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Publication : octobre 2017

Ma 1re année en prépa lettres

Lucie et Aurélien sont en 1re année de prépa littéraire au lycée Louis le Grand à Paris. Appelé " Lettres 1re année " (ou hypokhâgne), cette classe permet de suivre un enseignement pluridisciplinaire (français, histoire, langues, philosophie etc.), avant de s’orienter en 2de année vers une prépa lettres Lyon ou lettres Ulm. Pourquoi ont-ils fait le choix d’une prépa littéraire ? Comment ont-ils vécu cette année ? Quels ont été leurs atouts et leurs points faibles ? Réponses.

Pourquoi avoir choisi d’entrer en prépa littéraire ?

Lucie et Aurélien ont deux profils très différents. Aurélien a suivi une terminale L au lycée Buffon à Paris, tandis que Lucie a fait une terminale S spécialité mathématiques au lycée Louis-le-Grand à Paris. Tous deux ont pourtant choisi la prépa littéraire pour la même raison : la diversité des enseignements. "J’étais un peu perdue parmi les filières proposées à l'université, et je voulais suivre des études généralistes", explique Lucie. Même constat pour Aurélien, qui souhaitait " avoir un grand nombre de matières, avec un enseignement approfondi dans chacune d’entre elles." La diversité des débouchés offerts les a également séduits. "Avec la BEL (banque d’épreuve littéraire), les élèves de prépas littéraires peuvent intégrer de grandes écoles, et pas seulement les ENS*", explique Aurélien. Lucie vise, elle, les écoles de commerce. "Venant de S, je pouvais aller en prépa économique et commerciale option scientifique (ECS), mais il y avait trop de mathématiques. La BEL était une très bonne option pour moi !"

Quelles sont les difficultés rencontrées ?

Venant de S, Lucie redoutait cette année de prépa littéraire. "Même si j’appréciais les matières littéraires et que j’avais de bons résultats au lycée, j’avais peur d’avoir des lacunes. C’est sûr que j’en savais moins en début d’année que les bacheliers L, mais j’ai vite rattrapé mon retard !" La jeune femme avait également des appréhensions dans certaines matières qu’elle n’appréciait pas au lycée, comme la géographie. "Cette année, j’y trouve un réel intérêt, souligne-t-elle. Les cours sont de grande qualité." Aurélien, lui, a eu quelques soucis d’organisation. "Au lycée, tous les devoirs sont prévisibles et répartis dans le temps. En prépa, tout s’accélère, et le niveau d’exigence est plus élevé."

À quel rythme de travail a-t-il fallu s’acclimater ?

Le plus difficile pour Lucie ? "Penser sans cesse à la prépa. En période de révisions, je m’interdis de faire des sorties." Avec plus d’une trentaine d’heures de cours par semaine, et des devoirs surveillés le samedi matin (de 4 heures à 6 heures), et une colle par semaine environ, difficile de penser à autre chose ! La clé de la réussite ? L'organisation. Aurélien travaille le soir à la bibliothèque et également chez lui. "Au début de l’année, je me couchais à 2h du matin, mais ce n’était pas efficace. Désormais, je me limite à 2 à 3 heures de travail chaque soir." Autre aide précieuse en prépa : le travail en groupe. "L’entraide entre élèves est primordiale. Quand on a plusieurs ouvrages à lire, chacun fait une fiche. On se passe également des cours ou des copies." Pour autant, il est important de conserver des activités en dehors de la prépa. Lucie et Aurélien ont choisi le théâtre, et monte une pièce avec d'autres élèves du lycée (voir photos). Pour réussir en prépa, Aurélien conseille également de choisir un établissement près de son lieu d’habitation. "Au-delà de 45 minutes à 1 heure de trajet, ça peut devenir très compliqué."

Ce qui change par rapport à la terminale ?

"Il y a un temps d’adaptation entre le lycée et la prépa, reconnaît Aurélien. C’est assez difficile le premier mois, on se sent parfois noyé au début, mais les professeurs ont en conscience et nous aide." Autre changement important : les notes. "On commence parfois l’année avec des 1 ou des 2 sur 20, mais on progresse ensuite. Il faut l'accepter", poursuit Aurélien. "Le but, c’est de nous faire travailler, constate Lucie. Les professeurs veulent que l’on donne le meilleur." Autre nouveauté : les "colles" (interrogations orales après les cours dans chaque matière). "C’est vraiment stressant, assure Lucie. C’est le moment où l’on est face au professeur. On a 20 minutes d’exposé sur un sujet, et 10 minutes de questions. C’est un exercice qui me stresse un peu, se faire reprendre par le professeur n’est jamais agréable, mais ça fait avancer." En prépa, les programmes sont aussi très différents. " L’enseignement est beaucoup moins scolaire. On lit beaucoup plus, on se concentre sur l’analyse des textes. Au lycée, j’avais beaucoup de mal à appréhender la spécificité d’un texte. Maintenant, je comprends le réel intérêt de l’exercice", explique Lucie.

Et après ?

Aurélien et Lucie souhaitent poursuivre au lycée Louis-le-Grand, en khâgne Ulm spécialité lettres modernes (ou langues vivantes pour Aurélien). Ils attendent le conseil de classe de fin d’année pour savoir s’ils seront admis en 2nde année de prépa littéraire. Pendant l’été, pas question d’arrêter de travailler ! "Les professeurs nous indiquent des ouvrages à lire. Les programmes des concours des ENS étant sortis, on peut déjà commencer à travailler, explique Aurélien. Les langues sont également importantes, notamment le latin. Impossible de ne pas en faire pendant deux mois, car ça se perd très vite !"

Prépa Lettres, fiche d’identité

Durée : 1 an.

Profil des admis : bacheliers généraux, avec un dossier scolaire équilibré (moyenne générale de 12/20 au moins depuis la classe de 1re) et avec un bon niveau dans toutes les matières littéraires. 63% bac L, 19% bac ES, 15% bac S, 3% autres.

Cadre : dans près d’une centaine de lycées.

Sélection : sur dossier, via les procédures d'inscription dans l'enseignement supérieur.

Emploi du temps : de 28 à 32 heures de cours par semaine, auxquelles s’ajoutent les devoirs surveillés (DS) de 4 à 6 heures le samedi matin, les interrogations orales (les "colles"), les devoirs personnels à la maison… soit une soixantaine d’heures de travail par semaine.

Matières : l’objectif est d’acquérir une culture générale solide en lettres, langues et sciences humaines. Composée de 2 semestres, elle prévoit huit enseignements communs et une à deux options. Au programme : français (5 heures), histoire (5 heures), LV1 (4 heures), philosophie (4 heures), langues (latin ou grec, niveau débutant ou confirmé) et culture de l’Antiquité (3 heures), EPS (2 heures), géographie (2 heures), LV2 (2 heures). Enseignements optionnels : arts plastiques (6 heures), musique (6 heures), cinéma-audiovisuel-théâtre-histoire des arts (4 heures), géographie (2 heures), langue ancienne (grec ou latin, 2 heures), LV2 (2 heures).

Charge de travail : très importante. Beaucoup de travail à la maison, en semaine et pendant le week-end.

Vie de classe : entre une trentaine et une quarantaine d’élèves par classe, voir plus selon les lycées.

Encadrement : élevé ; proximité des professeurs avec leurs élèves.

Vie extrascolaire : les activités extrascolaires sont possibles, à condition de bien s’organiser.

Validation : contrôle continu.

Diplôme : la prépa lettres 1re année ouvre sur deux prépas en 2e année : lettres Lyon ou lettres Ulm. À noter : 34% des élèves d'hypokhâgne ne poursuivent pas en khâgne. Les années de prépa ne débouchent pas sur un diplôme, mais permettent d’obtenir des crédits ECTS.

Coût de la scolarité : les frais de scolarité en prépa correspondent aux droits d’inscription dans l’université partenaire de la prépa (184 euros en licence ; exonération pour les boursiers). Les frais de scolarité sont plus élevés dans les lycées privés.

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