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Chef de service des urgences de Briançon, mais surtout "médecin à 100 %" sur le terrain, Bernard Lanaspre explique les spécificités du travail d’urgentiste dans un hôpital de montagne. Interview.
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Bernard Lanaspre, chef de service des urgences de Briançon
Quelles sont les particularités des urgences en montagne ?
"Briançon est un petit hôpital, très isolé. L’hôpital le plus proche est à 100 km. L’établissement est surdoté et moins rentable qu’un autre, en plaine. Comme c’est une petite structure, les urgences regroupent le service d’accueil et le Samu. Dans la plupart des hôpitaux, l’urgentiste Samu est hyper spécialisé, car c’est une médecine très ponctuelle – 1 heure au plus. Alors qu’un médecin qui travaille au service des urgences traite un patient pendant plusieurs heures. A Briançon, le même médecin exerce les deux médecines, complémentaires. Ce qui est atypique."
Et en termes de soins ?
"On traite beaucoup de traumatologies. On intervient sur les pistes pour des malaises, des accidents… C’est une zone peu peuplée, avec une activité saisonnière. Les urgences ici sont telles qu’on les imagine. Nous ne sommes pas trop concernés par les "pathologies du samedi soir" des grandes villes (problèmes psychiatriques, disputes conjugales, ivresse…). On n’est pas non plus dans l’accueil de sans-abris que certains services, de fait, assurent. On est relativement "protégés" de ces dérives."
L’équipe est-elle différente ?
"Les gens qui travaillent ici ne sont pas là par hasard. Ce sont ces particularités qui les attirent, et les font rester. Le poste d’interne est très demandé : ils ont envie d’intégrer notre unité, car on fait beaucoup de traumatologie. C’est ce type de médecine urgentiste qui fait "fantasmer". Notre hôpital a les mêmes contraintes que les autres mais une richesse supplémentaire : la montagne."
Percevez-vous une évolution ?
"Malgré l’isolement, on observe aussi ici la tendance générale : à côté d’une médecine de l’aigu, les urgences font de la médecine généraliste. Les patients viennent dans des cas qui leur semblent urgents mais qui ne le sont pas. On voit de tout. Certains parcourent 40 km pour une fièvre ! La raison ? Il y a moins de gardes effectuées par les médecins libéraux. L’autre cause, c’est que l’hôpital est considéré comme moins cher. Il y a un côté "consommation". Les gens veulent tout de suite une réponse. Mais cela "encombre" les urgences. C’est usant pour le médecin qui doit rester vigilant et être prêt à détecter et à soigner les cas graves."
Les métiers du médical, collection "Parcours"Retrouver un reportage sur le service des urgences de Montreuil, mais aussi de nombreuses fiches métiers, des témoignages, tout sur les études et les perspectives d’emploi. Parution : septembre 2011 |
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