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En mode sport

Par le Musée National du Sport

Publication : 16 septembre 2019
Sport et mode, deux univers, une rencontre

La rencontre du sport et de la mode est fortement liée à l’invention du sport moderne initié par les Britanniques. Progressivement, « le style sport » sort du vestiaire pour pénétrer dans la garde-robe de l’élégance masculine et féminine.

Cliquez sur les panneaux pour découvrir la véritable histoire d'amour

entre la mode et le sport

 

SPORTS d'ELEGANCE 1880 - 1940

Au cours du 20e siècle, la couture adopte, sous des formes diverses, un certain esprit sport et intègre ces habits dans l’univers citadin. Les Années folles sont celles des stades, de la boxe, du golf, du tennis…

Dès les années 1910, Coco Chanel porte des vêtements en tricot proches de ceux utilisés dans les milieux sportifs. Elle lance les pyjamas de plage dans les années 1930 alors que René Lacoste fait de ses tenues de sport des objets d’élégance et d’exploits sportifs. À la même époque, Elsa Schiaparelli débute dans la couture en imaginant sweaters et vêtements de sport. Jean Patou s’attache à créer une véritable ligne de vêtements pour la compétition. Il habille Suzanne Lenglen à la ville et sur les courts.

Le chic balnéaire

La Côte-d’Azur commence sa mutation de station hivernale en station estivale. Pour exemple, Juan-les-Pins est rebaptisé "pyjamapolis" du fait des costumes de bain qui envahissent les plages ! Parallèlement, les premières stations de ski élégantes attirent la bourgeoisie. Le sport joue un rôle majeur dans la société. Il n’est plus réservé aux élites et les compétitions nationales et internationales se multiplient.

Les notions de voyage et de sport se mélangent. Le nautisme et l’aviation guident un certain nombre de tendances et le sport-spectacle commence à célébrer ses champions.

Les plus grands maîtres n’échappent pas à cette tendance ! Pablo Picasso est inspiré par les baigneuses de Dinard. Lanvin, Patou, Chanel modernisent les tenues de bain. La société se dévoile toujours élégante et prête à profiter pleinement de la douceur de vivre sur les rivages français.

 

Mannequin en maillot de bain Jean Patou
Les baigneuses de Pablo Picasso – 1918
Pyjama de plage Lanvin, 1930-1939

JEANNE LANVIN

Dans les années 1920, Jeanne Lanvin (1867-1946) imagine une garde-robe pour chaque moment de la vie des femmes.

Cette ligne sport figure à ses yeux le confort et le progrès de la technique moderne. Tenues à la fois simples et fantaisistes, les matières utilisées sont plus souples, parfaites pour le sport, pratique de plus en plus populaire. On y retrouve des costumes de bain, des vêtements de ski, de golf ou de tennis. L’aisance devient synonyme d’élégance.

C’est aussi une occasion de présenter des ensembles veste-pantalon pour les femmes, à l’allure garçonne. Rien n’échappe au génie de Jeanne Lanvin.

 

Modèle d'hiver

En 1910, seuls quelques privilégiés se rendent l’hiver à la montagne. À Saint-Moritz, Chamonix ou Megève, on pratique les sports en costume de ville accompagné de lainage ou en tenue de bicyclette, d’équitation ou de chasse. La démocratisation des sports d’hiver amène la décontraction et la couleur. Les grandes maisons diversifient leurs collections et proposent rapidement des vêtements de ski pour toute la famille.

Femmes souriantes sur les pistes de ski, 1924 ©Hulton-Deutsch Collection/Corbis / Musée National du Sport
À la fête de la glace, piscine Molitor, organisée au bénéfice de l’Union des Artistes : un modèle gracieux de costume de sports d’hiver, 1930

L'ère du changement

Le style Sportswear proposé par Jean Patou dès les années 1925 va dominer la mode pendant des années.

Le couturier français ouvre « Le coin des sports » en 1925 qui accélère l’engouement du public pour les vêtements de sport. Les parisiennes sont au cœur de sa cible. 

Elles répondront plus que favorablement à ce principe grâce aux nouvelles matières, à la modernité de la proposition de célèbre couturier. 

Les jupes sont plissées, frôlant les genoux associées à un haut de la même matière tombant sur les hanches. Ce nouveau tailleur sport, d’un chic indéniable s’adapte finalement à toutes les disciplines sportives. 

En 1933, Jean Patou présentera une collection pour les sports d’hiver adaptée aux skieuses professionnelles.

Deauville 1928. Jean Patou - 1928 DR/Archives Jean Patou

 

SUZANNE LENGLEN

La tenue de Suzanne Lenglen (1889 – 1938)

Surnommée « La divine », elle est la toute première star du tennis féminin. Multiple médaillée sur toutes les grandes compétitions : JO, Grand Chelem, elle fut l’égérie de Jean Patou qui créa pour elle la mythique jupe blanche plissée, exposée au Musée National du Sport.

Lors de sa première victoire à Wimbledon en 1919, sa tenue signée Jean Patou surprend autant que la puissance de son jeu. Elle a 20 ans, ne porte ni corset, ni jupon, mais une robe de soie plissée aussi courte de manche que d’ourlet, qui laisse au public, lorsqu’elle se jette sur la balle, tout loisir d’observer ses bas blancs ! Elle fut l’une des meilleures ambassadrices de la marque avec les autres grandes joueuses Helen Wills et Ruth Elder. Ces championnes portent le phénomène du « sportswear » symbolisé par l’association du chic et du décontracté qui va bientôt séduire toute la haute société.

UN OBJET TECHNIQUE ET COMMERCIAL 1950-2015

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs entreprises rivalisent pour gagner le leadership des équipementiers et suivre les avancées de l’innovation textile (Le Coq Sportif, Adidas, Nike…). L’invention des matières synthétiques procure plus d’aisance et de confort aux tenues. Le vêtement sportif poursuit sa transformation dans l’innovation. Le sport, la science et surtout la chimie font équipe pour la fabrication d’accessoires qui contribuent à être plus performants.

Une course se gagne aujourd’hui au 1/100e de seconde. Il faut donc étudier tous les éléments qui favorisent la meilleure pénétration dans l’eau ou dans l’air de l’athlète. Les combinaisons portées par les skieurs, les cyclistes ou les nageurs sont le résultat de recherches élaborées basées sur des méthodes scientifiques spécifiques qui prennent en compte autant l’adaptation de la matière ou du support que l’étude de la forme.

Place à la performance

La quête de performance devient une motivation pour les athlètes et le vêtement s’en trouve modifié. L’évolution des matières pour chaque discipline sportive mobilise les savoir-faire des équipementiers qui rivalisent de communication et de marketing pour s’imposer non seulement auprès des sportifs professionnels mais également auprès du public le plus large possible.

Patrice Martin réalisant une figure corde au pied, 
années 1970 / Musée National du Sport
Présentation de la tenue de Maria Sharapova pour Roland Garros, 2014 
© Nike / Musée National du Sport

Dans tous les sports, les textiles utilisent pleinement la technologie qui, de fait, s’impose aux tenues et aux objets : natation, football, ski, tennis. Les marques s’affichent et célèbrent leurs sportifs et leurs performances. Le marché se mondialise.

Ensemble d’athlétisme Le Coq Sportif porté par Colette Besson aux Jeux Olympiques de Mexico, 1968
Maillot de l’Equipe de France de Football dit
« La Marinière », 2014 © Nike
Combinaison de skeleton Rossignol portée par Philippe Cavoret, années 2000

On estime que le taux de croissance du marché des équipements de sport est le double de celui de l’économie mondiale.

Zoom sur le tennis

Surnommé « Le basque bondissant », Jean Borotra est l’un des 4 Mousquetaires, membre de l’équipe de France de tennis dans les années 1920 et 1930. Son plus grand rival fut le joueur américain Bill Tinden (1893 – 1953), considéré jusqu’aux années 1950, comme le plus grand joueur de tous les temps et ami des grandes stars hollywoodiennes comme Charlie Chaplin. Le Musée National du Sport expose l’une des raquettes de ce joueur exceptionnel.

Portrait devant le filet de Borotra, Perry, Bernard et Hughes à Roland-Garros, années 1920-1930 / Musée National du Sport
Béret de Jean Borotra / Musée National du Sport

RENE LACOSTE

« La presse américaine m’a surnommé « Le crocodile », à la suite d’un pari que j’avais fait avec le capitaine de l’Équipe de France de Coupe Davis.

Il m’avait promis une valise en crocodile si je remportais un match important pour notre équipe.

Le public américain a retenu ce surnom qui soulignait la ténacité dont je faisais preuve sur les courts de tennis, en ne lâchant jamais ma proie !

Mon ami Robert George me dessina alors un crocodile qui fut brodé sur le blazer que je portais sur les courts. » 

René Lacoste (1904 – 1996)

René Lacoste avec son célèbre blazer en 1990 
© Fouli Elia/Elle/Scoop/Lacoste

Équipementiers et créateurs

Depuis les années 2000, les équipementiers recherchent des collaborations régulières avec les créateurs. Une alchimie gagnant-gagnant : les créateurs et couturiers s’offrent une dynamique sportive et profitent de la force de frappe marketing des grands groupes de sport tandis que ces derniers y gagnent une aura d’exclusivité et de luxe.

Des exemples

Adidas travaille avec Stella McCartney depuis plus de 10 ans et a lancé en janvier 2015, une nouvelle collection Stella Sport. Récemment PUMA a multiplié ses associations avec des créateurs tels qu’Alexander MacQueen ou Hussein Chalayan. Nike a collaboré avec le designer de Givenchy Riccardo Tisci. On a également vu Jean-Charles de Castelbajac avec Kappa, Le Coq Sportif, Rossignol ou Raf Simons de Dior signer une gamme pour Fred Perry, Asics, Adidas ou encore Eastpak.

 

 
Chaussures de football Adidas Adizero F50 par Yohji Yamamoto pour le Real Madrid, 2014 © Adidas/ Yohji Yamamoto / Musée National du Sport
Nike x Sacai © Nike / Musée National du Sport

 

LA MODE URBAINE depuis 1980

Médiatisée lors de grands événements, la pratique sportive est en régulière augmentation en France.

L'influence américaine

L’impact de la culture américaine transparaît à travers plusieurs aspects du quotidien. La mode urbaine constitue l’un des lieux les plus représentatifs du poids conscient et inconscient de mœurs vestimentaires venues des États-Unis.

Nike Tech Pack women Parks © Nike / Musée National du Sport

 

Les années 1960-1970 fondent les bases d’un nouvel esprit sportif et vestimentaire. L’essor des sports alternatifs tels que le surf, le skateboard ou le snowboard prisés dans les villes de mer ou proches des montagnes (San Francisco, Los Angeles) modifie profondément les habitudes vestimentaires.

 

Dans les années 1980-1990, les courants musicaux des métropoles urbaines introduisent de nouveaux codes d’appartenance. La culture hip-hop (rap, smurf, break, tags…) sert de point de ralliement à la vague d’un objet emblématique d’affirmation sociale : les baskets. Le vêtement sport, américanisé en sportswear, est prisé à la fois par les catégories aisées et les couches les plus modestes. Il devient en quelques décennies l’expression la plus parlante de l’esprit sport.

GIORGIO ARMANI 

« Le sportswear apparaît comme une évolution naturelle pour le luxe. Il doit exprimer une recherche élégante du confort. J’ai été l’un des premiers à le faire entrer dans mes collections. C’est probablement l’avenir de la mode ». 
Les Echos week-end

Les sports de glisse

Les sports de glisse commencent à être plus largement pratiqués dans les années 1970. Leur pratique engendre des sensations fortes quasiment antinomiques avec les disciplines plus classiques : la liberté et le fun !

Les techniques et la sécurité imposées par ces sports, et la communion quasiment immersive avec les éléments naturels, vont, de fait, créer de nouvelles tendances, de nouvelles attitudes et de nouveaux codes vestimentaires.

Ces sports auront également leurs héros ambassadeurs de ces styles : Robby Naisch, Kelly Slater, Tony Hawk… Et là aussi, les codes vestimentaires sont descendus dans la rue !

© Redbull / Musée National du Sport

LA HAUTE COUTURE depuis 1990

Sportifs et égéries

Les maisons de haute couture et les puissantes enseignes de vêtements trouvent dans les célébrités sportives une façon de faire fructifier leur produit et leur image. Des sportifs sont érigés en ambassadeurs de marque.

L’esprit sport s’installe sur le terrain du chic et redessine les contours de l’élégance. Accessoires, lignes de vêtements, produits de beauté, les marques et les athlètes ont bien compris le pouvoir de leur association tant en termes d’image que de marketing.

De Tiger Woods à Roger Federer en passant par Lewis Hamilton ou Usain Bolt, tous les sports bénéficient de ces alliances.

Les footballeurs ne sont pas en reste. En effet, le public retrouvera régulièrement Zinedine Zidane, David Beckham, Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi dans des campagnes de publicité pour de grandes marques de mode ou maisons de luxe.

Zoom sur Hermès

Chez Hermès, tout commence en 1837. Thierry Hermès fabrique des selles et des harnais de luxe. Ce métier était en plein développement.
À la fin de la 1re Guerre Mondiale, les transports se modernisent et la famille Hermès se dirige vers la fabrication de bagages et de malles adaptables sur les voitures de l’époque.

« Précurseur, Thierry mise immédiatement sur le luxe et les produits d’exception car Paris, déjà synonyme de qualité, de finesse et d’élégance, accueille une clientèle d’élite »
Ménéhould de Bazelaire, Directrice du patrimoine culturel chez Hermès. (Extrait Economie magazine – 2015).

 

Tenue d’équitation Hermès de l’équipe américaine des Jeux Olympiques de 2008 à Beijing (Chine), 2008
Prêt Conservatoire des créations Hermès / Musée National du Sport
Look Equitation Hermès, collection printemps 2011
Prêt Conservatoire des créations Hermès / Musée National du Sport

Chic et sport

Les années 2000 voient l’explosion des connexions entre l’univers du luxe, celui des tenues plus abordables, et du champ sportif. Désormais, le sport s’inscrit dans les inspirations artistiques et les ambitions commerciales des créateurs de tendances vestimentaires. La rencontre n’est plus un effet de mode mais témoigne de la prise en compte des valeurs sportives et de la nécessité de conquête d’un marché qui prospère. La création s’invite dans le monde du sport afin d’en extraire des images valorisantes qu’elle renvoie dans la société. La mode vestimentaire est alors marquée par la silhouette virile, le corps désirable ou la confusion des genres.

L'avenir de la haute couture

L’École de la Chambre syndicale de la couture parisienne et l’école de Milan Design et couture se sont associées à l'exposition "En mode sport" du Musée National du Sport.

Afin de poursuivre la démarche de  création entre ces deux disciplines représentées par le Sport et la Mode, le Musée National du Sport a proposé à l’École Syndicale de la Mode à Paris et l’École de Milan Design et couture, d’engager leurs élèves de fin de cycles dans un processus de création. L’idée était qu’ils s’inspirent des tenues de sports pour réaliser des vêtements de créateurs et les accessoires. 

«Fencing» par Aleksandra DRIBNOKHOD de l’Istuto Europeo di Design IED Mode Milano / Musée National du Sport

   

 

École de la Chambre syndicale de la couture parisienne / Musée National du Sport

 

La surprenante petite histoire des noms de marques sportives

Que nous les aimions ou les détestions, que nous n’y prêtions pas attention, de nombreuses marques sportives s’affichent partout, surtout lors de grands événements comme les Jeux Olympiques. Mais d’où viennent les noms des grandes marques ? Une activité à réaliser avec des jeunes.

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