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Mon métier au quotidien

Commissaire-priseur : inventorier, estimer, adjuger et vendre

Métiers de la culture et du patrimoine

Haute Normandie - Rouen / Publication : 30 octobre 2012
Les objets courants comme les objets d’art n’ont pas de secret pour lui. Expert appelé dans le cadre de successions, liquidations judiciaires ou encore expertises, le commissaire-priseur inventorie les objets qui lui sont soumis et organise leur vente avant de jouer de son marteau. Guillaume Cheroyan, commissaire-priseur à Rouen, nous parle de son métier.

Guillaume Cheroyan, commissaire-priseur © Onisep Haute-Normandie

L’activité judiciaire

"L’activité judiciaire a plusieurs volets", explique Guillaume. L’activité judiciaire au commerce est constituée des prisées, c’est-à-dire des inventaires que l’on fait dans le cadre des procédures collectives (redressements et liquidations judiciaires). Guillaume reçoit ses dossiers du tribunal de commerce qui "rend des décisions pour placer des sociétés soit en redressement, soit en liquidation judiciaire". Son rôle est alors de se rendre "sur le site" : "on inventorie les actifs, on chiffre en valeur d’exploitation dans le cadre d’une poursuite d’activité et en valeur de réalisation (valeur vénale aux enchères publiques) s’il n’y a pas de repreneur". Une tâche délicate car la plupart du temps, "les gens sont en détresse". L’activité civile ensuite concerne les tutelles et curatelles. Sans oublier "les successions vacantes", c’est-à-dire sans héritier et recueillies par l’Etat.

L’activité volontaire

"Dans l’activité judiciaire au commerce, on peut être amené à vendre du matériel informatique, des véhicules, des usines…" L’activité volontaire quant à elle est davantage tournée vers les objets d’art et les objets courants. Ces objets sont expertisés ou estimés par Guillaume avant d’être vendus aux enchères. Cela peut se faire "dans le cadre successoral, d’un partage entre plusieurs personnes, pour une question d’assurances, ou encore pour établir le quantum d’une déclaration d’impôt sur la fortune". Guillaume est ainsi capable d’estimer des tableaux, des meubles, des bijoux, des livres, des timbres, etc. Après avoir estimé ou expertisé, il s’occupe de l’organisation de la vente de ces différents objets, de la publicité autour de cette vente et enfin de la vente en elle-même.

Une clientèle restreinte

Un commissaire-priseur peut ne faire que des ventes judiciaires ou des ventes volontaires. Mais "ceux qui peuvent prétendre faire uniquement de l’activité volontaire ne sont pas nombreux", nous dit Guillaume. Ce dernier a donc choisi de cumuler les deux, augmentant ainsi sa clientèle qui, d’années en années, "s’épuise et ne se renouvelle pas". Guillaume explique en effet que « le métier est fait de mobilier style Louis XVI, de tableaux d’artistes confirmés… Or, les jeunes sont de moins en moins intéressés par l’ancien. Pas facile donc de trouver des clients dans les générations à venir ! Autre difficulté : l’avènement d’Internet qui "a mis à mal le secteur des objets d’art". Les gens peuvent désormais vendre directement sur la toile, "en se passant des intermédiaires que nous sommes". Mais "ce faisant ils se passent des conseils avisés d’un professionnel qui sait donner un niveau de prix". Les objets sont donc parfois vendus pour un prix dérisoire, ce qui dévalue le marché de l’art. Pour faire face à cette crise, les commissaires-priseurs ont dû s’adapter, "voire trouver de nouveaux marchés". Guillaume a ainsi constaté "l’apparition du marché de la photographie ou celui de la bande-dessinée." De nouvelles pistes à explorer pour ces spécialistes des objets courants et objets d’art.

Avoir "l’œil"

Pour réussir en tant que commissaire-priseur, il faut bien sûr s’adapter et se constituer une clientèle. Mais il faut surtout être "amateur d’art". Pour Guillaume, "ce n’est pas un métier que l’on choisit par défaut".
"Il faut avoir l’œil, aimer le beau, savoir discerner, quand vous entrez dans une pièce, l’Objet de la pièce, celui qui va savoir susciter des enchères". "Ca peut être un objet dans le fond d’un tiroir, un tableau dans un grenier…" Cet œil s’acquiert en faisant des études d’histoire de l’art mais il se perfectionne surtout jour après jour. "Il faut se tenir informé, se cultiver, avoir un esprit de curiosité, chercher, creuser, se poser les bonnes questions. Des notions en Droit sont également indispensables. Car "on est par exemple confronté au droit de la famille dans les successions". C’est pour cela que Guillaume a suivi un double cursus en Droit et Histoire de l’art. Enfin le commissaire-priseur doit savoir convaincre. Pour Guillaume, "gagner la confiance du client est intéressant". "Quand vous parvenez à le convaincre de passer par vous plutôt que par un autre, quand vous lui dites comment vous allez mettre en scène son objet, c’est ce qui fait votre force." Connaissances en art, notions de droit et force de persuasion : telles sont les clés du métier !

Guillaume Cheroyan, commissaire-priseur © Onisep Haute-Normandie

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