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Egalité filles-garçons : fils et filles de l'actu

Entrepreneur-e-s au service d’une culture pour tous-tes

Ile-de-France - Créteil Paris Versailles / publication : 9 mars 2015
Diffuser gratuitement des anecdotes sur l’histoire de l’art, ou comment se cultiver au quotidien sans y passer plus d’une minute ! Une jeune femme de 23 ans a fondé une entreprise basée sur ce défi improbable. Conte de fées, tour de passe-passe ou miracle ? Non, c’est bien réel ! Coline Debayle a été récompensée pour cette audace, en recevant le prix de l’innovation lors de la cérémonie de remise des prix "Créatrices d’avenir", qui s’est déroulée le 9 décembre 2014.

La remise du Prix femmes architectes

Un an et demi après sa création, la jeune entreprise Artips est en pleine expansion. Coline a aujourd’hui 25 ans. Avec Jean, son associé qui est co-fondateur d’Artips, elle répond à nos questions.

Quel est votre parcours ?

Coline : J’ai fait un bac S à Valence, puis des études de sciences politiques, pour finir par un double master HEC/Sciences Po. J’ai eu la chance de passer la 3e année à Berkeley.  Dans les six derniers mois de mon master, j’ai fait des stages, dont un stage au Ministère des finances à Bercy, centré sur entreprises et innovation. J’ai commencé Artips alors que j’étais encore étudiante, et après avoir rencontré Jean, qui est devenu mon associé.

Jean : A la différence de Coline, j’ai travaillé après un triple master à Grenoble : 3 ans dans un grand groupe puis deux ans dans une start-up. Je suis un peu plus âgé qu’elle, j’ai 30 ans.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Coline : J’ai rencontré Jean dans un "start-up week-end". Le fonctionnement  est simple : les 10 meilleurs projets sont choisis et on y travaille tout le week-end non-stop. Bien sûr, ce qui a séduit, ce n’est pas la rentabilité du projet, mais l’idée. Le concept clef, c’était une dose d’art par jour.

Jean : J’étais venu à ce week-end plutôt pour voir comment cela fonctionnait… Je ne pensais pas démarrer une start-up aussi vite.

Pourquoi avoir fondé cette entreprise ?

Coline : Pour répondre à la frustration ! L’histoire de l’art, ça m’a toujours passionné. A Sciences Po, j’avais choisi cette option. Mais je n’avais plus le temps de me cultiver pendant les stages dans la finance. Cela me désespérait… et toutes ces expositions que je ratais !

Jean : Comme Coline et d’autres jeunes, je trouvais extrêmement frustrant de manquer de temps pour me cultiver, c’est ce qui nous a réuni.

Comment l’avez-vous lancée ?

Jean : Tout d’abord nous avons cherché à savoir si cela plaisait. En termes économiques,nous avons mis 1 000 € chacun au départ.  

Coline : Très vite, 1 000 lecteurs nous ont suivis. Aujourd’hui, ils sont 75 000.

Comment l’entreprise fonctionne-t-elle ?

Coline : Nos rentrées d’argent proviennent de plusieurs sources : les anecdotes sponsorisées pour les musées et celles qu’on écrit à la demande d’entreprises. Pour l’instant, nous avons 300 à 400 anecdotes en stock. Ensuite, il y a les produits dérivés. Avec les 20 anecdotes les plus appréciées par nos lecteurs-trices selon notre système de vote en ligne, nous avons réalisé en 2013 un premier livre que nous avons vendu à Noël. Il a fallu s’improviser dans de nouveaux métiers. Pour le deuxième, nous avons bénéficié du savoir-faire d’Hachette. Nous proposons aussi des conférences, des ateliers et des visites guidées payantes.

Jean : Nous allons aussi développer des applis. En termes d’organisation du travail, nous sommes 3 salariés permanents depuis qu’Amélie nous a rejoint. Mais nous travaillons avec de nombreux stagiaires, des spécialistes de l’histoire de l’art ou de la rédaction et des designers. En moyenne, avec les stagiaires et les personnes en free-lance, nous sommes 6 ou 7 à travailler dans nos locaux. Comme le nombre de rédacteurs a été multiplié par 10, nous organisons parfois des pots pour que les gens puissent se rencontrer.

Et pour la distribution des rôles ?

Coline : Nous nous impliquons à part égale sur la stratégie de communication, la comptabilité, les finances, la prospection commerciale. Mais Jean est plutôt opérationnel sur la création d’anecdotes, les questions informatiques et techniques, moi, plus dans le rôle de secrétaire de rédaction. Il y a un rôle essentiel, celui du grand sage, le professeur d’histoire de l’art qui est aussi à l’origine de cette aventure.

Jean : Gérard est celui qui valide. C’est notre caution, puisque nous ne sommes pas des spécialistes.

Quelle est votre journée type ?

Coline : Je n’ai pas de journée type. Mais chaque journée alterne les rendez-vous extérieurs, le travail du bureau, la comptabilité, la correction de textes, éventuellement un déjeuner avec un partenaire podcast, puis du travail sur le back-office, des prises de rendez-vous, etc. Le soir on peut décortiquer un contrat, se remettre sur la comptabilité, des questions de droit et répondre aux mails.

Jean : La même chose avec moins de rendez-vous et plus de temps sur les aspects techniques. Nous formons également les nouveaux rédacteurs à l’écriture d’Artips.

Qui sont vos lecteurs ?

Coline : Nos lecteurs ont de 15 à 98 ans. Notre site est utilisé par des lycéens et des étudiants pour les aider à préparer le bac ou s’entrainer aux épreuves de culture générale des concours, ou même des collégiens qui pensent pouvoir ainsi obtenir une bonne note au brevet.

Jean : Comme toutes ces anecdotes sont traduites en anglais, c’est une bonne façon de réviser son anglais. La traduction dans d’autres langues est prévue. Les œuvres sur lesquelles nous travaillons sont les plus connues mais au moins une fois par semaine, nous nous efforçons de surprendre. Les musées nous perçoivent en allié car nous savons nous mettre à la portée du grand public. Nous sommes des sortes de médiateurs.

Que vous apporte le prix "Créatrices d’avenir" ? 

Coline : C’est une reconnaissance. Et 5 000 €, cela nous aide pour la trésorerie. Nous avons obtenu d’autres prix en dehors de celui–là.

Jean : A chaque fois, cela ouvre de nouvelles portes : des institutions où il était difficile d’entrer nous sollicitent à présent.

Quels conseils donneriez-vous pour créer une entreprise ?

Coline : Connaitre le fonctionnement des entreprises, c’est ce que nous a appris notre formation, pour pouvoir le mettre en pratique rapidement. Savoir s’entourer, profiter des rencontres et des conseils, apprendre à oser, c’est un peu la devise dans les écoles de commerce. Au départ je croyais que c’était impossible… Et puis l’accélérateur du projet cela a été l’incubateur Camping avec des mentors, un soutien complet qui déclenche tout, etc.

Des regrets ?

Coline : Aucun…

Jean : J’avais déjà fait le tour de ce que je pouvais faire dans une grande entreprise et en tant que directeur d’un petit pôle de travail en start-up il n’y a pas de grosse différence avec mon travail actuel.

Entre le salaire et la liberté, j’ai choisi…

"Créatrices d’avenir" : un prix pour encourager les franciliennes à entreprendre

La remise du prix innovation à la fondatrice d'ARTIPS

Créer une entreprise ?

Les femmes qui le souhaitent doivent trouver de l’aide pour réaliser ce rêve. Le prix "Créatrices d’avenir" récompense des idées novatrices et généreuses qui prouvent qu’il est possible de créer des entreprises parfois là où on ne l’aurait pas soupçonné, avec la satisfaction de créer d’autres formes de travail, de choisir son emploi et ses associé-e-s.

La diversité des prix : "non traditionnellement féminin", "économie sociale et solidaire", "innovation", "quartiers ", "TPE", rencontre la diversité des parcours et des projets.

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