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Mon métier au quotidien

Orfèvre : l’élixir de jeunesse des pièces d’orfèvrerie

Métiers d'art

Haute Normandie - Rouen / Publication : 5 novembre 2018
Entre ses mains expertes, naissent ou renaissent des couverts, timbales, tabernacles, aiguières, chandeliers… Spécialiste du métal, l’orfèvre est un artisan d’art minutieux et talentueux, à l’image de Sandra Montinari : orfèvre à Rouen, cette passionnée a repris il y a 2 ans l’atelier de l’Argenteur. Un pari osé et ambitieux qui demande néanmoins quelques concessions. Rencontre.

Sandra Montinari, orfèvre © Onisep Normandie Rouen

Plusieurs métiers en un

"Les missions d’un orfèvre peuvent être vastes". Mais à la base, on distingue "l’orfèvre fabricant" de "l’orfèvre restaurateur". Sandra a opté pour la restauration : "j’ai appris à fabriquer à la main, au marteau, mais je ne le fais pas car le coup de main d’œuvre est énorme et il est difficile d’en vivre !" Son rôle est donc de restaurer les pièces d’orfèvrerie : ciboires, calices, patènes, couverts, chandeliers, verseuses, théières… "La restauration va de la simple soudure au débosselage-planage en passant par le polissage ou encore l’argenture", nous explique Sandra. "Cette théière, par exemple, fuit : il faut donc que je trouve d’où vient la fuite, que je nettoie la théière qui est remplie de tanin, que je répare la fuite à la soudure étain et que je repolisse derrière". Des activités variées propres en réalité aux différentes spécialités du métier d’orfèvre : "vous avez le monteur, le polisseur, le tourneur-repousseur, le ciseleur, l’argenteur…" Mais quand on est à son compte comme Sandra, la polyvalence est de mise ! Les restaurations qu’elle effectue lui sont demandées à 90% par des particuliers. Mais il arrive également qu’elle restaure des pièces qu’elle aura "trouvées dans des brocantes ou des dépôts-ventes", avant de les mettre en vente dans son atelier qui fait aussi boutique.

Un artisan chimiste

Tour à tour polisseuse, argenteuse ou encore vendeuse, Sandra est avant tout une artisane aux qualités manuelles indéniables. Elle manie le marteau, le chalumeau, "pour braser à l’étain ou à l’argent", le tour à polir… Tous les métaux passent entre ses mains expertes :
"traditionnellement, un orfèvre est un artisan de l’or. Sauf que maintenant, la vaisselle en or n’existe presque plus : peu de gens ont les moyens de se payer ce genre de vaisselle. Donc on se tourne vers l’argent, même si l’argent massif n’est pas non plus à la portée de tout le monde. Après vous avez le métal argenté, le cuivre, le laiton, le maillechort, le bronze… En fait mon travail s’élargit en fonction de ce que les clients me ramènent". Pour argenter les pièces qu’on lui confie, Sandra se transforme en véritable "petit chimiste" : dégraissage électrolytique, à l’ultrason, déroché à l’acide, bains d’argenture, rinçage à l’eau déminéralisée…
Les étapes de l’argenture sont précises et techniques et demandent un savoir-faire presque scientifique. Compétences manuelles et connaissances en chimie se combinent et redonnent ainsi aux pièces d’orfèvrerie "une seconde vie".

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?"

Sandra Montinari, orfèvre

Sandra Montinari, orfèvre

A cette question de Lamartine, un orfèvre vous répondra certainement 
"ou". Pour Sandra, "recevoir une pièce qui paraît perdue, irrécupérable et la rendre brillante, comme neuve, est la plus belle des satisfactions." Ces pièces ont souvent une valeur sentimentale pour leurs propriétaires : reçues comme legs, souvenir d’une personne, d’un voyage… Ce ne sont pas forcément des pièces d’exception mais "elles ont une histoire" et retrouvent une seconde jeunesse entre les mains de Sandra. D’autres sont plus précieuses, comme cette "toute petite verseuse en argent massif qui date d’avant la Révolution !" Émerveillée par l’Histoire de cette pièce, Sandra retrouve dans l’orfèvrerie ses premiers amours pour l’archéologie. 
"J’ai une maîtrise en archéologie. J’aimais beaucoup ce que je faisais mais je trouvais que je n’étais pas assez sur le terrain. J’avais envie de me sentir utile, de passer à l’artisanat. Je me suis rendue compte que j’aimais les arts du feu et je me suis donc lancée dans l’orfèvrerie". Sandra passe alors le CAP d’orfèvre-monteur en formation continue. 3 ans plus tard, la voilà à son compte.

Ténacité et passion avant tout !

"Pour se mettre à son compte, il faut plusieurs années d’expérience dans le métier. Je pensais que j’allais travailler au moins 5 ou 10 ans avant de m’installer. Sauf que quand ce genre de boutique cherche repreneur, il faut y réfléchir à 2 fois", explique Sandra. Les places sont rares en effet. En Haute-Normandie, Sandra est la seule à exercer. Après avoir découvert l’annonce par hasard, elle décide donc de se lancer et quitte la Champagne-Ardenne : "il faut être mobile et ne pas avoir peur de prendre des risques !" Car des risques, il y en a beaucoup ! Les débuts d’un orfèvre à son compte sont difficiles : l’investissement est important, les matières premières coûtent cher et il faut se constituer une trésorerie, ce qui n’est pas évident. "Ce sont de grosses concessions au début. C’est un métier de passion et il ne faut pas le faire en se disant que l’on va être riche." Pour les jeunes diplômés, des places sont à prendre sur Paris où "’il y a davantage d’entreprises et d’artisans". Mais il faudra néanmoins persévérer, "être tenace, passionné et courageux", pour réussir dans ce métier. Un conseil appliqué jour après jour par Sandra, dans son atelier de la rue des Bonnetiers.

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