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Agriculture : les métiers qui recrutent

Ile-de-France - Créteil Paris Versailles / Publication : 19 mars 2020
Au cours du dernier salon de l’Agriculture, en février 2020, de nombreux professionnels s’étaient déplacés au Parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, pour présenter leur métier. L’occasion pour l’Onisep Ile-de-France d’y collecter des informations sur la situation de l’emploi dans le secteur.

Les métiers agricoles souffrent encore d’images dépassées : l’ouvrier agricole exploité, le paysan épuisé par des horaires sans fin, les tâches ingrates et répétitives, l’absence de vacances, la pauvreté, l’isolement à la campagne… 

Or, ces préjugés négatifs ne résistent pas aux faits, car les salariés bénéficient désormais d’horaires classiques, l’automatisation autorise une certaine liberté, bon nombre de spécialités sont bien rémunérées, beaucoup de postes se situent en ville etc. Cependant, les clichés ont la vie dure et les jeunes ne se bousculent pas dans cette filière, alors même qu’elle représente un riche réservoir d’emplois.

Les métiers du lait : leur attractivité encouragée par un accord entre le Cniel  et l’Onisep

Filière Lait

Lors de ce salon de l’Agriculture, l’interprofession laitière et l’Onisep ont signé un accord visant à améliorer l’attractivité de cette filière, afin de renouveler les générations.

'Nous construisons une démarche globale pour plus de visibilité, d’attractivité et de représentation de nos métiers, explique Thierry Roquefeuil, président du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel)L’enjeu est fort, l’appropriation doit se faire par tous les publics concernés : les jeunes, les équipes éducatives, les responsables de formation de nos entreprises… '.

Aujourd’hui, 42 % des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans. Et l’industrie peine à recruter : 15 % des offres d’emploi en CDI ne sont pas pourvues et il faut compter en moyenne 12 mois pour recruter un nouveau collaborateur.

Les métiers du paysage : une branche méconnue des jeunes

Paysagiste

Le secteur des « super métiers du végétal », tel qu’il s’est autoproclamé, souffre de réels besoins, alors  qu’entre 2017 et 2019, il a compté plus de 7 000 créations d’emploi sur la France et 4 000 en Ile-de-France pour   le Grand Paris. Si l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep) manque de candidats, c’est parce que ses   métiers sont fort méconnus du grand public. 

Et pourtant, nombreux sont leurs atouts :

  • ils ont du sens car ils 'font du beau' (au départ : un terrain vague, à l’arrivée : un jardin) ;
  • ils sont accessibles par tous les niveaux de l’Éducation nationale (du CAP au diplôme d’ingénieur) ;
  • ils offrent une vaste palette de spécialités aussi variées qu’inattendues (cordiste, paysagiste d’intérieur, technicien en bureau d’études, spécialiste du béton, du fer, du bois ou de la pierre, créateur de toits végétalisés, installateur d’éclairages, arboriste-élagueur, pisciniste, infographiste-paysagiste, mécanicien d’engins…) ;
  • ils recrutent beaucoup en apprentissage, avec embauche à la clé ;
  • ils sont urbains ou périurbains, ne nécessitant pas de s’installer à la campagne.

 

Les métiers de l’agroéquipement : boudés pour cause d’image rétrograde

Agroéquipement

Dans le domaine du matériel agricole, la pyramide des âges est inversée car la plupart des acteurs sont sexagénaires. Ils seront partis à la retraite d’ici 2022, ouvrant ainsi un vaste marché de l’emploi pour les décennies à venir. Mais peu de jeunes sont attirés par ce secteur à l’image vieillotte. Il y a donc urgence à candidats, à tel point que le camion promotionnel L’aventure du vivant, soutenu par l’Onisep, devait visiter les lycées à travers la France de mars à mai 2020 – si le coronavirus n’avait pas frappé.

Les machines agricoles embarquent plus d’équipement de pointe qu’une automobile et engendrent donc une liste de métiers pour tous les goûts et tous les niveaux :

  • conducteur d’engins (un vrai gestionnaire de chantier capable d’allier conduite et savoir-faire, car il fait de l’épandage à grande échelle, du débardage extrême en forêt, de la récolte spécialisée, de la pulvérisation à risques…) ;
  • hotliner (dépanneur à distance, les tracteurs étant pourvus d’un bouton d’appel) ;
  • réparateur (aujourd’hui, il se doit d’être un électronicien très pointu, il ne travaille plus avec une boîte à outils mais avec un PC) ;
  • data scientist (anticipe les pannes, l’usure, la météo…) ;
  • vendeur (un vrai promoteur produit et manageur commercial, car il communique par les réseaux sociaux, fait du ciblage marketing, travaille sur un CRM – logiciel de gestion de la relation client…) ;
  • concessionnaire (grosse structure intermédiaire entre le constructeur et l’utilisateur, affichant de 5 à 20 millions de CA, avec une masse salariale de plusieurs centaines d’employés, dont beaucoup de fonctions supports) ;
  • constructeur (industriel à l’échelle européenne ou mondiale, employant soudeurs, métalliers, plasturgistes, statisticiens, logisticiens, roboticiens, ingénieurs informatiques, data analysts, interprètes… ; le CA peut monter à plusieurs milliards par structure).

 

Les métiers de l’agroalimentaire : la grande famille du bio en courbe ascendante

Agriculture bio

Agricultures bio et raisonnée, biodynamie, permaculture..., les modes de production durable avaient généré 118 000 emplois fin 2016 en France - soit 32 500 en seulement quatre ans. Une courbe expliquée par l’augmentation du nombre de producteurs bio entre 2011 et 2016 : + 40 %.

Or, de nombreux emplois se situent en zone rurale dans les exploitations et les sociétés de transformation, alors que la main-d'œuvre se trouve en ville.

Très souvent, ce sont de petites unités qui exigent plusieurs compétences de leurs salariés (travail à la ferme, transformation de produits, distribution de gros, vente au détail, activités de services comme conseil, recherche et formation, développement, services administratifs, contrôles spécifiques à la bio…)Le recrutement dans les territoires est donc en difficulté.

L’agriculture d’aujourd’hui : un attrait renouvelé par les progrès culturels et techniques

'L'aventure du vivant', pour faire connaitre tous les métiers et perspectives d'emplois dans les filières agricoles, du végétal, de la nature, des forêts...

 

Le monde agricole s’est métamorphosé en quelques décennies et véhicule désormais de nouveaux ressorts.

  • La place du vivant : qu’il soit animal ou végétal, le vivant a repris une partie de ses droits via la protection de la biodiversité, la prise de conscience de la souffrance animale, la recherche d’espèces anciennes…
  • La fibre écologique : le désir de préservation de l’environnement et le souhait d’une agriculture productrice de produits plus sains ont fait leur chemin dans toutes les professions agricoles. Même s’il s’agit parfois de greenwashing, les mentalités ont nettement changé.
  • Le retour de l’agronomie: l’agriculture non conventionnelle se base sur un juste retour à l’agronomie. Ceci sans sombrer dans une agriculture passéiste, car elle profite aussi des toutes nouvelles technologies.
  • L’ouverture aux femmes : à côté des métiers agricoles traditionnels exigeant de la force physique, de nouveaux postes accessibles aux femmes ont vu le jour, grâce aux machines plus performantes, à la robotisation, au tourisme à la ferme, à l’importance prise par l’administratif et la communication, à la vente en circuit court, à l’étude de la météo, à l’ingénierie agricole, à l’enseignement spécialisé, à l’expertise du data, au développement commercial…
  • La révolution technologique : les technologies d’avant-garde ont bouleversé les méthodes de travail. Désormais, drones, satellites, robotique, capteurs enterrés, machinisme électronique, cartographie, réseaux sociaux et R & D sont entrés dans le quotidien de l’agriculteur, afin de simplifier ses tâches, d’optimiser sa production et de limiter son impact environnemental.

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