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Élodie, hydrogéologue au service de l'énergie

publication : 15 mars 2013
Capter la chaleur stockée dans le sous-sol (notamment dans les eaux souterraines) afin de produire de l'énergie, tel est l'objectif de la géothermie. Plus les réservoirs sont profonds, plus l'espérance de puissance thermique est élevée... mais plus cette dernière est difficile à évaluer. Spécialisée dans la géothermie profonde, Élodie contribue à lever ces incertitudes. Interview.

Elodie a un double profil, à la fois géologue et physicienne

"J'ai aussi une fonction d'appui technique, dans le cadre de gros projets industriels"

Quelle est votre mission ?

"En tant qu'hydrogéologue au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), je participe à des projets de recherche et développement d'envergure et innovants. J'ai aussi une fonction d'appui technique, dans le cadre de gros projets industriels de géothermie profonde menés en partenariat avec des sociétés comme Dalkia, GDF Suez. J'ai notamment été associée au programme Bouillante (Guadeloupe), première centrale géothermique française productrice d'électricité.

Ma principale fonction consiste à analyser des données hydrogéologiques et à élaborer des modèles numériques. Il s'agit de définir comment les écoulements s'effectuent au sein des réservoirs géothermiques en vue d'évaluer le potentiel du champ. Je travaille beaucoup sur ordinateur, mais je me déplace sur les sites afin de faire des observations et de suivre les forages. Différentes compétences sont mobilisées autour d'un projet : des géologues, des géophysiciens, des hydrogéologues, des géochimistes, des ingénieurs thermiciens, ainsi que des chauffagistes et des hydrauliciens pour la construction des ouvrages de surface."

Comment vivez-vous cette fonction ?

"Associer l'approche concrète du géologue et la démarche scientifique du physicien me plaît beaucoup. J'aime étudier des phénomènes physiques, encore plus lorsqu'ils se produisent en milieu naturel. Mon cursus de formation - un master 1 en mécanique, physique et modélisation suivi d'un master 2 en hydrogéologie à l'ENS Géologie de Nancy - m'a bien préparée à porter cette double casquette.

Chaque projet est différent et l'aspect "découverte" est toujours important. En géothermie, on n'est jamais sûr à 100 % de ce que l'on va trouver."

Et les évolutions de carrière ?

"Un hydrogéologue peut se spécialiser dans un type de milieu : sédimentaire, karstique, volcanique... De plus, il est possible de changer de thématique. Ma formation me permet notamment de me tourner vers la gestion des ressources en eau potable.

C'est généralement après 5 à 10 ans d'exercice sur le terrain et d'expérience que l'on peut se demander si l'on souhaite approfondir son expertise technique ou évoluer vers des responsabilités comme chef de projet. Cette dernière fonction nécessite de posséder une vision globale des opérations afin d'assurer le montage financier, et de suivre les dossiers administratifs et commerciaux. En géothermie très basse énergie (pour des particuliers), il s'agit de petits projets qui exigent peu d'expérience, sauf à travailler en recherche et développement avec parfois des rencontres entre chercheurs internationaux. En géothermie profonde, il faut avoir au moins 10 ans d'exercice, même pour un projet standard."

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