plan plus personnel, ils reprennent confiance en eux, se sentent valorisés et progressent plus vite. Ils bénéficient aussi d’une ouverture culturelle, avec sorties au théâtre, et visites.

Avis de prof 

"Je n’avais jamais vu d’élèves travailler aussi vite et aussi bien. Comme ils progressent vite, ils se sentent valorisés, reprennent confiance en eux et réussissent. Au bout d’une année déjà, l’organisation personnelle du travail est très aboutie. La belle réussite aux concours des promotions précédentes (encore 100 % de réussite en 2014) vient encourager les étudiants en cours de formation."

Grégoire Arnaud, enseignant en classe prépa ECT, au lycée René Cassin de Strasbourg

Expérience d’élève 

"J’ai tout de suite apprécié l’ambiance autour d’une petite promo de 15 étudiants, et les relations avec les professeurs toujours disponibles pour nous aider. Ce qui m'a le plus surpris était la charge de travail. Le nombre d’heures de cours  hebdomadaire mais surtout le travail personnel à fournir. Mais ce qui est tout aussi surprenant, c'est qu'en y mettant de la bonne volonté on peut rapidement acquérir un rythme et une méthode de travail. Il faut vite prendre de bonnes habitudes : apprendre ses cours au fur et à mesure, faire ses devoirs et être assidu. Mais il faut malgré tout garder une activité extra-scolaire car c'est tout simplement sain : cela permet de "s'évader", se relaxer ou se défouler…"

Émilie Gitter, étudiante en 1re année à Audencia (école de commerce), après une prépa pro au lycée René Cassin à Strasbourg

Et si cela ne marche pas ?

Si plus d’un tiers des élèves ayant tenté la prépa n’ont pas poursuivi les 3 années jusqu’au bout, l’expérience reste positive car elle permet d’envisager dans de bonnes conditions des poursuites d’études qui n’auraient pas forcément été accessibles, notamment en DUT ou en licence. Et, à la fin de leur 1re année, les étudiants qui ne seraient pas jugés aptes à poursuivre dans cette voie, peuvent se voir proposer par le conseil de classe une place dans un des BTS de l'établissement.

Imprimer

Haut de page

Vient de paraître

Pour
les professionnels

Accueil Toute l'actu nationale

monorientationenligne.fr