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Egalité filles-garçons : l’actualité des filières

Mixité bien ancrée pour le DUT Mesures physiques de l’IUT de Saint Denis

Ile-de-France - Créteil Paris Versailles / publication : 9 juin 2015
Des filles de 1re année du Diplôme universitaire de technologie (DUT) Mesures physiques (MP) témoignent. Elles racontent comment et pourquoi elles sont arrivées dans cette formation. Elles ont en commun une expérience de l’enseignement supérieur, en classe prépa ou en médecine. Elles apprécient les conditions de travail en DUT et surtout l’ambiance qui privilégie la réussite par l’entraide.

Quatre étudiantes en DUT Mesures physiques à l'IUT de Saint-Denis

 Quatre étudiantes du DUT MP à l’IUT de Saint-Denis témoignent

Yousra et Kasturi ont fait une année de médecine. Soukahina  et Naouel étaient en classe prépa l’an dernier. Toutes sont issues du bac S. Elles se sentent soutenues par leur famille, par leur mère notamment, dans leur choix d’études en DUT. Si Yousra s’interroge sur l’opportunité de compléter rapidement ce diplôme par une formation commerciale, les autres envisagent toutes une poursuite d’études en école d’ingénieur.

Comment avez-vous eu connaissance de cette formation ?

Yousra (Y) : J’habite à proximité. Je suis venue me renseigner directement. Ma mère m’a encouragée dans cette voie. Elle a une amie dont la fille a été formée ici. 

Kasturi (K) : C’est grâce à l’Onisep que j’ai découvert ce DUT, au moment des inscriptions via Admission postbac. On ne m’en avait jamais parlé en terminale. Après une première année PACES (études de santé), je n’ai pas voulu en tenter une deuxième. Il éxiste une bonne correspondance de contenus entre PACES et le DUT MP.

Soukahina (S) : J’étais en prépa scientifique l’an dernier. Ma prof de physique-chimie de terminale m’a toujours soutenue et au vu de mes difficultés en classe prépa, elle m’a suggéré cette formation.

Naouel (N) : Je me suis décidée pour le DUT MP, conseillé par mes profs de prépa, à la phase complémentaire d’Admission postbac et après m’être renseignée sur son contenu. Au lycée, on nous parle rarement des DUT, ou alors, sous une forme peu valorisante, comme s’il s’agissait d’une orientation honteuse après un bac S…

Les filles se censurent-elles par rapport à cette formation ?

Y : Le nom de ce DUT fait naître appréhension et préjugés chez les filles comme chez les garçons. Pourtant c’est une formation scientifique très large et bien adaptée à toutes les filières.

K : Cette formation est vraiment pluridisciplinaire mais si on s’arrête au titre Mesures physiques, ça bloque ! Et puis "Technicien", c’est toujours utilisé au masculin comme «"ingénieur", les filles peuvent se dire que ce n’est pas pour elles.

N : Pour moi, les professions s’écrivent au masculin comme l’enseignait notre prof de français qui était une femme et disait :"je suis un professeur". Mais pour autant, choisir ce DUT ne va pas de soi. Les filles ont tendance à se censurer. J’avais vérifié les proportions filles/garçons avant de m’inscrire : je n’aurais pas aimé être la seule fille.

S : Il faudrait changer le nom de ce DUT. Mettre les noms de métiers aussi au féminin, c’est important, c’est plus incitatif pour les filles.

Ce choix suscite-t-il des réactions négatives de la part de vos camarades ?

K : Aucune, ça ne leur viendrait pas à l’idée.

Y : C’est exactement comme au lycée.

S : La mixité est habituelle ici.

N: Aucune réflexion de la part de nos camarades de classe. Mais souvent dans d’autres sections, on nous croit en "techniques de commercialisation", comme si les filles scientifiques avaient une tête spéciale !

Qu’est-ce que vous appréciez particulièrement dans le contenu de cette formation ?

N : L’enseignement est varié, polyvalent, avec un gros module de communication, si bien qu’il y a autant de physique, de chimie et de maths que de matières littéraires, grâce, aussi, au poids de l’anglais. Et avec le contrôle continu, on sait où on va.

Y : La thermodynamique et l’anglais sont mes matières préférées. Globalement, ce qui est très appréciable, ce sont les savoirs appliqués. Tout ce qu’on apprend en théorie, on l’applique en Travaux pratiques (TP).

K : Moi je préfère la chimie, l’optique et l’anglais. 15 heures de travaux pratiques, ça a beaucoup d’avantages. Mais la présence aux cours n’empêche pas de travailler à la maison.

S : J’aime les maths et la mécanique et l’application des cours sur les instruments, particulièrement en optique.

Quel message donneriez-vous aux filles qui hésiteraient à choisir cette formation ?

N : On se sent bien, on travaille dans une super ambiance. L’image "des scientifiques pas drôles" ne tient pas ici. C’est très agréable quand on aime les sciences, de savoir qu’il existe, avec cette formation, des débouchés professionnels et des poursuites d’études.

S : Il faut qu’elles regardent le programme… C’est très accessible avec de la motivation et du travail régulier.

Y : Moi j’incite toutes les filles à venir ! On bénéficie d’une bonne entente, de bonnes conditions de travail. On veut réussir ensemble, il n’y a pas de clan.

K : Il y a beaucoup d’entraide et c’est totalement mixte, comme au lycée.

 

Portrait des étudiantes du DUT Mesures physiques de l’IUT de Saint Denis

 

Photos : Laurence Landais / Onisep IDF.

Xavier Duten, chef du département Mesures physiques à l’IUT de Saint-Denis

"Les filles représentent 40 % des effectifs cette année", précise Xavier Duten. "L’IUT de Saint Denis est l’un des premiers à avoir proposé ce DUT dans les années 70. Elles étaient 3% en 1971, et deux ans plus tard, le nombre de filles atteignait déjà 25 %. Depuis ce pourcentage est une moyenne, avec des écarts plus ou moins grands d’une année sur l’autre. Par rapport à d’autres DUT où les filles restent encore ultra minoritaires, ici, la mixité est bien ancrée. Quant à la poursuite d’études, filles et garçons, en très grande majorité, choisissent d’intégrer une école d’ingénieur."

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