Picardie - Amiens / Publication : 4 juin 2019
Des molécules complexes pour les cosmétiques aux biocarburants en passant par les écrans plats et les médicaments, la chimie est partout. Secteur historique de la région Hauts-de-France, les entreprises s'orientent vers la chimie fine et la chimie verte. Avec des emplois à la clé.

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Avec 16 790 salariés et 300 entreprises, les Hauts-de-France sont la 3e région chimique de France en termes d'effectifs. Les entreprises du territoire regroupent des activités variées avec une forte représentation de la parachimie qui met au point des produits pour les industriels ou les consommateurs : savons, cosmétiques, peintures, encres, vernis, colles…

Une nouvelle orientation pour la chimie

La chimie régionale a amorcé une réorientation de son secteur d'activité vers la chimie fine. Ce secteur élabore des molécules complexes à forte valeur ajoutée pour les industries pharmaceutique ou cosmétique. Les volumes de production sont plus restreints que ceux de la chimie de base.

Leader en valorisation des ressources végétales, la région des Hauts-de-France est également très dynamique dans le secteur de la chimie du végétal et de la chimie durable, grâce à un tissu agricole et industriel riche.

Chimie verte, chimie durable, chimie du végétal… ça vous parle ?

Des métiers qui se transforment

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Mélange de couleurs au sein du laboratoire de production d'une usine BASF.

Les entreprises peinent à attirer les candidats. Un phénomène accentué en région où la moyenne d'âge est élevé. On constate également une fuite des jeunes diplômés vers la Belgique ou l'Allemagne.

Les besoins en recrutements concernent principalement les métiers de la production, du laboratoire, de la maintenance et de la logistique. L'automatisation des procédés et les nouveaux modes d'organisation des entreprises ont transformé en profondeur les métiers.

L'ouvrier de fabrication est devenu un opérateur polycompétent, capable d'assurer la maintenance de premier niveau de sa machine et d'effectuer le contrôle qualité de sa production.

Des métiers émergent dans la chimie verte : ingénieur.e en matériaux biosourcés, ingénieur.e en bio procédés, acheteur ou acheteuse en matière végétale, chef.fe de projet bioraffinerie...

Le niveau de formation à l'embauche a considérablement augmenté. Le bac pro est devenu le diplôme d'entrée dans le secteur. L'alternance est une voie de formation particulièrement appréciée. Près de 80% des formations en alternance mènent à un diplôme ou un titre de niveau Bac+2 et au-delà.

 

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Les entreprises peinent à recruter pour les métiers de la production.

Un large éventail de formations

Plusieurs formations, du Bac pro au diplôme d'ingénieur, permettent de s'insérer dans la chimie. Certaines sont propres au secteur.

  • Les BTS et DUT sont également très appréciés. Deux BTS ont été créés pour répondre aux besoins des industriels du secteur. Le BTS Métiers de la chimie, axé sur les métiers du laboratoire, et le BTS Pilotage de procédés qui forme des techniciens d'atelier. Le DUT Génie chimique, génie des procédés forme des spécialistes des opérations de transformation de la matière.
  • Les industries chimiques accueillent aussi des ingénieurs et des docteurs en chimie. L'Université de Picardie Jules Verne et l'Université de Lille offrent un large éventail de masters (bac +5).
    Deux écoles d'ingénieurs chimistes sont implantées dans la région : l'ESCOM à Compiègne et l'ENSCL, à Lille. L'Université de technologie de Compiègne propose une branche Génie des procédés.

 

 

Des innovations déjà présentes sur le marché

Des programmes de recherche ambitieux soutiennent le développement de la chimie verte en Hauts-de-France et portent déjà leurs fruits.

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Les équipes du laboratoire Extractis ont contribué au développement d'un substitut au sel, Algyslat, élaboré à partir d'algues marines. Une innovation que l'on retrouve depuis 2015, dans la composition de charcuteries industrielles affichant la mention "- 25% de sel".

Le géant Roquette est devenu le premier producteur mondial d'isosorbide (plastifiant) biosourcé, élaboré à partir d'amidon de blé et de maïs. Son unité de production, basée à Lestrem (62), est actuellement la plus grande de ce type au monde.

Plusieurs projets confèrent un rayonnement international à la région. Citons, le Hub de l'énergie, implanté à Amiens, qui est à la fois un laboratoire de recherche fondamentale, et un centre de développement pré-industriel. Ses équipes planchent sur le stockage électrochimique de l'énergie pour mettre au point des batteries susceptibles d'équiper les voitures électriques. Les enjeux commerciaux sont énormes.

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