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Mon métier au quotidien

Antiquaire : un œil avisé au service des antiquités

Métiers de la culture et du patrimoine

Haute Normandie - Rouen / Publication : 4 octobre 2012
Meubles d’époque, argenterie, céramiques, tableaux, lustres, pendules, sculptures… Autant d’objets anciens et parfois oubliés que l’antiquaire expose et met en valeur dans sa boutique. Bruno Questel, antiquaire à Rouen, nous livre les clés d’un métier essentiel au commerce de l’art.

Bruno Questel, antiquaire

"Conserver" les objets

Tel "un conservateur de musée", l’antiquaire détient une "mission de conservation" d’après Bruno. C’est-à-dire qu’il déniche des objets, des meubles, des œuvres d’art, les remet en état puis les vend : il poursuit donc leur vie, à la manière du conservateur de musée, sauf que ce dernier ne vend pas les objets qu’il expose. Pour les trouver, Bruno se rend chez des particuliers : "les gens m’appellent, je vais chez eux et je leur achète ce qui est à vendre ou ce qui me plaît", explique-t-il.
"Autrement je me fournis dans les déballages et un peu dans les salles de ventes." Une fois ces trésors achetés, Bruno les fait restaurer si besoin : "je travaille avec des ébénistes, des restaurateurs de tableaux, de lustres, des abajouristes, doreurs… Chaque restaurateur est spécialisé dans un domaine. Je travaille par exemple avec un ébéniste spécialisé dans les bois vernis, les acajous et les marqueteries et avec un autre spécialisé dans les bois laqués et les bois naturels". Les objets restaurés peuvent ainsi être vendus, "prêts à poser ou utiliser". Bruno est également expert et peut donc "faire des inventaires et délivrer des certificats d’authenticité".

Un métier cosmopolite

Pour devenir antiquaire, il faut une boutique et des objets à vendre, ce qui suppose un "apport d’argent au départ". Mais quand on est commerçant, les charges sont très lourdes et l’antiquaire débutant peine donc à s’en sortir. D’autant plus qu’il doit se constituer une clientèle, un "carnet d’adresses". Bruno explique que ses clients sont "des gens du 3e et 4e âge. Parfois des quadragénaires lors de divorces. Mais ce sont surtout des gens âgés qui pensent à leur succession." Or cette clientèle "s’amenuise" : "il n’y a pas de renouvellement", s’inquiète Bruno. La solution semble donc de se tourner vers l’international. "J’ai des clients en Espagne, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Chine et même en Russie". Une clientèle cosmopolite que Bruno acquiert notamment grâce à son site Internet : "je vends 60 à 70% par internet", nous explique-t-il. "Avec Internet, on touche la planète entière". Mais qui dit clientèle éloignée dit déplacements nombreux. "Je vais livrer assez loin. Je pars 2 ou 3 jours parfois car certains objets ne peuvent être livrés par la Poste". D’après Bruno donc, "il faut aimer bouger" pour faire ce métier.

La passion des objets

Malgré cette clientèle internationale, les revenus de l’antiquaire ne sont pas toujours assurés. "Ce n’est pas un métier comme les autres", explique Bruno. "C’est du luxe, donc il est impossible de savoir si je vais vendre tel tableau, si les gens vont avoir envie de tel objet dans ma vitrine. Je pars de zéro tous les mois". Et certains mois sont particulièrement difficiles : "il y a des moments très durs où l’on se dit que ça n’a plus vraiment d’intérêt, qu’il faudrait penser à se reconvertir. Il faut s’accrocher et si l’on n’est pas passionné, on peut vite abandonner". Heureusement, cette passion, Bruno l’a en lui depuis tout petit : "j’ai toujours été attiré par les choses jolies et anciennes. Je les trouve poétiques. Elles possèdent une harmonie, une poésie et un vécu qui m'intéressent beaucoup. Ce qui me plaît le plus, c'est les mettre en valeur : trouver le cadre qui va magnifier un tableau par exemple. Les objets que je découvre sont souvent dans un état épouvantable : je les fais restaurer, je leur trouve une maison où ils sont de nouveau choyés et ça repart pour une génération ou deux. C’est pour ça que je voulais faire ce métier. Pour sortir de l'anonymat et de l'oubli des antiquités, pour les remettre là où elles doivent être !"

Avoir "l’œil"

Mais plus que la passion des objets, il faut également avoir "l’œil", c’est-à-dire "percevoir la poésie de l’objet", comme nous dit Bruno et connaître son histoire. "Quand on achète un tableau, il faut savoir s’il est du XVIIe, du XVIIIe ou du XIXe siècle". Cet "œil" s’acquiert. Bruno est autodidacte et a acquis ses connaissances lui-même, par des lectures notamment. Mais il a également "baigné dans les salles de vente depuis toujours". Il avait en effet "des antiquaires dans sa famille depuis 2 - 3 générations, des artistes, des peintres…" 
Ses parents l’emmenaient "visiter des châteaux, des églises…" "Ils m’ont permis d’acquérir cette culture qui me sert maintenant depuis que je fais ce métier", nous explique Bruno. Juriste de formation, il se lance donc dans l’aventure des antiquités à 30 ans afin d’exercer ce "métier de passion qui ne ressemble à aucun autre" et répondre à sa vocation première, à ses objets qui lui parlent tant…

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    Installé depuis 1998 dans le quartier historique de Rouen, Bruno Questel est un antiquaire expert agréé. A découvrir dans sa galerie : meubles parisiens et provinciaux, tableaux et objets d'art des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, pièces de haute époque... Il est à votre disposition pour toute expertise, inventaire, succession, conseil en décoration.

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