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Le centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge : une réponse pour les jeunes sortis du système

Ile-de-France - Créteil Paris Versailles / Publication : 26 juin 2019
Le centre EPIDE accompagne les jeunes de 18 à 25 ans sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification vers une insertion sociale et professionnelle. Rencontre avec François Christmann, chargé de recrutement au sein d'un centre à Brétigny-sur-Orge (91).

EPIDE : groupe de volontaires

Intégrer un centre de l’établissement pour l’insertion dans l’emploi (EPIDE)

Au centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge, la moyenne d’âge des jeunes volontaires est de 19 ans. Ils sont tous en situation de décrochage scolaire et restent à l’EPIDE entre 7 et 10 mois, tout dépend de la nature des difficultés rencontrées par chacun : manque d’autonomie, troubles de l’apprentissage, addictions…, nous informe François Christmann, chargé de recrutement. En préliminaire, il faut s’assurer que leur démarche est bien volontaire et qu’ils répondent à certains critères. Après un entretien de pré-validation, ils participent à une journée de pré-admission avant d’intégrer le centre.

Appréhender le potentiel des jeunes

> Le rôle du chargé de recrutement n’est pas seulement de faire passer des tests au jeune, souligne François Christmann mais "d’appréhender sa situation, de comprendre au mieux comment exploiter ses capacités tout en gérant son état émotionnel. Il s’agit de mettre en place ce qui va être le plus favorable et le plus épanouissant pour lui".

Ainsi, un jeune reçu en entretien souhaitait intégrer l’EPIDE rapidement, mais n’était pas entièrement prêt à quitter sa mère en raison d’un contexte familial particulier. Une préparation psychologique était nécessaire avant de sauter le pas et cette décision lui a été salutaire… Parfois, il peut aussi arriver que "le volontaire doute de sa capacité à aller jusqu’au bout du parcours, surtout lorsqu’il est annoncé plus long que la moyenne, au vu des difficultés à surmonter". C’était le cas d’une jeune fille, confrontée à un problème d’addictions, elle était sur le point d’abandonner au bout de quelques semaines au centre. Interrompre le parcours pour faire le point ? Oui, c’est possible pour prendre du recul, par exemple. Elle a fini par revenir et ne le regrette pas…

Des volontaires aux profils très variés

"Une des caractéristiques du public accueilli à l’EPIDE, c’est l’hétérogénéité. Il y a un vrai brassage culturel et social. Au sein d’une même promotion peuvent cohabiter des volontaires aux profils très différents". Parfois, ils se présentent des jeunes au passé un peu chaotique et livrés à eux-mêmes, faisant même craindre "une sortie de route". Certains peuvent également être en grande difficulté scolaire, notamment d’expression orale. Ils vivront cette immersion de 8 mois avec d’autres jeunes bénéficiant de bien meilleures bases scolaires et ayant grandi dans un environnement familial plus apaisé. Le mérite de la pédagogie différentiée revient alors à l’équipe pédagogique qui construit avec chaque jeune un parcours "sur mesure".

Renouer avec le plaisir d’apprendre

Les jeunes accueillis sont en opposition avec l’école et ont besoin d’une autre pédagogie, leur permettant de progresser chacun à leur rythme et de se sentir valorisés. L’apprentissage à l’EPIDE se fait donc sans aucun devoir, ni contrôle, ni note ; il est très concret pour répondre aux besoins des jeunes. Lorsqu’ils arrivent à l’EPIDE, les jeunes sont tous, à différents niveaux, en déficit d’estime d’eux-mêmes et ne se projettent que dans des métiers dits "alimentaires".

Des projets choisis par les jeunes

"Pendant le parcours, on travaille la confiance en soi, le goût de l’effort". Les jeunes passent des attestations, participent à des actions solidaires et citoyennes. Après un temps, on voit éclore des projets. L’équipe pédagogique s’emploie également à explorer différentes pistes et chercher ce pour quoi le jeune est fait en utilisant notamment la méthode ADVP. S’il a lui-même une ou plusieurs idées, elle étudie avec lui la faisabilité de son projet, cherche une formation ou l’accompagne dans la conclusion d’un contrat de travail.

> "Dans tous les cas, l’équipe pédagogique aide le jeune à dévoiler ses capacités et s’assure que ses fondations sont solides avant de le laisser s’envoler".

Une discipline qui porte ses fruits

Le cadre proposé est structurant et cela tombe bien, car les jeunes en ont besoin, et même l’acceptent. Encore en pleine construction de leur personnalité, ils n’ont pas acquis suffisamment de repères. Au sein de l’internat, les jeunes partagent à trois une chambre et une salle de bains. "On se lève tôt le matin et on est sur le pont de 8h à 17h". Si les journées sont rythmées par des temps de formation et de travaux d’entretien collectifs, elles offrent également du temps libre, entre 17 et 19h : musique, jeux de société, billard, sports collectifs, etc.

> De même, "l’uniforme n’est pas vécu comme une contrainte pour la grande majorité des volontaires. Il faut même croire qu’ils s’y attachent puisqu’un certain d’entre eux se destinera à un métier où l’on porte l’uniforme. Sentiment d’appartenance à un groupe, de faire partie de la société"… une fierté pour certains qui s’imaginaient en être exclus.

Favoriser l’insertion des jeunes

François Christmann assure la promotion de l’EPIDE auprès de nombreux acteurs de l’orientation et de l’insertion professionnelle : Pôle emploi, CIO, MLDS, mission locale… En plus des partenaires institutionnels, il a noué des liens avec des clubs de prévention, le tissu associatif et notamment "Génération II citoyenneté intégration" mais aussi des clubs de sports et des commerçants de quartier afin de "toucher" le public le plus large possible. Avec des stages à chaque étape du parcours, des savoir-faire validés par des diplômes et certifications reconnus, les volontaires de l’EPIDE sont des profils prisés par les entreprises.

> La satisfaction pour François Christmann, c’est de "retrouver après sa sortie un jeune qui a réussi son insertion professionnelle ou de découvrir sur une page facebook un hommage rendu à l’EPIDE. Les témoignages de jeunes ne manquent pas et ce sont évidemment les meilleurs ambassadeurs qui soient".

Les centres EPIDE en Ile-de-France

Picto

L'Ile-de-France compte 2 centres EPIDE situés à Montry (77) et à Brétigny-sur-Orge (91). Ils reposent sur un système d’internat et de classe à effectifs réduits pour favoriser la réalisation du projet social ou professionnel des volontaires.

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