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La MLDS

Martinique - Fort de France / Publication : 16 octobre 2017
La mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) a deux finalités :
réduire, par des actions de prévention, le nombre de sorties sans diplôme ;
prendre en charge les élèves décrocheurs de plus de 16 ans en vue d'une rescolarisation et/ou d'une qualification reconnue, pour une insertion sociale et professionnelle durable.

MLDS

La Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS)

Jeunes de plus de 16 ans déscolarisés ou en voie de déscolarisation.

Quelles solutions?

 

Qu’est-ce que le décrochage scolaire ?

C’est un processus qui conduit un jeune en formation initiale à se détacher du système de formation jusqu'à le quitter avant d'avoir obtenu le diplôme préparé. L’interruption peut être  temporaire ou définitive.  Chaque année,1 500 jeunes martiniquais âgés de 16 à 25 ans  sont concernés. Depuis la première année de repérage de ces jeunes, ce chiffre évolue à la baisse mais est encore trop élevé pour notre territoire.

Quelles sont les conséquences ?

Les jeunes en situation de décrochage sont surexposés à certains risques. En effet, les personnes sans diplôme se trouvent davantage confrontées au chômage et occupent plus souvent des emplois précaires et peu qualifiés par rapport aux diplômés.

Agir pour la réussite scolaire

Lutter contre ce phénomène est un impératif pour l’Éducation nationale, qui assure la prévention, le repérage et le traitement du décrochage à travers des mesures spécifiques

La Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS), outil clé dans le dispositif opérationnel

La MLDStient une place essentielle dans la prévention des sorties sans qualification. Cette structure est rattachée au Service Académique d’Information et d’Orientation (SAIO) du Rectorat.

L’activité de la MLDS est développée autour de plusieurs objectifs :

- Favoriser la persévérance et l’accrochage scolaire.

- Prévenir le décrochage en agissant dès les premiers signes.

-  Apporter une expertise concernant l’accueil, la prise en charge et le suivi des décrocheurs tout au long de l’année et leur offrir des actions spécifiques sous statut scolaire. Les jeunes souhaitant préparer une formation dans le cadre du Retour en Formation Initiale (RFI) sont également reçus.

Public concerné

Jeunes de plus de 16 ans en voie de déscolarisation ou sortis du système scolaire sans possibilité immédiate de poursuite d’études ou d’insertion professionnelle. Sans qualification, sans solution.

La MLDS en action

Les actions proposées par la MLDS sont modulables. A chaque rentrée, un dispositif de repérage permet d’accueillir les jeunes non affectés, en rupture de parcours ou qui ont manifesté des signes de décrochage et de déterminer par la suite, les actions à mettre en place selon les différents profils. L’objectif premier de ces actions est de remobiliser les jeunes dans une dynamique de formation par un accompagnement individualisé.

 

5 questions à une coordinatrice de la MLDS : Christine SINECOINDIN

Question N° 1 : Parlez-nous de votre métier en qualité de coordinatrice de la Mission de Lutte Contre le Décrochage Scolaire (MLDS) ?                                                                                

Mon métier s’articule autour de quatre axes essentiels :

-                     L’ingénierie de formation,                 

-                     L’accompagnement personnalisé

-                     La coordination et l’animation,

-                     L’activité de conseil auprès du chef d’établissement.

Sur le plan de l’ingénierie de la formation, j’élabore des appels à projet à la demande des chefs d’établissement qui permettront la mise en place de dispositifs en faveur de jeunes se trouvant sans solution éducative. Ces dispositifs prennent en charge les jeunes dans le cadre d’une resocialisation, d’une remédiation portant sur les apprentissages de base ou d’une préparation à la qualification.

Sur le plan de la coordination et l’animation, j’organise des réunions de concertation et de suivi pédagogique avec les intervenants sur le dispositif. Conjointement, j’interviens sur la veille éducative en interne et en externe à partir d’outils et d’actions avec un réseau de collaborateurs et de partenaires.

Sur le plan de l’accompagnement personnalisé, j’effectue le suivi de chaque élève, afin d’aider les intéressés à l’élaboration de leur parcours de formation en collaboration avec les partenaires de l’orientation et de l’insertion.

En outre J’apporte un appui et un conseil technique au chef d’établissement pour tout ce qui concerne  la prise en charge des jeunes en situation de fragilité, et qui pourraient bénéficier d’un accompagnement propre à la MLDS.

Question N° 2 : Quel type de public prenez-vous en charge ?

Le public accueilli au sein de nos dispositifs concerne des jeunes sans solution âgés de plus de16 ans. Il convient de noter qu’à partir de l’actuelle rentrée scolaire, nous recevront désormais d’autres jeunes souhaitant préparer une formation dans le cadre du RFI (Retour en Formation Initiale).

Question N° 3 : Quels sont vos lieux d’interventions ?

Les lieux d’interventions sont les établissements scolaires (LP et Collèges) ayant un taux de décrochage scolaire important et les Centres d’Information et d’Orientation (CIO). Dans ces services, monsieur l’Inspecteur en charge de l’orientation, en liaison avec les directrices a mis en place un point insertion qui prévoit un accueil spécifique pour les jeunes déscolarisés et tout autre jeune en recherche d’une solution de formation débouchant sur une qualification. L’accueil se fait en collaboration avec une conseillère d’orientation-psychologue (COP), ou de manière autonome. La solution apportée au jeune se fait sur la base d’une analyse partagée prenant en compte l’expertise de l’orientation et celle de l’insertion.

Question N° 4 : Quel profil de formation faut-il avoir pour devenir coordinatrice de la MLDS ?

Les profils de formation du personnel de la MLDS intègrent des compétences relevant des domaines des sciences de l’éducation, de l’ingénierie de la formation, de l’insertion, de l’illettrisme ou encore de l’éducation spécialisée. Ces champs d’expertise sont relation avec la diversité des profils du public accueilli et des situations rencontrées sur le terrain.

Question N° 5 : Souhaitez-vous donnez votre avis sur ce métier ?

Etre coordonnatrice de la MLDS s’est avant tout un investissement important au service de jeunes, qui pour des raisons diverses, n’ont pas toujours pu tirer à un moment donné, le meilleur profit de l’Ecole.  Mais comme notre institution a le souci de l’égalité des chances et de la réussite de tous, elle offre des opportunités de seconde chance aux publics évoqués précédemment. Et c’est au service de ces jeunes que nous nous investissons, avec les autres acteurs des établissements scolaires et d’autres partenaires.

 Nous avons le devoir en tant que professionnels du champ de l’insertion, de les accompagner au mieux de nos possibilités, pour leur donner les outils qui, le moment venu, contribueront à leur future insertion sociale et professionnelle.

Ce sont tous les jeunes sans exclusive, qui constituent la richesse de la Martinique, et qui demain, contribueront à son développement. 

 

Questions posées à Monsieur Jean-Marc RICHER, Proviseur du LP Jean-joseph DUMAS

Question N° 1 : Quel regard portez-vous sur le décrochage scolaire ?                                                                    

Le décrochage scolaire est une problématique importante au lycée professionnel, avec de manière concomitante, beaucoup de souffrance au sein de la structure familiale. Il interroge également sur l’emploi des jeunes non qualifiés et plus largement, entraîne des coûts importants pour la société. D’un point de vue économique et sociétal, mener une action contre le décrochage scolaire est une obligation car il est fondamental d’améliorer les compétences de notre jeunesse.

Le chef d’établissement a un rôle important à jouer au niveau de la prévention. Les notions de bienveillance, de rigueur et de progrès sont essentielles pour amener les jeunes vers le succès. D’autre part, le rôle de l’équipe pédagogique est déterminant car elle véhicule les pratiques. Par exemple, l’accueil de l’élève qui rencontre des difficultés nécessite que les enseignants comprennent l’ampleur de la tâche. S’ils réussissent avec ce public, ils réussiront sur le global, ce qui permettra de se concentrer sur la réussite de tous.  Quand l’élève réussit, il est heureux et tout se passe bien.  

Pour ce faire, il est indispensable de changer les pratiques pour arriver à une prise en charge personnalisée qui permettrait à des élèves en difficulté de réussir. Chaque élève doit être considéré comme un individu avec ses propres caractéristiques. De plus, les enseignants devraient être sensibilisés à la valorisation de l’élève, encourager son travail et adapter les outils pour le faire progresser.

Le décrochage scolaire est l’affaire de tous, nous devons travailler ensemble de façon cohérente, rompre l’isolement et prendre en charge collectivement l’élève dans sa globalité (environnement, famille, déviance(s), orientation, etc.).

Question N° 2 : Quelle politique appliquez-vous au sein de votre établissement pour prévenir le décrochage ?                                                                                                                                                                                        

De manière générale, la prévention du décrochage se traduit par la mise en œuvre des mesures Institutionnelles. Il s’agit avant tout de faire vivre ce qui est une obligation et non de réinventer (le groupe de prévention du décrochage scolaire -GPDS- l’accompagnement personnalisé, la Maison du lycéen, etc.).

La politique de prévention s’articule autour de deux éléments :

- L’application de la politique de l’établissement qui est construite à partir de la circulaire de rentrée.

- Faire en sorte que les actions développées aient un sens commun.

S’agissant du second point, le projet de l’établissement est annuel et non sur 3-4 ans. En effet, cette période permet de ne pas oublier l’objectif principal, d’évaluer le projet et de l’ajuster en fonction des constats. Nous définissons quelques axes de référence et développons des actions autour de ceux-ci, le décrochage faisant partie d’un axe fort. Il faut une cohérence d’ensemble et ne pas faire vivre des actions adossées les unes aux autres.

L’élève est mis en position de réussite et son travail est valorisé à travers différents types d’actions comme :

- la réalisation de défilés de mode,

- un marché pédagogique

Ces actions permettent de montrer les productions de chaque filière. L’idée n’est pas de faire voir l’excellence mais le travail de tous. En plus de cela, nous avons un canevas pour organiser les enseignements, la vie scolaire, etc. Par ailleurs, nous évitons les exclusions des cours.

Question N° 3 : Sous quelles conditions acceptez-vous un décrocheur désireux de reprendre sa scolarité dans votre établissement ?                                                                                                                                            

Il n’y pas de condition. J’applique au mieux « les obligations institutionnelles ». Toutefois, un entretien est réalisé avec l’élève et ses parents avant de réintégrer le milieu scolaire. C’est un temps de dialogue qui permet de comprendre le parcours du jeune. On utilise le contrat de confiance avec l’élève et sa famille, tout en sachant qu’on ne peut pas passer de l’ombre à la lumière. Il ne faut pas s’attendre à ce que le jeune emboite le pas du premier coup. La reprise de scolarité implique l’aménagement d’un parcours en imaginant toutes les possibilités et la réalisation d’un suivi.

Travailler exige de l’intérêt, ce qui passe par la mise en place d’ateliers de remotivation, un accueil personnalisé, montrer qu’on fait attention au jeune. Le rôle de chacun est important dans l’intégration du jeune. L’objectif étant d’en « sauver un maximum » en proposant des mesures adaptées à chaque profil, il n’y a pas de traitement global.

En début d’année, nous avons reçu un jeune qui avait décroché depuis quatre ans. Il bénéficie d’une prise en charge par les services sociaux. L’élève à intégré une première et son retour s’est fait sans difficulté il est beaucoup plus mature. Cet exemple montre bien qu’un changement de pratiques peut amener à des résultats concluants même si ce processus s’avère long.

Question N° 4 : Quel serait la plus grande difficulté pour parvenir à l’objectif national de diminuer de moitié le nombre de décrocheurs ?                                                                                                                                          

Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de travailler en équipe autour du projet de l’élève ; exercice qui s’avère difficile. En effet, il y a des problématiques propres à chaque établissement et à chaque élève. 

La complexité du décrochage ne facilite pas le travail en synergie, il faudrait travailler sur les 4 leviers :

- La relation avec la famille

- La relation « enseigner/enseignant»

- Améliorer les causes liées au système (ex : orientation)

- Travailler sur le jeune

D'autre part le changement des pratiques pédagogiques nécessite un certain temps.

 

Prévention du décrochage : quelques conseils aux parents

- S’investir dans la scolarité de vos enfants (connaître la formation suivie, assister aux réunions, répondre aux rendez-vous donnés)

- S’assurer de leur assiduité

- Connaître la raison des absences

- Porter une attention particulière aux devoirs

- Montrez que vous vous intéressez à ce qui se passe dans l’établissement en leur posant des questions à leur retour de classe

- Etre attentif à leur comportement

- Valoriser l’importance de l’Ecole et l’acquisition d’un diplôme pour avoir une chance de trouver du travail plus tard

- Ne pas avoir peur de demander de l’aide à l’équipe éducative

 

Point Infos - Education Nationale :

Les CIO – accueil physique du public                                     

- CIO Fort de France : 0596 63 12 88                                    

- CIO Lamentin : 0596 57 00 11                                              

- CIO Marin : 0596 74 90 93                                                     

- CIO Trinité : 0596 58 12 20                                                  

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