Lycéens décrocheurs : les établissements pour reprendre des études

Publication : 2 septembre 2020
On appelle un "décrocheur" un élève qui quitte ou risque de quitter prématurément le système scolaire sans avoir obtenu de diplôme (CAP, bac pro ou bac). Des établissements ont été créés pour les accueillir, les remotiver et les accompagner vers une reprise d'études et un projet professionnel durable. Zoom sur ces différentes structures.
Des dispositifs sont mis en place pour aider les jeunes en difficulté

Les écoles de la deuxième chance (E2C)

Pour qui ? Les écoles de la deuxième chance accueillent des jeunes, de 18 à 25 ans, sortis du système scolaire depuis plusieurs mois sans diplôme ni qualification.

Organisation : le parcours de formation dure de 4 mois à 2 ans. Les jeunes bénéficient d'un statut de stagiaire de la formation professionnelle et sont rémunérés au titre de la formation professionnelle.

Au programme : les E2C proposent une formation alternant stages en entreprises et séquences individualisées de remise à niveau (français, mathématiques, culture générale, bureautique, savoir-être). L'objectif est d'aider les jeunes à accéder à une formation qualifiante ou à intégrer le marché du travail.

Les micro lycées

Pour qui ? Les micro lycées accueillent des jeunes de 16 à 26 ans, sortis du système scolaire depuis au moins 6 mois ou parfois depuis plusieurs années.

Organisation : les effectifs par classe sont réduits. L'objectif est d'aider les élèves à (re)préparer en 1 ou 2 ans un bac général, technologique ou professionnel et de les accompagner dans un projet de formation.

Au programme : les cours dans toutes les disciplines prévues pour chaque bac reposent sur des horaires aménagés et adaptés aux besoins particuliers de chaque élève. 

Les lycées de la nouvelle chance

Pour qui ? Il existe 13 lycées de la nouvelle chance en France. Les critères d'admission varient. À Villeurbanne par exemple, les jeunes sont âgés de 18 à 25 ans. Ils ont quitté le système éducatif scolaire depuis au moins un an et sont à la recherche d'un emploi. À Cergy-Pontoise, les jeunes ont arrêté leur parcours scolaire depuis au moins 6 mois et souhaitent reprendre une scolarité. Le micro lycée les accueille entre 17 et 24 ans.

Organisation : elle varie d'un établissement à l'autre. À Villeurbanne, elle  repose sur la construction d'un projet professionnel en préparant un bac professionnel en 2 ans. La formation est organisée sur le mode de l'alternance à raison de 3 jours de cours au lycée et 2 jours en entreprise. À Cergy-Pontoise, le cap est plutôt mis sur l'obtention du bac général ou technologique (STMG). Les jeunes suivent tous les cours des disciplines concernées par les baccalauréat. Les deux lycées se rejoignent au niveau pédagogique : des effectifs réduits, des ateliers et un accompagnement individualisé pour chaque élève.

À savoir : Sans être forcément qualifiés d'"écoles de la deuxième chance", de "micro lycées" ou encore de "lycée de la nouvelle chance", d'autres structures et dispositifs s'inscrivent également dans un but de "raccrochage". Il en existe dans chaque académie, en lien avec la MLDS (mission de lutte contre le décrochage scolaire).

Les maisons familiales rurales (MFR)

Pour qui ? Les maisons familiales rurales accueillent des jeunes dès l’âge de 14 ans.

Organisation : la formation repose sur un système en alternance et en apprentissage, avec des semaines en entreprise et d'autres à l'école. Les lycéens et apprentis bénéficient d’un accompagnement individualisé. Ils sont en général internes et participent au fonctionnement de l'établissement.

Au programme : les jeunes construisent un projet professionnel pour obtenir un diplôme et s’insérer dans un emploi. Des poursuites d'études dans l'enseignement supérieur sont aussi possibles. Les MFR encouragent les jeunes à vivre des expériences en Europe et dans le monde via entre autres, le programme Erasmus + : voyages d'étude, stages à l'étranger, échanges, etc.

La prépa-apprentissage

Pour qui ? Le dispositif prépa-apprentissage s'adresse aux jeunes de 16 à 29 ans révolus, sans qualification avec un niveau scolaire inférieur ou égal au baccalauréat. 

Organisation : son objectif est de préparer les jeunes à un parcours de formation en apprentissage. La formation est gratuite et permet de définir un projet professionnel pour signer un contrat d'apprentissage avec un employeur.

Au programme : savoir-faire, savoir-être, découverte des métiers et immersion en entreprises. La durée de formation varie de 2 semaines à 5 mois en fonction des besoins et du projet professionnel du jeune. La formation est organisée au sein de centres de formation d'apprentis (CFA) et autres établissements dans les métiers de l’artisanat, l’industrie, le commerce, etc.

Les écoles de production

Pour qui ? 32 écoles de production forment des jeunes, de 15 à 18 ans, en rupture scolaire, sans qualification et en difficulté sociale.

Organisation : sous statut scolaire, les jeunes préparent un diplôme professionnel (CAP, BAC pro ou certification professionnelle) proposé dans six secteurs d’activité en tension : l'automobile, le bâtiment, l'industrie, les métiers du bois, les métiers paysagers, la restauration. Son objectif ? Permettre aux élèves de renouer avec un projet de formation pour favoriser leur insertion dans la vie active ou les accompagner vers une poursuite d’études.

Au programme : la formation concilie des enseignements théoriques (un tiers du temps) et pratiques (deux tiers du temps) dans un même lieu.  Elle repose sur une pédagogie du faire pour apprendre. Les élèves réalisent le suivi de commande d'entreprises ou de particuliers du territoire, encadrés par un maître-professionnel. Ils effectuent également un stage pour compléter leur expérience professionnelle.

Les EPIDE

Pour qui ? L'EPIDE (établissement pour l'insertion dans l'emploi) accueille des jeunes volontaires de 18 à 25 ans, qui n'ont ni qualification ni emploi et sont en situation de difficulté scolaire, pour une durée de 8 à 10 mois

Organisation : les jeunes signent un contrat de volontariat pour l’insertion et perçoivent une allocation (sous réserve de respecter le règlement). Ils sont accueillis en internat et participent aux tâches quotidiennes relatives à la vie en communauté.

Au programme : la formation s'articule autour de 3 modules : une mise à niveau des fondamentaux scolaires, une formation civique et comportementale et une formation professionnelle en concertation avec les entreprises locales pour favoriser une embauche dans les secteurs qui recrutent.

Le service militaire adapté en outre-mer (SMA)

Pour qui ? Le SMA accueille des jeunes ultramarins, c'est-à-dire résident dans l'un des territoires suivants : Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte, Nouvelle Calédonie, Polynésie française. Âgés de 18 à moins de 26 ans, ils ont connu des parcours scolaires ou une insertion professionnelle difficiles et sont faiblement ou pas diplômés.

Organisation : les jeunes ont le statut militaire de volontaire des armées. Ils intègrent un internat et perçoivent une allocation. La formation dure de 6 mois à un an en fonction du niveau du jeune et vise avant tout l'insertion professionnelle.

Au programme : le parcours s'articule autour de quatre domaines fondamentaux : une formation citoyenne, une formation aux premiers secours, une formation scolaire de remise à niveau et une formation professionnelle, de 800 heures minimum pour apprendre un métier. Au terme de la formation, est décerné le CAPI (certificat d'aptitude personnelle à l'insertion).

Le service militaire volontaire (SMV)

Pour qui ? Le SMV accueille des jeunes de 18 à 25 ans, peu ou pas diplômés. Il est une adaptation en France métropolitaine du SMA. 

Organisation : les jeunes ont le statut militaire de volontaire des armées. Ils intègrent un internat et perçoivent une allocation. Tout comme le SMA, le SMV a un objectif d'insertion professionnelle. Il dure de 6 mois à un an en fonction du niveau et des besoins du jeune.

Au programme : une formation militaire élémentaire, une remise à niveau scolaire, du sport, une formation aux premiers secours, la possibilité de passer son permis de conduire et une formation professionnelle. La formation professionnelle se fait en partenariat avec les entreprises et les collectivités locales et dans des secteurs garantissant de réelles perspectives d'emploi. Au terme de la formation, est décerné le CAPI (certificat d'aptitude personnelle à l'insertion).

Les lycées expérimentaux

Pour qui ? Ces lycées accueillent des jeunes de plus de 15 ans motivés et volontaires en recherche d'une scolarité différente. Ils peuvent aussi accueillir des jeunes qui ont quitté le système éducatif depuis longtemps, rencontrant des difficultés particulières ou venant de la filière professionnelle.

Organisation : quatre lycées expérimentaux (CLE Hérouville, CEPMO Oléron, lycées autogérés de Paris et Saint-Nazaire) proposent une formation qui répond aux exigences du baccalauréat général. Les méthodes d'enseignement et de gestion sont différentes d'un établissement classique : peu de hiérarchie et cogestion de l'établissement répartie entre les élèves et l'équipe éducative.

Au programme : le programme est décidé collectivement par les élèves et les équipes éducatives. Aux cours "classiques" se greffent des expérimentations, des ateliers, des activités culturelles. Le jeune doit être à la recherche d'une scolarité alternative, il est autonome dans son parcours mais aussi en responsabilité vis à vis de ses camarades de classe et de la gestion de l'établissement. Chaque établissement est porteur d'un projet de société.

Les lycées municipaux d'adultes de la Ville de Paris

Pour qui ? Ils s'adressent aux personnes de plus de 18 ans qui ont interrompu leur parcours scolaire, parfois depuis de nombreuses années, et qui souhaitent effectuer des remises à niveau en vue de passer un CAP, un bac général ou professionnel, un BTS, des concours administratifs ou encore s'améliorer sur un champ de compétences spécifiques (bureautique, informatique). Ils sont ouverts aux non-parisiens, toutefois les cours se déroulant dans les établissements scolaires de la Ville de Paris, il faut pouvoir s'y rendre.

Organisation : les cours obligatoires ont lieu le soir et le samedi matin. Les personnes s'y inscrivant s'engagent à les suivre de manière régulière et assidue. Toute absence doit être justifiée.

Au programme : les élèves suivent des cours de remise à niveau s'ils en ont besoin et les cours pour le diplôme qu'ils visent. Ils sont responsables de leur inscription aux épreuves sanctionnant l'obtention du diplôme (en candidat libre pour le baccalauréat par exemple) et doivent eux-mêmes vérifier les conditions d'accès aux diplômes. Tous les cours proposés sont disponibles sur le site de la ville de Paris.

Les dispositifs relais

Destinées aux collégiens en risque de déscolarisation, les classes et ateliers relais peuvent accueillir éventuellement des élèves de lycée. Ces structures permettent une prise en charge plus globale.

L’obligation de formation des 16-18 ans : une mesure en faveur des décrocheurs

L’instruction obligatoire des jeunes de 16 ans est prolongée par l’obligation de formation, jusqu’à 18 ans. Cette mesure entrée en vigueur en septembre concerne les jeunes ni en études, ni en emploi, ni en formation (NEET) ou sortis du système éducatif sans qualification. Elle permet de leur proposer des solutions pour poursuivre leurs études, renouer avec une formation ou bénéficier d’un dispositif d’accompagnement ou d’insertion professionnelle et sociale. Les missions locales coordonnent le repérage des jeunes en lien avec les plateformes de suivi et d’appui des décrocheurs (PSAD). Elles veillent aussi au respect de l’obligation et conseillent les jeunes, en collaboration avec d’autres organismes.

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