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Handicap : des études supérieures à l'emploi

Nord-Pas-de-Calais - Lille / publication : 27 mars 2017
Aujourd'hui de plus en plus de jeunes en situation de handicap poursuivent leurs études dans l'enseignement supérieur. En tant qu’étudiants ils devront faire preuve d'autonomie dans l'organisation de leur vie quotidienne. Mais ils ne seront pas seuls : des services et des personnes ressources sont là pour les accompagner.

Handicap - les études supérieures

Handi+ : Des études supérieures à l’emploi (Académie de Lille)

Cette brochure a été réalisée dans le cadre d’une convention entre le Rectorat, l’université de Lille, des entreprises partenaires et l’Onisep.

Son objectif est d’accompagner les lycéens en situation de handicap et leurs familles vers  l’enseignement supérieur et l’entrée dans la vie active. Elle propose des conseils d’enseignants et de professionnels, ainsi que des témoignages d’étudiants et de jeunes professionnels également en situation de handicap.

Dans la première partie du guide, le lecteur trouvera des réponses aux questions que se pose le lycéen en situation de handicap qui va suivre des études supérieures : quels sont les aménagements possibles pour suivre mes cours et passer mes examens ? Qui sont mes interlocuteurs pour trouver mon logement, organiser mes déplacements... ? A quelles aides financières ai-je droit ?

La seconde partie du guide est consacrée à la préparation à l’insertion : les dispositifs permettant à l’étudiant en situation de handicap d’aborder le monde professionnel (la semaine pour l’emploi, le service civique...), les services proposés dans les établissements d’enseignement supérieur, les structures d’accompagnement des salariés et des entreprises, les modalités de reconnaissance du statut de travailleur handicapé.

Une rubrique  adresses utiles répertorie pour l’académie de Lille l’ensemble des structures et interlocuteurs susceptibles d’accompagner les lycéens et les étudiants en situation de handicap dans leur parcours d’études supérieures, et vers l’insertion professionnelle.

Consultez le document

 

Des diplômés et des experts témoignent

Dans le cadre de la réalisation du guide Handi+, la Délégation régionale de l'Onisep Hauts-de-France site de LILLE a réalisé une série d’interviews d’étudiants et de jeunes diplômés en situation de handicap mais aussi d’experts sur le sujet.

 

Caroline Bouzon, référente handicap pour les départements d’anglais et d’études germaniques de l’Université de Lille-Lettres et langues

A l’université, quels sont les aménagements de la scolarité envisageables ?

« Les aménagements dont les étudiants en situation de handicap peuvent bénéficier pour leurs examens sont proposés par le médecin de l’université suite à l’entretien qu’il fait passer à l’étudiant. Ces aménagements sont ensuite validés par une commission plurielle. Une fois ces aménagements mis en place, ils sont envoyés au référent handicap qui va les mettre en place pour chaque examen. Le référent handicap travaille en étroite collaboration avec le secrétariat pédagogique. »

Avez-vous des exemples concrets en fonction du type de handicap ?

« Ces aménagements peuvent être très différents selon le type de handicap :

  • temps supplémentaire (tiers-temps ou mi-temps) pour les épreuves écrites et/ou orales, et/ou pour la préparation des oraux
  • accessibilité des locaux (accès fauteuil roulant)
  • sujets adaptés (agrandis, en braille)
  • salle séparée ou particulière (la différence étant qu’en salle séparée, un étudiant peut être regroupé avec d’autres étudiants en situation de handicap alors que s’il est en salle particulière, l’étudiant doit être seul dans la salle d’examen)
  • secrétaire (pour aider à rédiger l’épreuve ou lire les consignes)
  • ordinateur
  • ordinateur avec logiciel de dictée vocale pour les étudiants non-voyants
  • sorties autorisées, avec ou pas de décompte de temps
  • autorisation de s’alimenter ou d’apporter des soins (en salle particulière)
  • autorisation de déambuler (en salle particulière)
  • passage prioritaire pour les épreuves orales
  • aménagements particuliers pour les épreuves portant sur un document audio (utilisation d’un ordinateur, d’un casque spécifique)

Ces aménagements doivent être mis en place pour toutes les épreuves, que ce soit du contrôle terminal (géré alors par la scolarité) ou du contrôle continu (géré par le référent handicap).

Parfois, des aménagements sont mis en place pour les cours, comme par exemple la possibilité d’avoir un preneur de notes. On demande alors à un étudiant appartenant au même groupe de TD de fournir ses notes de cours (avec possibilité de photocopier les cours directement, et gratuitement, au Relais Handicap).

Pour des problèmes très spécifiques, il arrive que certains étudiants puissent suivre les cours au SEAD (Service d’Enseignement A Distance), mais cette mesure est mise en place de manière très exceptionnelle. »

A qui et à quel moment les demander ?

« Tout étudiant présentant un handicap doit contacter le Relais Handicap le plus rapidement possible afin de remplir un dossier et prendre rendez-vous avec le médecin de l’université. Sa prise en charge ne sera effective qu’une fois ses aménagements acceptés par la commission plurielle. Les étudiants peuvent se rapprocher du Relais Handicap avant les vacances d’été, dès lors qu’ils savent qu’ils iront à l’université. Une réunion d’information est d’ailleurs généralement organisée début juillet. Ils peuvent bien entendu également faire toutes les démarches dès début septembre. Il est toutefois important de comprendre que ces démarches doivent être faites le plus rapidement possible pour que tout soit mis en oeuvre pour que les cours, et donc les examens, se passent pour le mieux ».

Quels conseils donneriez-vous à un lycéen en situation de handicap qui envisage de poursuivre des études supérieures ?

« Pendant toute l’année, le référent handicap et le secrétariat pédagogique organisent toutes les épreuves de contrôle continu des étudiants en situation de handicap. Le référent handicap est l’interlocuteur principal et il est important de s'en rapprocher dès que la prise en charge a été mise en place ».

 

Fabienne Tisserand, enseignante référente en lycée (BTS et CPGE)

 

Quel est votre rôle en tant qu’enseignante référente ?

« En tant qu’enseignante référente, j’accompagne et oriente les étudiants en situation de handicap et leurs familles, notamment en gérant les aspects administratifs, en organisant des réunions d’information et surtout en faisant le lien entre les différents acteurs ».

Quels conseils donneriez-vous à un lycéen ESH qui envisage de poursuivre des études supérieures ?

« Je lui conseillerais de construire son projet professionnel avec recul et bon sens. En effet le volume horaire d’un BTS ou d’une CPGE, en lycée, est conséquent par rapport à la licence. Il faut donc être motivé, tenace et s’assurer qu’on a les capacités nécessaires à la réussite de ce type de filières. D’autre part il me parait indispensable de rencontrer les équipes du lycée en amont de la rentrée, à la fois concernant le programme et les aménagements possibles relatifs au handicap. N’hésitez donc pas à aller aux portes ouvertes ou à prendre rendez-vous ! Enfin, je pense important de rappeler l’importance de l’anticipation car les démarches administratives sont toujours longues : la MDPH met un an à un an et demi pour traiter ses dossiers. »

 

Sylvie Vincent, chargée de l’insertion professionnelle des étudiants en situation de handicap de l’Université de Lille – sciences et technologies et Lille – sciences humaines et sociales

 

Quelles sont les aides et les dispositifs qui favorisent l’insertion des étudiants en situation de handicap ?

Au sein des Services de la Vie Étudiante des Universités de Lille Sciences et Technologies et Sciences Humaines et Sociales, un accompagnement à l’insertion professionnelle des étudiants en situation de handicap a été mis en place depuis 10 ans.

Durant le cursus universitaire, des stages sont intégrés dans les parcours de formation afin de valider des diplômes. Des stages de découverte peuvent être importants pour confirmer l’adéquation future métier / situation de handicap, mais également pour choisir les futures options lors de la poursuite d’études.

Rechercher un stage n’est pas simple pour tout étudiant, il s’avère plus compliqué lorsque l’on est en situation de handicap. C’est pour cela qu’un accompagnement spécifique a été mis en place, non seulement pour la recherche de stage mais également pour être informé sur :

  • la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) : ses modalités, ses implications, …
  • la RQTH et le CV : comment le mentionner, où, …
  • la RQTH et l’entretien de stage : comment le dire, quoi dire, …
  • la RQTH et les concours
  •  …

C’est également recevoir des informations collectives concernant des actions menées par divers partenaires comme des Handicafés, des Forums, des Salons, … spécifiques ou non du handicap.

Existe-t-il un accompagnement spécifique de ces diplômés ?

Cet accompagnement est spécifique puisqu’il est individuel et adapté à la situation de handicap de l’étudiant. En fonction de la demande d’information, une réponse sera apportée tant dans la forme que dans le fond, elle est générale sur les dispositifs communs mis à sa disposition au sein de l’université (SUAIO, BAIP, …) mais également sur la connaissance des dispositifs spécifiques mis en place dans le champ du handicap. Certaines démarches peuvent prendre du temps et il est préférable d’anticiper l’année précédente afin de se familiariser avec la recherche de stage à venir. Les informations sont complétées au fur et à mesure de l’avancée des études. L’accompagnement se poursuit un an après la fin du parcours universitaire pour préparer et entamer la recherche d’emploi.

Quels conseils donneriez-vous à un lycéen ou à un étudiant en situation de handicap ?

Osez la poursuite des études à l’Université dans le domaine de votre choix sans vous autocensurer.
Anticipez votre venue à l’Université et venez à la rencontre des personnels présents pour vous accompagner dans votre futur projet professionnel.

 

Florian Legendre, jeune diplômé du DUT animation sociale et socio-culturelle

 

Florian

« Je m'appelle Florian Legendre, j'ai 23 ans, j'ai une infirmité motrice cérébrale (IMC),  je suis diplômé d'un DUT animateur social et socioculturel dispensé à l'IUT B de Tourcoing. » 

 

De quels aménagements avez-vous bénéficié à l’occasion des examens durant vos études à l’IUT ?

« Au début de chaque année universitaire nous avons rendez-vous avec le médecin de l'université afin de faire le point sur l'aménagement indispensable pour notre scolarité. Suite à ce rendez-vous une commission pluridisciplinaire se réunit afin de pouvoir statuer sur notre demande.

Durant mes deux années à l'IUT j'ai pu bénéficier de différents dispositifs : le tiers-temps lors des partielles ainsi que d'un secrétaire, car compte-tenu de mon handicap je ne pouvais pas être suffisamment efficace  pour écrire par mes propres moyens.

En ce qui concerne les diverses adaptations pour effectuer dans les meilleures conditions ma formation, j'ai pu profiter d'une bonne complémentarité avec mes amis étudiants, ils n'ont jamais hésité à m'aider, ça pouvait être pour récupérer des cours ou aménager une salle qui était trop étroite ou encore m'apporter une aide pendant la période des repas.

En ce sens je suis intimement convaincu que la solidarité étudiante est un facteur indiscutable pour le bon déroulement d'un cursus de formation quand on est en situation de handicap. »

De quels aménagements avez-vous bénéficié à l’occasion de vos périodes de stage en entreprise ?

« Lors de ma formation j'ai dû effectuer deux stages d’un mois et demi en première année et un autre de deux mois en deuxième année.

Lors de mon premier stage effectué dans une maison des jeunes et de la culture (MJC), mes collègues de travail avaient été vigilants de façon que l'ergonomie du bâtiment soit adaptée à mes difficultés : veiller à ce que les portes soient suffisamment larges pour que le fauteuil puisse passer, un bureau suffisamment haut pour que je puisse passer en dessous et enfin un ascenseur qui communique dans les différents étages du bâtiment.

Toutefois, avant le début du stage et grâce aux différentes étapes inhérentes à la recherche de stage comme le dépôt du CV ou l'entretien préalable, j'ai pu m'assurer que le milieu dans lequel je candidatais était accessible. Ce qui n'a toujours pas été le cas...

Mon second stage s'est effectué dans un institut d'éducation motrice, comme l'établissement accueillait des usagers ayant les mêmes problématiques que les miennes je n'ai rencontré aucune difficulté. »

Quand les avez-vous demandé et à qui ?

« Quand il a fallu rechercher un stage, j'étais conscient que mon handicap pouvait être un frein dans la recherche d'un lieu de stage adapté. C'est pourquoi j'ai anticipé mes recherches de quelques mois avant la plupart de mes amis car je savais que ma pathologie pouvait poser problème pour trouver un lieu de stage. Je pense que quand on est en situation de handicap il ne faut pas hésiter à solliciter toutes les ressources qui se trouvent dans notre environnement, pour ma part c'est ce que j'ai fait. Je me suis renseigné auprès d'amis en situation de handicap afin de savoir s'ils avaient des astuces et conseils à me donner.

 Comme mon profil professionnel me donnait l'opportunité de travailler dans le monde associatif, j'ai commencé à participer au forum des associations où j'ai pu créer des premiers contacts ce qui m'a aidé dans la recherche de mes stages. »

Avez-vous bénéficié d’aides pour  votre vie quotidienne en tant qu’étudiant en situation de handicap (transports, logement, restauration…) ?

« Durant mes études à l'IUT B de Tourcoing, j'habitais encore chez mes parents et c'était ma mère qui assurait le transport jusqu'à Tourcoing. Dès lors que j'étais dans la ville je pouvais me débrouiller tout seul, j'assurais le reste de mes transports grâce au métro. L'IUT était bien accessible et les professionnels à l'écoute de mes attentes. Il y avait aussi un ascenseur qui permettait de circuler sans problème dans tous les étages de l'IUT. Enfin, dans mon établissement il y avait un responsable handicap qui faisait preuve de beaucoup d'initiatives, je me rappelle d'une période où des travaux de réfection dans les toilettes avaient été entrepris pour fermer convenablement la porte des toilettes PMR.

Par ailleurs, dans ma vie quotidienne d'étudiant je n'ai pas senti que mon handicap pouvait être contraignant pour l'établissement ou dans la construction de bonnes relations sociales avec les autres étudiants. Avec le recul je pense que j'ai pu jouir des plaisirs qu'offre le statut d'étudiant. »

Quels conseils donneriez-vous à un lycéen en situation de handicap qui envisage de poursuivre des études supérieures ?

« Si j'avais un conseil à donner aux lycéens c’est de prendre des initiatives, d'anticiper et de persévérer et surtout ne pas s'arrêter à un refus, car je suis intimement convaincu qu'il existe des solutions ou des personnes qui sont prêtes à vous épauler pour vous permettre de concilier votre handicap avec un cursus universitaire et ainsi pouvoir profiter du statut d'étudiant et de l'enrichissement personnel que cela apporte. »

 

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