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Grégory, créateur d'entreprise dans l'industrie alimentaire

Publication : 21 mars 2018
La société industrielle Entomo Farm produit de la farine à base d’insectes. Grégory, son fondateur, explique ce concept novateur et la manière dont il s’y est pris pour monter son entreprise.

Grégory, chef d'entreprise dans l'industrie alimentaire

Que fait votre entreprise Entomo Farm ?

Il s’agit d’un système d’élevage d’insectes qui permet de produire, puis de transformer en farines, huiles et engrais, de grandes quantités d’insectes avec une empreinte écologique très faible. En France et en Europe, nous nous adressons aux fabricants d’aliments pour animaux. Nous visons aussi les exploitations de volailles, qui sont naturellement insectivores. Parmi nos clients, nous avons également des producteurs de croquettes pour chiens et chats. Nous produisons et vendons une demi-tonne de farine d’insectes par mois.

Quelles ont été les étapes suivantes ?

Comme pour tout projet scientifique et technique, il y a eu ensuite une phase de tests. Quels insectes choisir ? Quelles matières privilégier pour les nourrir, en fonction de leurs performances de conversion, mais aussi de leur disponibilité sur l’ensemble de l’année ? Quels étaient les processus industrialisables ? Ces tests ont duré 3 ans pour aboutir à notre modèle actuel, qui est duplicable partout dans le monde. Pendant cette période, je me suis associé avec Clément Soulier, ingénieur diplômé du Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), qui a su donner une impulsion industrielle au projet. Aujourd’hui, nous sommes 16 à travailler pour Entomo Farm, avec des profils très divers : docteur en entomologie (science des insectes), nutritionniste, chimiste, spécialiste du contrôle qualité ou de l’environnement… Ce qui nous réunit, c’est cette aventure qui consiste à adapter sa spécialité à quelque chose de nouveau.

Quels projets pour la suite ?

Nous emménageons actuellement dans une nouvelle unité de production de 4 000 m2 à Libourne, ce qui va nous permettre de produire beaucoup plus. Nous allons aussi embaucher 20 nouvelles personnes. Et puis, la réglementation est en train de changer : au 1er juillet 2017, les protéines d’insectes ont été autorisées dans l’alimentation des poissons d’élevage. Et puis, nous souhaitons nous implanter par la suite en Afrique de l’Ouest, en Amérique du Sud, en Asie… dans les pays où les hommes mangent eux-mêmes des insectes ! Dans ces pays, l’idée est de donner aux populations les moyens d’élever des insectes pour les manger afin de contribuer à leur autonomie alimentaire, mais aussi à leur développement économique en créant des emplois grâce à ces fermes d’insectes. Ce n’est pas une action humanitaire, c’est de l’aide au développement économique, avec une ambition humanitaire en arrière-plan, bien évidemment. Mais on avance doucement : on ne révolutionne pas le monde en un jour !

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