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Ma 1re année en Manaa (mise à niveau en arts appliqués)

Très sélective, la mise à niveau en arts appliqués (Manaa) est un passage obligé pour les bacheliers non titulaires d’un bac STD2A qui souhaitent entrer en BTS des arts appliqués (ou DMA). Admis à Estienne, l’école parisienne publique du livre et de l'image, Mathieu et Soline témoignent de leur expérience en Manaa.

Pourquoi être entré en Manaa?

À la fin de sa 2nde option arts plastiques, Mathieu décide d’entrer en 1re S. "J’ai hésité entre S et STD2A, mais j’ai préféré suivre une filière générale avant de me spécialiser. Je ne voulais pas me fermer des portes… ". Le jeune homme décroche son bac, puis décide de postuler en Manaa pour pouvoir intégrer un BTS du design. "J’apprécie les arts appliqués, car je fais quelque chose d’artistique, et d’utile. Ce côté pratique m’attire." Soline, elle, a suivi une année de prépa littéraire après son bac L. "Mes parents ne souhaitaient pas que je suive des études artistiques. Mais l’hypokhâgne ne me convenait pas. C’est un monde à part, où l’on prépare des concours spécifiques. Il n’y a pas de création, cela m’a manqué…" Soline décide de se réorienter et opte pour une Manaa. "J’aurais pu choisir une année préparatoire aux écoles d’art, mais je voulais rester dans une structure scolaire, cadrée. Je souhaitais également découvrir les arts appliqués, qui ont une dimension plus ‘’concrète’ que les arts plastiques, qui m’attiraient davantage au départ."

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

En Manaa, la place du dessin est importante (voir les vidéos dans la colonne de gauche). Les élèves découvrent différentes techniques, dont certaines assez complexes. "En cours d’études documentaires, on nous demande un dessin pointu, précis, qui doit être fidèle à la réalité. C’est parfois compliqué quand on ne maîtrise pas toutes les techniques…" Dans cette discipline, Soline s’étonne parfois elle-même ! "Je ne me pensais pas capable de certains dessins, s’amuse-t-elle. Même s’il est très exigeant, ce cours nous permet de nous dépasser." En expression plastique, les deux élèves apprennent aussi à choisir les bons outils et à justifier leur choix (voir les vidéos dans la colonne de gauche). "Au début, je dessinais beaucoup au feutre noir, mais j’ai découvert d’autres techniques, qui permettent chacune de dire des choses différentes", ajoute Mathieu.

À quel rythme de travail a-t-il fallu s’acclimater ?

Mathieu et Soline ont environ une heure de transport par jour pour venir à Estienne. Les cours commencent à 8h30 et se terminent à 18h30 (sauf le vendredi, où l’après-midi est libérée). Mais la journée n’est pas finie, car le travail demandé à la maison est conséquent ! Pour réussir, chacun a sa méthode. "Je préfère m’impliquer le week-end plusieurs heures d’affilée sur mes projets artistiques, précise Soline, et me reposer en semaine pour être en forme." Mathieu, lui, étudie le soir après les cours. "La charge de travail est conséquente, l’équivalent d’une prépa ! C’est parfois dur, mais on fait ce que l’on aime. Cela nous prépare aussi à notre futur métier, quand on aura plusieurs commandes à respecter dans un temps limité."

Ce qui change par rapport à la terminale ?

"L’exigence n’est pas la même !, s’exclame Mathieu. Cette classe demande une grande autonomie et un fort investissement. À nous de savoir combien de temps accorder à chacun des projets demandés par nos professeurs." "On pense sans cesse à la Manaa, même pendant dans notre temps libre !, ajoute Soline. Mais cela me motive d’être évaluée sur mes capacités et mes travaux artistiques, et non sur des connaissances comme au lycée ou en prépa." Même si la Manaa est très exigeante, elle a permis à Mathieu de prendre confiance en lui. "J’apprécie le fait d’être guidé dans la création, et de découvrir des disciplines que je n’aurais pas été voir spontanément, comme le design de mode." "En Manaa, on fait des choses concrètes, souligne Soline. En mode, on nous a par exemple demandé de faire un vêtement en papier (voir la vidéo sur le carnet de croquis en design de mode). Cela m’a beaucoup plu de concevoir en 3D, et de tenir ma réalisation entre les mains !"

Et après ?

Mathieu souhaite entrer en BTS design graphique. Pour espérer intégrer cette formation, il devra se constituer un book solide et obtenir de bons résultats pendant l’année. Pour l’admission en BTS, il sera en concurrence avec des bacheliers STD2A et des sortants de Manaa. Soline, elle, ne sait pas encore ce qu’elle fera après. "Certains BTS ou DMA m’attirent, comme le DMA illustration d’Estienne. J’envisage aussi de tenter des concours d’écoles des beaux-arts ou de grandes écoles comme les Arts-Déco." La jeune fille se laisse encore du temps pour faire les bons choix ! 

Manaa, fiche d’identité

Durée : 10 mois

Sélection : pour les lycées publics et privés sous contrat, la sélection se fait sur dossier (résultats scolaires et lettre de motivation, voire dossier artistique personnel), via une procédure commune d’accès à l’enseignement supérieur. Certains établissements organisent un entretien, notamment les ESAA, qui reçoivent chaque année de nombreuses candidatures. À Estienne, sur 2000 dossiers, 200 sont retenus puis convoqués à un entretien, pour 60 places. Voir la vidéo sur la sélection.

Profil des admis : la Manaa s’adresse aux bacheliers généraux, technologiques et professionnels non titulaires d’un bac STD2A (ou d’un bac pro spécialisé en art), qui souhaitent préparer un BTS des arts appliqués (ou DMA). Les bacheliers ayant suivi une année d’études supérieures peuvent postuler en Manaa. En 2014-2015 : parmi les admis en Manaa, 41 % bac L, 15% bac S, 13% bac ES, 7% bac techno (hors STD2A), 9% bac pro, 15% autres (vie active ou étudiants).

Cadre : la Manaa est proposée au sein de structures (lycées et écoles) publiques (une quarantaine d’établissements) ou privés sous contrat (une vingtaine).

Emploi du temps : une trentaine d’heures par semaine, auxquelles s’ajoutent des travaux personnels à la maison.

Matières : deux pôles dominent le cursus, en arts appliqués (11 heures) et arts plastiques (10 heures). L’enseignement d’art appliqué aborde les différents design (espace, objet, communication visuelle, mode etc.). En arts plastiques, des enseignements en dessin, volume, couleur, peinture, photo… sont prévus, ainsi qu’en arts, techniques et civilisations. Sans oublier les matières générales (6 heures) : sciences humaines et techniques d’expression, mathématiques et sciences appliquées, langue vivante. Tout au long de l’année, les élèves effectuent des travaux qu'ils pourront présenter en fin d'année dans leur book.

Charge de travail : importante. Beaucoup de travail à la maison, notamment pour les projets personnels.

Vie de classe : à Estienne, la Manaa accueille une soixantaine d’élèves, divisés en 2 groupes.

Encadrement : élevé ; proximité des professeurs avec leurs élèves, qui les conseillent et les guident dans la création.

Vie extra-scolaire : peu de temps pour les activités extrascolaires. Mais aller dans des musées, au cinéma, visiter des expos, lire des magazines… est vivement conseillé, afin de "sentir l’air du temps", indispensable pour travailler dans la création.

Validation : contrôle continu.

Diplôme : la Manaa ne mène pas à un diplôme de fin d’études, et ne confère pas de crédits ECTS. Les sortants de Manaa sont sélectionnés à l’entrée des BTS des arts appliqués, et sont en concurrence avec les bacheliers STD2A et les autres candidats sortants de mise à niveau. Autre possibilité : tenter des concours d’écoles des beaux-arts, de grandes écoles, d’écoles privées…

Coût de la scolarité : gratuit dans les lycées publics. Les élèves doivent néanmoins s’acquitter des frais de sécurité sociale (environ 200 €). Dans le privé, les coûts varient. Il faut compter jusqu’à 2 000 € dans les établissements privés reconnus, et davantage dans le privé hors contrat. Un budget fournitures est à prévoir (300 € environ).

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