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Quels métiers dans ma région ?

Portraits de deux restauratrices d’art

Rhône-Alpes - Lyon / publication : 24 juin 2015
Réparer, conserver, redonner vie à des objets abîmés ou vieillis : deux jeunes restauratrices d’art nous font partager leur passion. Elles nous ouvrent les portes de leur atelier de restauration papier et céramique.

Atelier de restauration

Carole est restauratrice de papier et Marie-Victoire restauratrice de céramique. Elles ont ouvert ensemble un atelier de restauration à Lyon. Elles nous parlent de leur parcours.

Quelle est  votre formation ?

Marie-Victoire : après un Bac ES je me suis inscrite à l’école de Condé pour préparer le diplôme de Restaurateur conservateur de biens culturels. La formation dure cinq ans. J’ai suivi les 3 premières années à Paris puis la spécialisation céramique à Lyon pour les deux dernières années.

Carole : Bac L puis Ecole de Condé aussi, 5 années d’études à Paris pour l’option papier. Ensuite j’ai complété par un CAP Arts de la reliure préparé en un an, pour pouvoir pratiquer aussi cette spécialité.

Avec un bac général avez-vous dû faire une mise à niveau artistique ?

L’école Condé recrute essentiellement sur la motivation et le « goût » artistique. On peut présenter un cahier de dessins (ce n’est pas obligatoire) mais ce n’est pas la technique qui sera jugée, plutôt notre personnalité. Aucune mise à niveau artistique n’a été nécessaire.

La formation est très diversifiée à la fois théorique et pratique : techniques de dessin, histoire de l’art, sciences (physiques chimie) ; en 4e année les sciences représentent 7h par semaine.

Mais ces enseignements scientifiques (appliqués à la restauration d’art) restent très accessibles pour des littéraires.

 

 

Restauratrice d'art céramique

Restauratrice d'objets d'art

La formation comporte des stages ?

Il y a plusieurs semaines de stages, en particulier un stage de longue durée en dernière année. Mais il n’est pas facile de trouver des institutionnels pour nous accueillir car l’INP (Institut national du patrimoine)  fait concurrence.

  • Carole pour l’option papier : j’ai fait un stage à la Bibliothèque municipale de Lyon, au fonds ancien.
  • Marie-Victoire pour la Céramique : j’ai effectué un stage au Musée du Vatican, et au Puy du Fou en Vendée.

En quoi consiste votre travail ?

On doit redonner vie à des objets, abîmés, vieillis ou cassés. Peu importe leur valeur artistique ou historique. Beaucoup d’objets que nous restaurons ont surtout une valeur affective pour nos clients.

Nous n’avons pas suivi de formation à l’expertise. Parfois nous faisons appel à des experts professionnels pour évaluer la valeur d’un objet.

Pour le support papier,  la restauration s’applique à tous types de papier (en 2D ou 3D) : lithographies, estampes, livres, objets… Je pratique aussi la reliure.

La restauration céramique concerne la faïence, la porcelaine, la terre cuite…

Pour la céramique, comme pour le papier, la restauration pour des particuliers doit être invisible. Elle se différencie de la restauration effectuée pour un musée, qui elle, doit être visible. Dans tous les cas l’important est de respecter l’œuvre.

Quels sont vos clients ?

Des particuliers, des antiquaires, et aussi des entreprises de déménagement.

Nous avons repris un atelier qui existait depuis plus de 10 ans et qui avait donc déjà une clientèle dans le quartier.

Nous voulons garder absolument notre spécialité et notre professionnalisme. On nous demande parfois d’autres activités (restaurer d’autres types d’objets, faire des cadres…) mais nous risquons de perdre notre crédibilité en nous diversifiant.

Quelles sont les qualités requises ?

Carole : patience, humilité, goût du travail manuel, minutie. Il faut surtout aimer travailler de ses mains plus qu’une réelle habileté.

Marie-Victoire : je dirais qu’il faut avoir l’œil, le sens de l’observation pour rendre son état d’origine à l’objet livre ou céramique. Il faut s’effacer derrière l’objet confié.

Restauratrice d'objets d'art

Restauratrice d'art : céramique

Et des qualités commerciales ?

La compétence « relations clients » s’acquiert sur le tas avec l’expérience. Il faut tout de même avoir le sens du contact et aimer sa clientèle.

Comptabilité, gestion, droit faisaient partie des cours de l’école.  On complète par l’expérience concrète (avec l’aide de la Chambre des métiers).

Comment vivez-vous votre métier ?

Pour nous, c’est vraiment un métier qui fait rêver. Tout est possible. On peut côtoyer des chefs d’œuvre comme  des objets insolites, chargés d’émotion. On peut faire de belles rencontres.

Notre activité nous passionne et nous souhaitons vraiment partager cette passion. Nous ouvrons notre atelier par l’intermédiaire du site « meetmyjob.fr ». Nous prenons également des stagiaires. Actuellement nous avons une stagiaire qui est en 3e année de Licence en histoire de l’art et qui voulait connaître la restauration d’art.

 

 Les formations qui conduisent au métier de restaurateur d’œuvres d’art

  • Quatre formations sont reconnues à bac + 5 :
    • Institut National du Patrimoine (diplôme de Restaurateur du patrimoine),
    • L’école des Beaux-Arts de Tours et l’école des Beaux-Arts d’Avignon,
    • Université Paris 1 : Master Conservation restauration de biens culturels.
  • La formation de  Restaurateur conservateur de biens culturels de l’Ecole de Condé (à Paris et à Lyon) est reconnue au niveau bac + 4 (inscrite au RNCP niveau 2). Trois options : peinture, céramique et papier. Dans l'académie de Lyon.
  • Au niveau bac : le titre d’Ebéniste de l’Ecole supérieure d’ébénisterie d’Avignon.

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