Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Lutter contre le décrochage scolaire : les dispositifs dans l’académie de Reims

Champagne-Ardenne - Reims / Publication : 6 mars 2015, Mise à jour : 28 septembre 2016
Qu’est-ce qu’un décrocheur ?
Un décrocheur, c’est un-e jeune qui est sorti du système scolaire sans diplôme et qui ne suit pas de formation. Dans l'académie, en 2015, environ 3 200 décrocheurs ont été repérés.

Qu’est-ce qu’un décrocheur ?

Un décrocheur, c’est un-e jeune qui est sorti du système scolaire sans diplôme et qui ne suit pas de formation. Ils et elles sont 140 000 de plus à se retrouver chaque année sans solution de formation et ainsi à grossir le groupe des 620 000 jeunes entre 18 et 24 ans que l’on qualifie de NEET’s : ni en études, ni en formation, ni en emploi.

Tous mobilisés

Tout le monde est concerné par le décrochage scolaire, parents, enseignants, entrepreneurs, acteurs et actrices de la politique locale et nationale. Le phénomène du décrochage est imputable à de multiples facteurs qui ont trait aux populations touchées (la structure familiale, le diplôme des parents, les conditions économique et sociale,…) mais aussi à l’institution (le redoublement, l’orientation, l’évaluation…) et aux territoires (taux de chômage, accessibilité des structures de formation, de santé,…).

Les principales mesures

Devant l’enjeu humain et économique que représente la lutte contre le décrochage, le ministère a mis en œuvre le plan de lutte contre le décrochage.
Ce plan engage des mesures concrètes qui s'intègrent de façon cohérente avec les autres grands objectifs portés par le ministère tels que l’implication des parents, le développement du numérique, l’assouplissement des parcours de formations. Et en tant que priorité nationale, elle tend à les englober.
Quelques mesures déployées depuis 2015 :

  • en complément du site Masecondechance, les jeunes en situation de décrochage ou leurs parents peuvent composer le numéro vert 0800 12 25 00 afin d’échanger avec un-e conseiller-ère de Monorientationenligne et d’obtenir des informations sur les démarches à entreprendre ;
  • la mobilisation de financements complémentaires : 50 millions d’euros (+7%) chaque année ;
  • la généralisation des référents « décrochage » et des groupes de prévention du décrochage scolaire – GPDS à tous les établissements ;
  • le renforcement des plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs – PSAD ;
  • l’organisation dans chaque académie de la semaine de la persévérance scolaire qui permettra de valoriser les actions de lutte contre le décrochage.

D’autres mesures se mettent en place, notamment l’intégration au plan national de formation d’un module spécifique sur le décrochage, le parcours de « stagiaire de la formation initiale », la généralisation de l’application Folios, l’allongement du droit à la formation à 2 ans etc.
Pour aller plus loin Le site du ministère

Zoom sur deux dispositifs dans l’académie de Reims

Le SAS-bilan

 

La session d'accueil scolaire (SAS-bilan) est une "vraie classe" qui accueille au sein d'un lycée des jeunes à partir de 16 ans sans diplôme, qu'ils aient abandonné en cours d'année ou se soient retrouvés sans solution à la rentrée.

Les objectifs :

L'objectif premier est de positionner ces décrocheurs en fonction de leurs besoins, pour mettre en place des actions de remédiation dans le but de les faire "raccrocher" une formation.

L’organisation et les intervenants :

Les jeunes ont le statut d'élève et par le fait, les mêmes droits que les autres lycéens. L'emploi du temps est personnalisé, il inclut notamment les périodes de stage en entreprise en lycée, en CFA…
Ce dispositif fait intervenir un coordonnateur MLDS, qui gère l'ensemble du SAS-bilan en accord avec le chef d'établissement, suit les élèves et est donc amené à rencontrer les partenaires extérieurs (éducateurs, conseillers mission locale...) et travaille sur le projet de l'élève. Il est aidé ponctuellement par le PSY-EN de l'établissement pour comprendre le parcours scolaire de l'élève et faire émerger les intérêts professionnels, les compétences exprimées au travers des stages effectués, etc.  Les enseignants, sur la base du volontariat, évaluent les élèves en français, maths et anglais pour les positionner, puis dispensent selon les besoins les cours nécessaires à maintenir une continuité des apprentissages voire une remise à niveau.

Les résultats :

Dans l'académie de Reims, en 2018-2019, environ 3 000 décrocheurs ont été repérés, 1 100 ont été accueillis en SAS-bilan. A l’issue du bilan et du suivi personnalisés de chaque jeune, 800 sont repartis vers une formation initiale : pour deux-tiers d'entre eux, vers une classe traditionnelle et un tiers vers un parcours adapté avec la MLDS (bac pro en 1an, re-préparation d’un diplôme selon des modalités adaptées,… ) ou vers l'apprentissage.

 

Le micro-lycée

 

Le Microlycée est une "Structure de Retour à l'École" accueillant 120 jeunes engagés dans une reprise d'études après une interruption totale de scolarité suite à des difficultés personnelles souvent importantes ayant entraîné un parcours chaotique.

Ce dispositif prépare à la réussite au baccalauréat général, technologique STI2D et STMG et professionnel MEI, MELEC et SN. Il accompagne aussi dans le même temps la préparation à la réalisation d'un projet de formation post-baccalauréat.

Pour atteindre ces objectifs, une scolarité spécifique et un accompagnement personnalisé sont proposés. Chaque jeune se voit attribué un tuteur qui entretient avec lui une relation privilégiée d’écoute et de conseil.

Cette structure est organisée autour de trois parcours :

  • Un parcours d’accueil, destiné à accompagner des jeunes ayant décroché en fin de troisième, en début de classe de seconde ou ayant un parcours vite abandonné dans la voie professionnelle,
  • Un parcours préparatoire, destiné à accueillir les jeunes ayant décroché en fin de la classe de seconde ou au cours de la classe de première,
  • un parcours terminal, pour ceux ayant achevé un parcours en classe de première ou ayant décroché au cours ou en fin de terminale.

 

La formation comprend :

  • des cours en petits groupes,
  • des activités encadrées,
  • des activités interdisciplinaires, des ateliers culturels, artistiques, sportifs ou de découverte des métiers.

L'enseignement est semestriel. L'emploi du temps est personnalisé en fonction du parcours antérieur, des contraintes personnelles et du projet de chaque jeune. Le jeune est partie prenante dans son évaluation.

L’innovation est au cœur de ce dispositif qui nécessite une réflexion et un questionnement permanent de l’équipe, tant dans la lecture des situations individuelles que dans la mise en place des situations pédagogiques. Ainsi, les pratiques déployées accordent une place essentielle à la confiance et à l'adaptation aux situations individuelles.

 

Les résultats :

Ouvert depuis septembre 2013, le Microlycée a permis à ce jour à plus de 120 jeunes reprenant un parcours scolaire d'obtenir le baccalauréat. Chaque année, environ 80% des jeunes présentés au baccalauréat obtiennent le diplôme.

Découvrez les témoignages d'élèves qui ont testé le micro-lycée.

Vient de paraître