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Portrait de Jean-Hubert François, chef d'exploitation

Guyane - Cayenne / Publication : 8 avril 2019
« Ambition : réussite ! » propose une série de portraits de jeunes guyanais passionnés par leurs professions. Déclinée sous forme d’interviews, elle permet de découvrir des parcours scolaires et universitaires et des métiers. L’occasion de partager des expériences et de créer des vocations !

 

Jean-Hubert FRANCOIS 2

  FRANCOIS

 Jean-Hubert

 Chef d'exploitation

 Commune de Montsinéry-Tonnégrande

 

 

 

 

 

 

Parlez-nous de votre profession ...

Je suis chef d’exploitation agricole. Mon activité est principalement axée sur l’exploitation de la banane plantain. Je suis également producteur de viande porcine, mais j’ai momentanément suspendu cette activité.

Un chef d’exploitation agricole, quoi qu’il cultive, doit maîtriser les aspects techniques et la gestion de son exploitation.

Entrepreneur averti, il exploite et commercialise au mieux ses produits. Il maîtrise la réglementation de l’Union Européenne en matière d’environnement et de sécurité alimentaire, il n’ignore rien des marchés financiers, tient ses comptes, gère le montage de dossiers pour les subventions, négocie avec les fournisseurs, démarche les clients…

 

Pour plus de renseignements sur les métiers de « chef d’exploitation agricole »cliquez ici

 

Présentez-nous l'entreprise dans laquelle vous évoluez ...

J’ai créé mon entreprise en 2012 à Montsinéry-Tonnegrande, baptisée « La Ferme François »

 

EXERCER CETTE PROFESSION, EST-CE L’ABOUTISSEMENT D’UN REVE, D’UNE PASSION, D’UN CHOIX DE RAISON ?

Au départ, je ne rêvais pas d’être agriculteur et j’ai occupé des postes aussi variés que différents, comme celui de vendeur ou maçon avant de me lancer dans mon actuel métier.

 

Le déclic s'est-il produit au collège ? Au lycée ? Au cours de vos études supérieurs ? Ou y êtes-vous arrivée par un concours de circonstances ?

C’est le hasard qui m’a conduit vers cette profession : En me rendant à l’agence de Pôle Emploi, j’ai été attiré par une affiche proposant une formation agricole. Quelques temps après, je décidai de m’y inscrire. C’est durant ce temps de formation que j’ai pris conscience que c’est vraiment ce que je désirais faire.

 

Qu'appréciez-vous tout particulièrement dans l'exercice de votre profession ? Qu'est-ce qui vous donne envie de revenir chaque matin ?

J’aime ce métier car il regroupe une multitude d’activités : je suis amené à être plombier, secrétaire administratif… En fait, l’agriculture ne représente que 30% de mon occupation...

Le fait d’être amené à travailler en équipe et de devoir prendre toutes les décisions moi-même me plaît également beaucoup.

 

Quelles sont les exigences de votre métier ?

Il est indispensable de faire preuve de courage et de rigueurIl est important de savoir qu’ici, en Guyane, et contrairement à la Métropole et aux autres DOM,  l’agriculteur(trice) qui débute se verra attribuer une parcelle de terrain brute, non défrichée. 

Ce ne sont pas des reprises d’exploitations comme ailleurs mais bien des créations d’exploitations agricoles où tout est à faire ! L’ampleur de la tâche est importante et nécessite un investissement important en terme d’heures de travail …mais ce n’est pas un problème puisque c’est pour soi !

 

Quelles en sont les contraintes ?

La première des contraintes pour un(e) jeune agriculteur(trice) qui souhaite créer sa propre exploitation, c’est de trouver des finances. Il n’est pas aisé d’obtenir un crédit bancaire lorsque l’on démarre. Il faut alors faire appel aux aides européennes (FEADER)

La deuxième contrainte, c’est le temps  que l’on doit consacrer à ce travail : il n’y a pas d’horaires et cela engage donc la vie personnelle et familiale.

 

Quelles sont les qualités qu'il est souhaitable de posséder pour s'épanouir dans votre profession ?

Il faut être courageux(se), ambitieux(se) et tenace.

 

Quelles sont les évolutions de carrières possibles ?

J’espère un jour pouvoir développer mon exploitation et le label « Produit de Guyane ».

 

Quel est votre parcours scolaire ? Quelles formation avez-vous suivie ?

J’ai été à l’école élémentaire en Métropole, puis  je suis rentré au pays et j’ai été au collège Justin Catayée à Cayenne. J’ai effectué ma seconde au lycée Léon-Gontran Damas à Rémire-Montjoly et j’ai préparé et obtenu un BAC STI Comptabilité au lycée Melkior-Garré à Cayenne en 2000.

Entre 2000 et 2006  j’ai exercé de nombreuses activités professionnelles jusqu’à ce que je suive la formation agricole proposée par Pôle Emploi. Cette formation m’a permis de comprendre que l’on ne s’improvise pas agriculteur : c’est un métier qui s’apprend !

 

Quelles qualités/aptitudes avez-vous développées pendant ces années d'études pour réussir à suivre ce cursus/cette formation ?

Lors de cette formation, on acquiert une solide connaissance scientifique des plantes et des animaux.

 

Conseilleriez-vous le parcours scolaire/de formation que vous avez suivi ? Si non, lequel vous parait le plus adéquat ?

Je conseillerais vivement aux jeunes d’aller au lycée agricole pour acquérir d’emblée de solides connaissances. Le lycée agricole de Matiti à Macouria offre un parcours de formation agricole allant de la seconde au Brevet de Technicien Supérieur Agricole ( BTSA).

Ce lycée propose 2 baccalauréats professionnels : un BAC Professionnel « Productions Horticoles » et un Bac Professionnel « Conduite et Gestion d’Exploitation Agricole spécialisée dans  l’élevage ». Egalement en préparation, un BAC Technologique « Sciences et Techniques de l’Agronomie et du Vivant » (STAV) ainsi que 2 BTSA ( Brevet de Technicien  Supérieur Agricole) « Gestion et Protection de la Nature » et « Développement de l’Agriculture des Régions »

  

Lien du Lycée agricole de Matiti

Jen-Hubert FRANCOIS

 

Quelle est la difficulté majeure que vous avez rencontrée pour accéder à ce métier ?

J’ai rencontré deux difficultés majeures pour accéder à ce métier : Le financement et l’accès à l’information.

Je suis actuellement Président de l’Association Syndicale des Jeunes Agriculteurs qui est présente non seulement ici en Guyane mais également sur l’ensemble du territoire français et dans les DOM.

Nous avons pour mission de favoriser l’installation de jeunes agriculteurs(trices) en les accompagnant dans leurs démarches administratives, dans le montage de dossiers .

Nous leur apportons des conseils techniques et des informations indispensables pour pouvoir s’installer.

Nous avons édité 2 guides qui font la synthèse des démarches à suivre pour créer son entreprise et une multitude d’informations utiles sur le métier.

 

AVEZ-VOUS DOUTE QUANT A ATTEINDRE UN JOUR VOTRE BUT ?

Je n’ai jamais vraiment douté mais je dois avouer avoir eu un instant d’inquiétude lorsque je suis venu voir la parcelle que je venais d’acquérir, recouverte de forêt.

 

QUELLE EST LA PLUS GRANDE LECON QUE VOUS AVEZ APPRISE DANS LE CADRE DE VOTRE PROFESSION ?

A être humble, et à apprendre à se contenir !

 

QUE CONSEILLERIEZ-VOUS A UN ETUDIANT/LYCEEN QUI SOUHAITERAIT A TERME ? EXERCER VOTRE PROFESSION ?

C’est une profession en devenir ici en Guyane, et il y a de la place pour tout le monde. Je pense que la Guyane sera un jour le grenier alimentaire de certains pays d’Amérique du Sud et des Antilles , du moins pour certains produits , puisqu’on est à contre-saison.

Il est indispensable de développer notre agriculture pour construire la Guyane de demain ; nous avons donc besoin que de jeunes agriculteurs (trices) se lancent dans le métier. Avant cela, ils doivent être bien informés et avoir une formation de base solide pour partir avec une bonne connaissance de cette profession.

 

"VOYAGE DANS LE FUTUR ", JE VOUS INTERVIEW EN 2025….A QUOI RESSEMBLE VOTRE VIE PROFESSIONNELLE ?

Je m’imagine possédant une exploitation bananière de 50 hectares. Une partie de ma production serait destinée au marché local, et l’autre à l’export, avec le développement du label « Produit de Guyane » .

Je développerais également mon exploitation de viande porcine. Mon exploitation, sans chercher le label Bio, fonctionnerait comme elle fonctionne déjà : dans le plus grand respect de la Nature et de L’Environnement. Il est indispensable de ne pas oublier que nous, agriculteurs(trices), avons notre part de responsabilité dans le domaine de la Santé Publique !

 

UNE PETITE ANECDOTE PERSONNELLE LIEE A VOTRE FORMATION ? VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL OU VOTRE PROFESSION ?

Lorsque j’ai finalement acquis ma parcelle de terrain, je n’avais pas encore trouvé de financements.

Je suis allé louer une tronçonneuse et j’ai commencé à déforester mes 20 hectares avec ma petite tronçonneuse !

 

Merci Jean-Hubert pour ce portrait !

 

 

 

 

 

 

 

 

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