Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Thomas, créateur d'entreprise dans l'industrie textile

Publication : 21 mars 2018
Fabriquer des chaussures et des jeans 100 % "made in France" et de la manière la plus écologique possible : c’est le défi relevé par Thomas qui, à 32 ans, a lancé la marque 1083. Explication en trois étapes.

Thomas, chef d'entreprise dans l'industrie textile

Pourquoi avoir privilégié le "made in France" ?

Dans ma région, les industries de la chaussure et du textile sont sinistrées depuis un quart de siècle. Je me suis demandé ce qui avait changé depuis l’époque de nos grands-parents, quand tout était fabriqué en France. Et j’ai rapidement trouvé la réponse : les intermédiaires. Avec 1083, j’ai décidé de les réduire au maximum. J’ai cherché des fabricants français pour diminuer les coûts de mes jeans et favoriser l’emploi local. Grâce au bouche-à-oreille, j'ai trouvé un atelier de confection à Marseille et un atelier de tissage à Charlieu, dans la Loire. J’ai dû convaincre ce dernier de se mettre à la toile de jean écologique, à partir de coton biologique importé de Turquie, tissé et teint selon des normes respectueuses de notre santé et de l’environnement.

Comment avez-vous commencé ?

Je me suis associé avec mon frère Grégoire, qui s’est chargé de réfléchir à la gestion des commandes et des stocks. Pour acheter les matières premières nécessaires à la fabrication des premiers jeans, nous avons fait appel au financement participatif, le "crowdfunding" via la plateforme Ulule. En mars 2013, j’ai créé notre page sur le site, espérant récolter 10 000 €. J’ai finalement obtenu… 110 000 €, soit 11 fois plus ! La confiance que tant de personnes nous ont accordée a été une chance formidable. C’était la preuve aussi qu’il y avait une vraie attente pour ce type de produit. Nous avons enregistré les statuts de notre SARL en mai 2013.

Cette levée de fonds a-t-elle été décisive ?

Absolument. Cela nous a permis de communiquer sur la marque et de lancer notre première production. Nous avons pu constituer une équipe, recruter un ingénieur textile, un styliste, un graphiste et verser les premiers salaires. Cela nous a aussi permis de créer 30 emplois en 3 ans. En 2014, j’ai ouvert une seconde boutique à Grenoble. Toujours grâce au financement participatif, j’ai aussi lancé une nouvelle marque de pulls, Le Tricolore, des pulls fabriqués à partir de laine recyclée (chutes). Les fils sont démaillés et refilés dans le Tarn, puis tricotés dans la Loire pour créer un pull 100 % "made in France", en économie circulaire ! En fait, depuis cette étape de collecte participative, nous n’avons cessé de nous développer. Nous avons réalisé 750 000 € de chiffre d’affaires en 2014, avec 10 000 jeans vendus, un million en 2015. En 2016, nous avons atteint 2 millions d’euros et ouvert deux nouvelles boutiques Modetic à Lyon et à Nantes. Nous écoulons en moyenne 1 000 jeans par mois. Ma PME emploie aujourd’hui une vingtaine de salariés. Nous vendons nos produits à 80 % sur notre site, mais aussi dans nos quatre magasins Modetic et grâce à des revendeurs indépendants.

À lire aussi

Haut de page

Vient de paraître