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Apprendre l’autonomie dans les transports

publication : 9 avril 2014
Pouvoir se déplacer seul, prendre les transports en commun : une liberté qui se conquiert progressivement et favorise l’inclusion sociale, scolaire et professionnelle. Cet apprentissage demande patience et persévérance, parfois sur de longues années, selon la nature de la déficience et sa sévérité. Démonstration dans deux situations de handicap apparemment très différentes.

Apprendre l’autonomie dans les transports

A la SIPFP (section d’initiation et de première formation professionnelle) de Suresnes. L’établissement accueille des jeunes déficients intellectuels avec troubles associés. Ils ont entre 14 et 20 ans. "Quand ils arrivent, l’objectif est qu’ils soient capables d’effectuer le transport entre leur domicile et l’établissement", précise Monique Recan, directrice.

Au SAAAS (Service d’aide à l’acquisition de l’autonomie et à la scolarisation) de l’association "Clin d’œil" à Dammarie-les-Lys, qui accompagne des jeunes avec une déficience visuelle, du transport en taxi pour les moins autonomes aux multiples trajets effectués seuls, tous les cas sont possibles.

Se repérer, sans voir ou sans savoir lire

A l’arrivée des jeunes au SAAAS, Guillaume Giraud, instructeur de locomotion, se rend dans l’établissement scolaire pour effectuer un repérage des lieux : salles de cours, cantine… et du trajet jusqu’au domicile.

Il prépare des documents (plan de l’établissement, des extérieurs…) en relief sur papier thermogonflable pour les non-voyants ou en gros caractères pour les malvoyants. Cela leur permet d’avoir une représentation globale des lieux. " 

Le jeune apprend à observer, en particulier par les sons. Il doit savoir d’où il vient, où il se trouve et où il va. Il doit aussi apprendre à demander de l’aide, à formuler une question et s’assurer qu’elle a bien été comprise en la posant au besoin une 2e fois." Parfois, il suffit de quelques aimants sur une plaque de métal pour comprendre la configuration d’un carrefour.

Les jeunes de la SIPFP de Suresnes apprennent le trajet progressivement avec l’aide d’un éducateur. Monique Recan explique : "L’éducateur les aide à identifier l’arrêt où ils doivent descendre. S’ils ne savent pas lire, il les accompagne pour prendre d’autres repères, comme une couleur, un magasin, cela facilite l’apprentissage."

Donner du temps au temps

"Certains jeunes du SAAAS peuvent circuler seuls dès l’âge de 7 ans, d’autres beaucoup plus tard", explique Guillaume Giraud.

A la SIPFP, jusqu’à 16 ans, le trajet se limite aux allers et retours entre le domicile et l’établissement. Puis le périmètre d’exploration augmente jusqu’aux lieux de stages, parfois relativement éloignés. Les jeunes sont tous équipés d'un téléphone portable et peuvent appeler, en cas de perturbation dans les transports par exemple. Certains se débrouillent vite tandis que d’autres ont toujours besoin d’apprentissage. "On apprend aux jeunes à s’insérer dans le tissu social," poursuit Monique Recan. "Ils apprennent à aller à la médiathèque, au petit Casino du coin pour chercher une bouteille d’eau, un verre de jus de fruit ou un journal. Au début, ils y vont en groupe, après ils n’y vont plus qu’à 2. On les amène doucement à prendre confiance en eux et à être plus autonomes."

Les nouvelles technologies : un tremplin vers la liberté

Pour les jeunes déficients intellectuels comme pour les jeunes non et malvoyants, l’outil numérique fait des miracles. L’essor des téléphones mobiles et le développement d’applications accessibles leur facilite l’accès à l’autonomie. Les Flashcodes, système basé sur celui des codes-barres, fonctionnent avec un smartphone. Installés dans les arrêts de bus ou de tramway, ils donnent des renseignements sur les horaires de passage ou l’état du trafic grâce à la synthèse vocale ou au logiciel d’agrandissement.

Infomobi en Ile de France est un site spécialisé tous handicaps. Il propose par exemple des plans à lisibilité améliorée (déficients visuels) ou un service de réponses aux questions (déficients intellectuels).

Vianavigo, site pour malvoyants, permet de calculer son itinéraire (métro, RER, bus, tram…), trouver les horaires ou avoir l’actualité du trafic.

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