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Des cours loin de l'école

Votre école chez vous : étudier autrement

publication : 23 avril 2014

La loi sur la refondation de l’école place l’inclusion au cœur des missions de l’école. Mais lorsque le handicap ou la maladie ne permettent pas la scolarisation en établissement, il est alors nécessaire d’envisager une autre solution. Grâce à VECV (Votre école chez vous), ce sont les professeurs qui se rendent chez les élèves pour assurer les cours, du primaire au lycée. Explications de Marie-Suzanne de la Bâtie, chef d’établissement du collège et du lycée de VECV.

Votre école chez vous : étudier autrement

Les élèves scolarisés par VECV ont tous types de handicaps, maladies chroniques, troubles psychologiques, du comportement, de l’attention, des apprentissages… et de plus en plus l’association accueille des enfants autistes. VECV est une association sous contrat simple avec le ministère de l’Éducation nationale. Les professeurs sont rémunérés par le rectorat. Elle couvre toute l’Ile de France et possède une antenne à Rouen. Les cours sont gratuits pour les familles.

Garder le contact

L’école prépare tous les élèves qui le peuvent aux examens : brevet, épreuves anticipées de première, bac général, technologique et professionnel (comptabilité-gestion). Dans la moitié des cas environ, les élèves (collège et lycée) sont reconnus par la MDPH et bénéficient d’un PPS. Ils sont partiellement scolarisés dans leur établissement d’intégration et à VECV. Les heures sont réparties de façon à alléger le dispositif. Pour les élèves ne bénéficiant pas d’un PPS, le même type de dispositif est mis en place, grâce à une convention entre l’établissement et VECV. Certains élèves, en raison de leur état de santé, sont scolarisés complètement à domicile. VECV travaille en lien avec l’établissement d’intégration et communique sur les notes, les appréciations des élèves, les conseils de classe…

Des horaires modulables

Enseigner à domicile nécessite une organisation spécifique. Marie-Suzanne de la Bâtie explique : "Très souvent un professeur va chez un élève et lui enseigne 2 matières. Par exemple, un professeur va enseigner maths et sciences, un professeur de lettres va enseigner français et histoire-géographie". La durée des cours est également variable "une fois par semaine, l’élève en fonction de son niveau de classe va recevoir un cours d’une heure et demie, deux heures ou deux heures et demie, cela dépend. Il n’y a guère que le professeur de philo qui se rende 2 fois par semaine chez son élève."

Une expérience pilote

L’association mène actuellement une expérience avec la fondation Orange qui met des tablettes à disposition de ses élèves. "Les tablettes constituent un support pédagogique productif pour les élèves. Chaque professeur initie des expériences." Les tablettes peuvent être utilisées par tous les élèves handicapés avec des restrictions cependant. "Chaque professeur va procéder à des évaluations avec chaque élève. Pour des élèves dyspraxiques de collège par exemple, il peut être intéressant d’utiliser l’Ipad pour des modules grammaire, d’orthographe ou de calcul ou pour l’histoire des arts, avec beaucoup de supports d’images. Mais il n’est pas toujours conseillé d’utiliser l’Ipad, par exemple pour des élèves épileptiques pour lesquels une utilisation prolongée est contre-indiquée."

Des cours en vidéoconférence

Françoise, professeur responsable du numérique à VECV

ʺDes classes virtuelles fonctionnent depuis plusieurs années. Elles s’adressent à des élèves de collège ou de lycée et permettent d’enseigner différentes matières grâce à la vidéoconférence. Chaque cours réunit en moyenne 3 à 4 élèves. Au début, cette technique était utilisée pour enseigner les sciences. L’avantage est de pouvoir montrer aux élèves les travaux pratiques nécessitant du matériel et impossibles à réaliser à domicile (procédé, expériences…).

Puis d’autres matières ont été enseignées de cette façon : les langues, le français ou encore l’histoire-géographie. Les élèves ne se sentent plus seuls, de plus en plus de professeurs adoptent cette formule. Mais elle présente également d’autres avantages. Un jour, ne pouvant me déplacer, j’ai proposé à 2 élèves autistes des cours par vidéoconférence. J’ai alors constaté que leur concentration était nettement meilleure que lorsque je suis devant eux. Si ces classes se développent, elles restent néanmoins un complément d’enseignement."

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