Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Dol de Bretagne : les élèves de l’IME nous font découvrir un ESAT

Bretagne - Rennes / Publication : 26 avril 2019
A Dol de Bretagne, les élèves de l’IME La Passagère ont réalisé un reportage photo sur le travail en ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail). Ils ont transmis à l’Onisep Bretagne le résultat de leur travail.

Dol de Bretagne : les élèves de l’IME nous font découvrir un ESAT

Comment travaille-t-on en ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) ? C’est ce que nous font découvrir les élèves de SIPFPro* de l’IME la Passagère à Dol de Bretagne. Ces apprentis journalistes sont partis en reportage photo à l’ESAT CAT Armor. Ils se sont intéressés aux activités de l’équipe de restauration qui prépare et sert les repas au self de l’établissement.

Stéphanie Tarin, leur enseignante, avait déjà participé au projet «  Métiers en images » proposé par l’Onisep. Elle s’en est inspiré pour imaginer une variante : plutôt que de réaliser une fiche métier, ses élèves ont découvert cette fois une structure.

Plusieurs visites programmées

Le projet de Stéphanie est né d’un constat : la méconnaissance des ESAT « aussi bien de ma part que de celle de mes élèves », explique-t-elle. « Un grand nombre d’élèves refusait catégoriquement l’éventualité d’un stage ou encore d’un avenir au sein de ces établissements. Ils étaient pourtant incapables d’argumenter, d’expliquer leur positionnement et n’y avaient souvent jamais mis les pieds. »

De janvier à juin, Stéphanie Tarin conduit son projet avec un groupe d’élèves, y dédiant des temps les lundis après-midi. Plusieurs visites à l’ESAT sont programmées. « Pour la première visite, on avait préparé des questions sur le fonctionnement de l'ESAT, indique Maël, l’un des reporters. On a pu les poser à la coordonnatrice. On a ensuite voté pour choisir l'atelier qu'on allait visiter.

La deuxième fois, on a visité la cuisine et rencontré les gens qui y travaillent. La troisième fois, on a fait des groupes de 3 car on ne pouvait pas tous entrer en même temps dans la cuisine. Chacun avait un appareil photo et pouvait poser des questions. »

Rassurer les élèves

« La communication avec les différents professionnels de l’ESAT et les aménagements à mettre en place pour notre venue ont représenté une des difficultés du projet, précise Stéphanie Tarin. Un groupe dans une cuisine pose des problèmes d’hygiène et peut perturber le rythme du travail en cours.

Il y avait aussi l’appréhension des élèves concernant ce milieu professionnel. Il était souvent nécessaire de les rassurer quant à nos intentions : leur rappeler qu’il s’agissait bien d’un reportage à destination d’autres personnes, en aucun cas d’un piège pour les forcer à y travailler.

Le projet a demandé un réel investissement aux élèves. Parfois certains pouvaient montrer des signes d’impatience. Le découpage en différentes étapes a permis de le rendre accessible. » Les liens avec différents interlocuteurs dont l’Onisep permet aussi de relancer périodiquement le travail du groupe et de le valoriser.

Découvrir concrètement le travail en ESAT

Le projet amène les élèves à découvrir concrètement le travail en ESAT et lever certaines appréhensions. « On pensait que l’ESAT était comme un IME et on s'est rendu compte que les gens travaillaient vraiment », explique Jason. « C'est un travail mais il est différent du travail en milieu ordinaire, complète son camarade Thomas. Le rythme est moins rapide. Il y a des moniteurs d'atelier qui peuvent aider les personnes qui ont des difficultés. Par contre, s'ils n'en ont pas besoin, les travailleurs peuvent être autonomes. Ca peut être rassurant de continuer à apprendre à son rythme. »

« Le projet a permis aux réfractaires d’expliquer ce qui ne leur plaisait pas et à d’autres de changer d’avis. Il a donc permis aux élèves d’affiner un peu leur projet professionnel », résume leur enseignante.

Prochaine étape pour Stéphanie Tarin : faire découvrir à ses élèves d’autres secteurs d’activité. « Je projette de réaliser éventuellement une autre fiche en proposant à un éducateur technique de travailler davantage en partenariat. Petit à petit les fiches réalisées pourraient servir de sources d’information pour les élèves et leurs familles ».

Suivie tout au long de l’action par la conseillère pédagogique ASH d’Ille-et-Vilaine, Stéphanie a pu présenter son projet à d’autres enseignants qui devraient lui emboîter le pas.

 

*SIPFPro : la Section d'initiation et de première formation professionnelle accueille des jeunes de 14 à 20 ans dans les IME.

 

> Voir le reportage photo des élèves de l’IME La Passagère

À lire aussi

Sur le même sujet

Haut de page

Vient de paraître