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Mon métier au quotidien

Animatrice du patrimoine : un métier fait "d’art et d’histoire"

Métiers de la culture et du patrimoine

Haute Normandie - Rouen / Publication : 12 juillet 2013
Visites guidées, colloques, randonnées, parcours découverte… L’animateur du patrimoine vous permet de découvrir le patrimoine naturel, architectural, culturel et immatériel de votre ville. Une mission chère au cœur de Sabine Delanes, animatrice de l’architecture et du patrimoine pour la ville de Rouen. Rencontre.

Sabine Delanes, animatrice de l’architecture et du patrimoine © Onisep Haute-Normandie

Entre sensibilisation et éducation

Animer le patrimoine, c’est "organiser des événements qui ont trait à la sensibilisation et à la découverte du patrimoine", explique Sabine. En l’occurrence "le patrimoine très ancien, le patrimoine récent, l’urbanisme et l’architecture contemporaine" de la ville de Rouen. Mais ce n’est pas tout : "on développe maintenant des actions autour du patrimoine immatériel (les métiers, les savoir-faire, la mémoire des habitants…)." La valorisation du patrimoine de la ville passe aussi par sa conservation et sa restauration. "On veille à la bonne conservation des monuments et objets mobiliers qui appartiennent à la ville de Rouen, c’est-à-dire les objets présents dans les églises (autels, orgues, vitraux…), les statues des jardins publics, etc." Sabine organise d’ailleurs des "visites de chantiers de restauration" pour y découvrir notamment le quotidien des tailleurs de pierre, architectes, maçons… Des activités variées pour un même objectif : éduquer au patrimoine ! "La notion de pédagogie est en effet essentielle : il faut essayer de faire en sorte que le public regarde et observe de lui-même la ville".

Pour tous les publics

Le public en question est essentiellement rouennais. "Ce que l’on organise pour les locaux peut intéresser les touristes mais ils ne sont pas notre cible première". Les actions s’adressent donc à "l’ensemble des publics" rouennais, "quel que soit leur degré de connaissances du patrimoine. On peut proposer des actions très pointues, organiser des colloques et conférences spécifiques. Ou mettre en place des actions plus ludiques pour les personnes qui n’ont aucune connaissance du patrimoine : ateliers pédagogiques pour les enfants et visites contées ou visites spectacle par exemple pour les adultes". Autres publics : "les publics dits empêchés, c’est-à-dire les personnes qui n’ont pas directement accès à la culture (hospitalisées, défavorisées, sous main de justice, en situation de handicap…)." Mais attirer ces différents publics n’est pas toujours facile : "en général, on ne fait pas de visites du patrimoine dans sa propre ville. Ce qui paraît évident quand on est en vacances ne l’est pas du tout dans sa ville", déplore Sabine. En outre, "les visites guidées rappellent souvent de mauvais souvenirs". C’est pour cela que Sabine cherche constamment à mettre en œuvre des actions innovantes et séduisantes. Une mission que seules sa générosité et sa passion pour le patrimoine peuvent l’aider à remplir.

Passion, générosité et disponibilité

Car pour mettre en valeur le patrimoine, encore faut-il l’apprécier à sa juste mesure ! Sabine a "toujours été intéressée par l’architecture, les villes, le bâti". Avant d’être animatrice du patrimoine, elle travaillait dans "un service d’archives", "le domaine patrimonial par excellence". Autre condition pour s’épanouir dans ce métier : "s’intéresser à la diversité des publics". D’après Sabine, "il faut être dans une démarche de partage". Un besoin de générosité qu’elle ne parvenait pas à combler dans les archives : "ce qui m’a attirée dans le métier d’animatrice du patrimoine est le rapport avec le public". Car non seulement il faut des connaissances en histoire et histoire de l’art, mais il faut surtout savoir "comment s’adresser au public et chercher du public". Des qualités relationnelles également nécessaires pour "travailler en équipe" : "on doit animer une équipe de conférenciers, créer des liens avec des institutions, fédérer un réseau autour des projets qu’on essaie de mener". Enfin l’animateur du patrimoine doit être disponible : "les actions que l’on propose se passent aussi le week-end et le soir, donc il arrive que l’on soit mobilisé en dehors de nos heures de travail habituelles". Une contrainte néanmoins dérisoire quand on est passionné comme Sabine.

Un métier rare et difficile d’accès

Comme la plupart des "métiers passion", les postes d’animateur du patrimoine restent rares. "Ce métier n’existe que dans les collectivités qui ont obtenu le label "villes d’art et d’histoire"." Ce label est "octroyé par le ministère de la Culture à des villes, agglomérations ou groupements de communes qui s’engagent à mettre en œuvre une politique de valorisation de leur patrimoine", explique Sabine. On dénombre aujourd’hui 166 villes labellisées ce qui veut dire autant de postes d’animateur du patrimoine. Un chiffre minime qui peut en décourager certains. D’autant plus que pour obtenir un poste, il faut d’abord avoir le concours d’attaché de conservation et réussir ensuite celui d’animateur du patrimoine. "Il ne faut pas hésiter à envisager d’autres métiers dans cette branche avant de devenir animateur du patrimoine car il y en a très peu", conseille Sabine. Il faut "s’armer de courage" et persévérer car "c’est vraiment un super métier !".

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