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Mon métier au quotidien

Chercheur en chimie : un savant fou… des sciences !

Métiers de la chimie

Haute Normandie - Rouen / Publication : 12 juillet 2013
Qui dit chercheur pense souvent blouse blanche, cheveux en bataille et grande solitude devant sa paillasse. Une idée reçue ! Car loin d’être « enfermés » dans leurs travaux de recherche, les chercheurs sont au contraire de parfaits communicants qui cumulent les fonctions et les missions. Tour à tour enseignant, encadrant, auteur et bien sûr chercheur, Ludovic Jean, chercheur en chimie à l’Ircof (institut de recherche en chimie organique fine), démystifie ce métier. Rencontre.

Ludovic Jean, chercheur en chimie à l’IRCOF

De l’idée au produit final

Bon d’accord, le chercheur en chimie porte une blouse blanche, des lunettes et des gants… Mesures de sécurité obligent ! Il faut dire que les produits qu’il manipule peuvent être dangereux. Et que les expériences menées n’ont pas toujours les résultats escomptés… Heureusement, la recherche permet de faire avancer la science. Ludovic, en l’occurrence, cherche un remède contre l’Alzheimer. Il explique comment : "dans notre laboratoire, on détermine les molécules actives sur une certaine enzyme afin de trouver un traitement contre la maladie d'Alzheimer. On s'informe des avancées des autres équipes de recherche à travers les publications, parce que le but n’est pas de refaire mais d’innover ! Puis on concrétise les idées par des expériences : on synthétise des molécules à l'aide de réactions chimiques, comme si on jouait avec des Lego ou des briques ; il faut les associer pour produire la molécule finale qui, dans le meilleur des cas, sera développée en médicament." Cependant, avant de parvenir à un résultat positif, le chercheur en chimie essuie souvent de nombreux échecs. "En chimie, l’idée que l’on a au départ et le résultat dans le ballon de réaction peuvent être très différents". Ludovic ajoute donc qu’il faut "être combatif, avoir de la persévérance et surtout être passionné" pour faire ce métier "qui demande énormément".

Une profession pluridisciplinaire

D’autant plus que le chercheur en chimie ne fait pas que de la recherche. Notamment les enseignants-chercheurs comme Ludovic qui exercent dans un laboratoire universitaire. Qu’ils soient maîtres de conférences ou professeurs des universités, ils "ont pour mission de faire aussi bien de la recherche que de l’enseignement". Ludovic donne ainsi "des cours de la licence au master, en passant par l’IUT ou la médecine". A cela s’ajoute un 3e volet "administratif", "c’est-à-dire que l’on doit gérer et s’impliquer dans l’organisation des filières", explique Ludovic. Autre mission : encadrer les doctorants. "Le contact avec les doctorants est extrêmement passionnant : approfondir leurs connaissances techniques comme théoriques, les guider dans leurs choix futurs, les conseiller en fonction de leur potentiel…", plaît beaucoup à Ludovic. Enfin "le rôle d’un maître de conférences est également d’écrire des publications", de "communiquer les résultats du laboratoire". "Ce sont essentiellement des publications écrites, mais on est aussi souvent amenés à participer à des congrès et à faire des communications orales sur nos suivis de recherche". Scientifique, pédagogue, encadrant, écrivain, orateur… Le chercheur en chimie a plus d’un tour dans son sac !

Une entrée dans la vie active tardive

La route est longue avant de pouvoir prétendre au titre de "chercheur en chimie". Ludovic a d’abord commencé par l’université : un DEUG à l’époque, suivi d’une maîtrise (l’équivalent d’un master 1 aujourd’hui). Il se dirige ensuite vers une école d’ingénieurs, l’Ensicaen. Il est recruté en 2e année sur dossier et s’aperçoit alors que la chimie organique et la recherche lui plaisent : "j’étais passionné par ce que je faisais !", s’exclame-t-il. Il se dirige donc vers une thèse, après avoir passé un DEA (l’équivalent du master 2 recherche) en parallèle de la 3eannée d’école d’ingénieurs. Il obtient un financement pour une thèse à Caen, puis effectue des post-doctorats : à Paris, en Allemagne... Ce n’est qu’à plus de 30 ans qu’il devient maître de conférences à l’université de Rouen. D’après lui, "les stages post-doctoraux sont nécessaires". Car multiplier les expériences est indispensable pour trouver un poste de chercheur : "il faut un CV de plus en plus imposant, en termes de publications et d’expériences à l’étranger". Les places sont en effet rares et les candidats nombreux : "pour un poste de maître de conférences il y a environ une centaine de dossiers", nous dit Ludovic. Si vous souhaitez vous orienter dans la recherche, persévérance et motivation sont donc de mise. Prochaine étape pour Ludovic : devenir professeur des universités, le grade supérieur au maître de conférences. Un objectif qui demande encore quelques années d’expériences professionnelles comme scientifiques. Le temps de trouver ce fameux remède contre l’Alzheimer ? A suivre…

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Le site de l’Ircof
Inauguré en juin 1997, l’Ircof accueille près de 180 personnes dont environ 70 chercheurs ou enseignants chercheurs. Plus de 60 doctorants y effectuent des thèses. Les Laboratoires de recherche sont impliqués dans plusieurs grands domaines de la chimie organique : synthèse asymétrique, chimie organométallique, chimie bioorganique, analyse, modélisation et sciences séparatives…
Plus d’infos sur le site de l’Ircof

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