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Fiche secteur

Agriculture : une mutation naturelle

Publication : juin 2012

L’agriculture française continue son adaptation en phase avec les évolutions de la société : le secteur se féminise, investit dans les technologies informatiques, diversifie ses modes de commercialisation et ses débouchés, revoit ses pratiques pour préserver l’environnement, développe des labels de qualité… Elle recrute des professionnels de plus en plus qualifiés pour la production et la commercialisation. Des candidats sont également attendus pour la reprise d’exploitations.

Labourage et pâturage

L’agriculture, aujourd’hui modernisée tout en employant beaucoup moins de personnes, reste un secteur clé de notre économie. La France est même le 1er producteur européen. Avec un sol agricole qui couvre la moitié de son territoire, l’Hexagone reste un pays rural.

Plus de 1 million de femmes et d’hommes participent à l’activité agricole dans plus de 500 000 exploitations.

Spécificité du secteur, il regroupe majoritairement des chefs d’exploitation qui emploient des membres de leur famille et de très nombreux saisonniers. Cependant, le secteur se féminise et, désormais, 3 agriculteurs sur 10 sont des femmes (source : recensement agricole 2010).

Un secteur diversifié…

Horticulture, élevage d’animaux à cornes, de chevaux, élevage de poissons ou de fruits de mer, entretien de la forêt, culture de céréales, de légumes, production de lait et d’alcool… La production française est un inventaire à la Prévert. Alors qu’elle en représentait les 2/3 dans les années 80, la production constitue désormais la moitié du PIB (produit intérieur brut) de l’agriculture, l’autre étant complétée par l’industrie agroalimentaire.

… qui recrute

Malgré des contraintes réglementaires de plus en plus complexes (traçabilité, qualité, calibrage) qui nécessitent d’investir et de s’endetter, l’agriculture recrute, des salariés surtout.

En 2012, l’agriculture est le secteur qui embauche le plus (enquête Pôle emploi). 20 % des exploitations déclarent rechercher 87 054 viticulteurs, arboriculteurs, cueilleurs et 61 680 agriculteurs salariés et ouvriers agricoles. Or beaucoup d’offres ne trouvent pas preneur : des postes de chef d’élevage ou de cultures, ou encore de technicien en matériel agricole.

Des perspectives s’ouvrent également dans la gestion des exploitations avec le départ à la retraite de nombreux agriculteurs. Chaque année, plus de 6000 jeunes sautent le pas, malgré les difficultés importantes liées à l’installation.

La pêche et l’aquaculture sont des secteurs en difficulté. La conchyliculture emploie 17 200 personnes ; la pisciculture marine et la salmoniculture, 2800 personnes.

Des métiers en pleine mutation

A 85 % des ouvriers, les métiers de la production regroupent la plus grosse partie de la population agricole. Un travail en extérieur soumis aux aléas climatiques, au contact des animaux pour les éleveurs, où l’on ne compte pas ses heures… A l’instar des productions, les métiers sont très divers : horticulteurs, céréaliers, techniciens forestiers, viticulteurs, aquaculteurs… Au sein de ces exploitations, les chefs de cultures et d’élevage sont particulièrement recherchés. Les filières bois et de l’industrie agroalimentaire (alcool, tabac, lait, viande, etc.) proposent une large palette de métiers, de la production à la distribution.

Pour les aider à faire face à des contraintes législatives et qualitatives (labels AOC – appellation d’origine contrôlée, bio, etc.) de plus en plus complexes, les agriculteurs peuvent s’appuyer sur des organismes de conseil.

La recherche agronomique (comme l’Inra – Institut national de la recherche agronomique, ou l’Ifremer – Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), les agrofournisseurs (semences et engrais, comme Monsanto) et les coopératives agricoles (comme Savéol pour les tomates) ont contribué à créer une diversité de métiers : conseiller agricole, inséminateur, technicien d’expérimentation, mécanicien et technico-commercial en matériel agricole.

Afin de préserver leurs marges, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à vendre directement leurs produits. Les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), par exemple, se multiplient sur tout le territoire.

A noter qu’un tiers des agriculteurs ont une activité non agricole, tournée vers le tourisme et les loisirs (comme l’hébergement en gîte rural ou le développement de fermes éducatives).

Témoignages de professionnels

Des formations de terrain

La France est l’un des pays où les agriculteurs sont les plus formés, et l’obligation de détenir une "capacité professionnelle agricole" pour exercer devrait encore accentuer cette tendance.

L’enseignement agricole est le 2e dispositif éducatif après l’Education nationale qui propose un ensemble de qualifications et diplômes de la 4ème au doctorat. Un maillage au sein même des territoires agricoles.

Si la plupart des diplômes sont des CAP (certificats d’aptitude professionnelle), des CAPA (certificats d’aptitude professionnelle agricole), des BPA (brevets professionnels agricoles) et des bacs pro, l’agriculture propose des emplois de plus en plus qualifiés.

Les bac + 2 et + 3 tendent à devenir majoritaires : 57 % des emplois s’adressent à des titulaires d’un BTSA (brevet de technicien supérieur agricole, 15 spécialités) ou d’une licence pro. Une dizaine de spécialités sont proposées dans les différents domaines (horticulture, conduite d’exploitation…).

Les diplômés des écoles d’agronomie (bac + 5) visent plutôt les postes d’ingénieurs de conception ou encore de managers dans de grandes exploitations.Toutefois, ils sont nombreux à se diriger vers d’autres secteurs plus valorisés, en particulier l’agroalimentaire.

Enfin, il faut compter 7 ans d’études pour devenir vétérinaire en passant pas l’une des 4 écoles françaises.

Témoignages d'étudiants en agriculture

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