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Témoignages autour du métier de Mécanicien-outilleur / Mécanicienne-outilleuse

Franche-Comté - Besançon / Publication : 7 février 2019
Elève, professionnel, enseignant, responsable...ils nous en parlent

Du bac pro technicien outilleur au diplôme d’ingénieur à l’ENSMM, le parcours d’Adrien, 23 ans

 

Témoignages Lycéen/ne Responsable de formation Chef d’entreprise Professionnel/le

©onisep

Pourquoi avoir choisi ce secteur professionnel ?

« J’étais en échec scolaire au collège car je n’appréciais pas beaucoup les matières enseignées.

J’ai donc été envoyé en 3e prépa pro où avec 6 heures en atelier par semaine on pouvait découvrir différents métiers. La partie usinage me plaisait beaucoup et mes professeurs m’ont proposé de faire un bac pro technicien outilleur. J’ai bien accroché pendant les 3 ans de bac pro car c’était une formation concrète. Le soir, quand je quittais le lycée, j’avais l’impression d’avoir créé quelque chose. Je n’avais pas passé tout mon temps à copier toute la journée. »

Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier de technicien outilleur ?

« Tout ce que vous empoignez est conçu par un outilleur. Je regarde maintenant les objets qui m’entourent avec un autre regard. Je ne peux pas m’empêcher de réfléchir à la conception de tout ce que je touche. »

Après le bac pro ?

« Après mon bac pro, je voulais aller travailler mais mes professeurs m’ont encouragé à poursuivre en BTS Conception et industrialisation en microtechniques (CIM) au lycée Jules Haag à Besançon (25) où j’ai plus analysé la technologie de l’objet.

Ces deux années se sont tellement bien passées que j’ai postulé en 3e année d’école d’ingénieur par apprentissage à l’Ecole nationale supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM) à Besançon. Tout ce que je redoutais au collège comme le scientifique et les mathématiques me passionnent, maintenant que j’en vois l’utilité.

A l’ENSMM, je prépare le diplôme d’ingénieur spécialité microtechniques et design parcours luxe et précision. Je suis en apprentissage chez Novoparts à Sancey le Grand (25). Je conçois des mouvements de montre. J’ai commencé à l’atelier et je suis maintenant au bureau d’étude.

En parallèle de mes études j’ai participé, depuis le BTS, aux Olympiades des métiers en dessin industriel. J’ai terminé 1er régional puis 1er France, puis 1er en Belgique, 1er  au Québec et pour la finale européenne en Hongrie, je suis monté sur la 2e marche du podium. Mes parents étaient très fiers. »

Que diriez-vous du bac pro technicien outilleur à des élèves de 3?

« C’est un bac vraiment intéressant, assez facile d’accès car il est peu connu des élèves et avec beaucoup de débouchés. Ce n’est pas parce qu’on entre en bac pro qu’on ne pourra pas faire d’études supérieures après. J’en suis la preuve. »

Valentin, 18 ans, élève en terminale bac professionnel technicien outilleur au lycée Jules Haag à Besancon (25)

 

Témoignages Lycéen/ne Responsable de formation Chef d’entreprise Professionnel/le

©onisep

Pourquoi avoir choisi ce secteur professionnel ?

« En 4e, j’ai choisi de faire mon stage d’observation d’une semaine dans l’entreprise d’outillage où travaillait mon père car j’aimais beaucoup le regarder faire. Depuis mon plus jeune âge, j’allais déjà à la sortie de l’école, regarder les pièces sortir des machines.

En 3e, j’adorais les mathématiques. Je voulais un métier manuel et réaliser des pièces. J’ai donc choisi de m’orienter dans l’outillage. Mes bonnes connaissances en maths me permettent d’avoir de l’aisance dans la conception. Je me représente l’image en 3D puis je dessine la pièce avec un logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur), et je l’usine sur une machine-outil. »

Qu’est-ce qui vous plait dans le métier de technicien outilleur ?

« Ce qui me plaît dans ce métier c’est de fabriquer les pièces. »

Pourquoi avez-vous choisi de préparer un diplôme professionnel plutôt qu’un diplôme plus général ?

« Mon père est outilleur, mon grand-père était outilleur et avait créé son entreprise, je savais que je voulais être à mon tour outilleur.

Je voulais une formation plus concrète qu’une formation générale et j’avais surtout envie de faire des stages en entreprise. Une seconde générale n’allait pas m’aider à apprendre ce métier où la pratique est primordiale.

En plus de mes périodes de stage, l’entreprise m’a proposé de travailler pendant les 2 mois d’été, ce qui m’a conforté dans l’idée d’en faire mon métier.

Après mon bac pro, je vais poursuivre mes études en BTS Conception des processus de découpe et d'emboutissage (CPDE). Ce BTS pourra m’ouvrir l’accès vers d’autres poursuites d’études, comme si j’étais passé par la voie générale après la 3e. »

Selon vous, quelles sont les qualités pour exercer ce métier de mécanicien/ne outilleur/euse ?

« Je pense que la plus grande qualité est la minutie car on usine des pièces aux centièmes.

Il faut également être bien ordonné. Notre poste de travail doit toujours être impeccablement rangé pour ne pas s’y perdre quand on démonte un outil et qu’il faut le remonter. »

Comment voyez-vous l’avenir ?

« Je me vois créer mon entreprise d’outillage d’ici 10 ans. 

Franck, enseignant au lycée professionnel Jules Haag à Besançon (25)

 

Témoignages Lycéen/ne Responsable de formation Chef d’entreprise Professionnel/le

©onisep

Quels sont les contenus de la formation proposée dans le cadre du bac pro technicien outilleur ?

« Les élèves ont 13h d’enseignement professionnel avec 8H30 d’atelier, 2h de technologie et 2h30 de dessin industriel sur ordinateur CAO. Le reste du temps c’est de l’enseignement général.

Les élèves réalisent des pièces, font de l’assemblage d’outil puis mettent au point les outils avant de lancer la production. Quand l’outil est en production, les élèves apprennent également à maintenir en état les outils. »

Quels sont les savoir- faire développés ?

« Les principaux savoir-faire sont :

- la mise en œuvre de machines d'usinage : fraiseuse à commande numérique, électro- érosion fil et enfonçage, conventionnelle (fraiseuse, tour, rectifieuse plane et cylindrique). Ces machines permettent la mise en forme par enlèvement de matière des pièces qui constitueront un outillage.

- l’analyse de plans et le contrôle de pièces

- la mise au point et la maintenance des outillages. »

Quels accompagnements avez-vous mis en place en vue de faciliter le parcours de formation de vos élèves ?

« La formation comprend 22 semaines de stage qui complètent la formation pédagogique dispensée au lycée. Les élèves sont confrontés au monde de l’entreprise, ce qui les aide à comprendre les enjeux de la formation scolaire.

Au lycée, on travaille sur un projet. Les élèves réalisent les pièces d’un outillage de presse, les assemblent, puis ils effectuent la mise au point et les essais.

On forme aussi bien en découpe qu’en injection plastique.

Beaucoup d’objets de tous les jours sortent d’un outillage de mise en forme : la brosse à dent, la fourchette, la coque du téléphone,… L’outillage touche tous les secteurs d’activités : le médical, la téléphonie, l’aéronautique, l’électronique, le luxe,…. »

Frédéric, 46 ans chef de service chez Snop, à Besancon (25)

 

Mécanicien-outilleur/mécanicienne-outilleuse

©onisep

Quels profils recherchez-vous ?

« Je recherche des jeunes avec un bac professionnel technicien outilleur, mais je souhaite surtout qu’ils soient autonomes. Je préfère bien sûr les gens qui ont déjà de l’expérience.

Je privilégie les formations en alternance car c’est une bonne entrée dans la vie active et la réalité de l’entreprise. »

Quelles sont les aptitudes et savoir-faire que vous appréciez chez un jeune ?

« Le volontarisme et l’autonomie sont des qualités primordiales pour être un bon outilleur. Il faut que l’outilleur porte de l’intérêt à l’outil. »

Le bac pro technicien outilleur vous semble t’il adapté aux besoins de l’entreprise ?

« Le bac pro technicien outilleur est adapté s’il est préparé en alternance. La formation est correcte mais il faut qu’elle soit complétée par de l’intérêt pour le métier. »

Comment accueillez-vous un jeune diplômé dans le cadre de son premier emploi ?

« Le jeune a un parcours d’intégration dans lequel il passe une journée dans chaque service.

Un tuteur le suit pendant une année et l’ensemble de l’équipe lui donne des conseils.

Cette transmission de savoirs se passe bien si le jeune est volontaire et intéressé. Si ce n’est pas le cas, l’équipe s’en désintéresse assez rapidement. »

Julien,mécanicien outilleur chez Snop à Besancon (25)

 

Mécanicien-outilleur/mécanicienne-outilleuse

©onisep

Qu’appréciez-vous dans ce métier ?

« Ce que j’apprécie le plus est la diversité du métier. Nous travaillons pour l’industrie automobile où les modèles changent très souvent. Les pièces à produire sont toujours nouvelles ce qui fait que les problèmes sont toujours différents.

J’apprécie beaucoup les relations entre les différents services : la production et la qualité. »

Quel est votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

« J’ai préparé un bac pro technicien outilleur au lycée professionnel Jules Haag (site Marceau) à Besancon puis j’ai directement été embauché à la sortie du lycée par l’entreprise qui m’a accueillie en stage durant la terminale.

J’ai commencé au service maintenance des outils ou je faisais de l’usinage de pièces simples pour maintenir les outils en état.

Après 10 années passées dans ce service, j’ai commencé à faire de la mise au point.

Puis j’ai changé d’entreprise pour évoluer et maintenant je fais de la maintenance et de la mise au point. Les outils sont conçus dans le monde entier, aussi j’effectue la mise au point quand ils arrivent. J’analyse les modifications à apporter. Selon l’ampleur des modifications, je les fais sur place ou les renvoient dans une autre filiale. »

Quelles sont les évolutions de carrière possible ?

« Certains outilleurs partent à l’étranger pour faire la réception des outils. On peut évoluer en devenant chef d’équipe ou responsable d’un service. »

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