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Rencontre avec un traducteur littéraire

Publication : 14 mars 2013
Best-sellers étrangers ou auteurs français, les maisons d’éditions consacrent une part importante de leur activité à la traduction littéraire. Rencontre avec Eric Boury, traducteur de romans islandais. 

Eric Bouty, traducteur littéraire

Ce n’est pas la vocation, mais bel et bien les hasards de la vie qui ont conduit Eric Boury à devenir traducteur littéraire… Ses études supérieures en langues étrangères (anglais, suédois, norvégien et islandais), il les a choisies par goût. Et c’est tout naturellement qu’il est parti vivre 3 ans en Islande.

D’une langue à l’autre

"A mon retour, explique Eric Boury, j’ai commencé à enseigner, et j’ai repris mes études en parallèle. C’est l’un de mes enseignants de master, Régis Boyer, lui-même traducteur, qui m’a incité à traduire en me mettant en contact avec un éditeur." Depuis, Eric ne s’est jamais arrêté et compte une petite trentaine de traductions de l’islandais vers le français à son actif. "Il faut entre trois et quatre mois maximum pour traduire un livre, à raison de 10 à 15 pages par jour. Ce sont des périodes durant lesquelles je suis certes seul devant mon ordinateur face au texte, mais emporté ailleurs et entouré de tous les personnages…".

S’imprégner de la culture du pays

Aimer lire, aimer la langue et être sensible à sa texture sont pour ce professionnel des conditions essentielles à l’exercice de ce métier. Mais selon lui, avoir appris une langue ne suffit pas. "Pour faire une bonne traduction, il faut bien connaître la société dans laquelle la langue que l’on traduit est utilisée, car c’est toute une culture… Il existe par exemple quinze mots en islandais pour parler de la neige, là où il n’y en a qu’un en français. S’être immergé dans le pays est indispensable pour maîtriser la langue, sinon on risque de traduire des choses dont on ne comprend pas toutes les implications."

De l’enseignement à la traduction

En devenant traducteur littéraire, Eric n’a pas interrompu pour autant sa carrière d’enseignant, qu’il exerce à mi-temps. "A mes débuts, les traductions seules n’auraient pas suffi à me faire vivre, remarque ce dernier. Aujourd’hui, je pourrais me permettre d’arrêter d’enseigner pour me consacrer à la traduction, mais j’aime cela. Il y a quelque chose de beau dans la transmission…"

Eric jongle aisément entre les deux activités. "Pour moi, la seule réalité est dans les histoires, la vie intérieure…". Une réalité parallèle tellement intense qu’il a parfois du mal à la quitter pour en donner l’accès aux lecteurs. "Lorsque je finis une traduction, il arrive que je n’aie pas envie de l’envoyer à l’éditeur. C’est vraiment une histoire d’amour…".

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