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Mon métier au quotidien

Conservatrice du patrimoine : au service de la mémoire

Métiers de la culture et du patrimoine

Haute Normandie - Rouen / Publication : 13 septembre 2012
Spécialisé dans les musées, les archives, l’archéologie, les monuments historiques ou l’inventaire, le conservateur du patrimoine transmet aux générations futures ce que nous ont légué nos ancêtres en étudiant et en mettant en valeur le patrimoine. Une mission chère au cœur de Caroline Dorion-Peyronnet, conservatrice du patrimoine au musée départemental des antiquités de Rouen. Rencontre.

Caroline Dorion-Peyronnet, conservatrice du patrimoine

Conserver et enrichir

Le musée des antiquités de Rouen renferme quelques dizaines de milliers d’objets historiques, tous plus remarquables les uns que les autres. Mais sans le travail de Caroline, ces objets resteraient dans l’ombre. La première mission d’un conservateur de musée est en effet "la conservation matérielle des objets : gestion physique, entretien des collections, restaurations, gestion des réserves…" La conservation de ces objets se fait également en créant "leur mémoire matérielle, leur histoire en tant qu’objet". Prenons l’exemple d’un pot du Moyen-âge : en réunissant des informations sur "son histoire en tant qu’objet du Moyen-âge, en tant qu’objet archéologique (historique des fouilles, études archéologiques…) et en tant qu’objet du musée, on conserve sa mémoire documentaire". De même, le "récolement décennal" permet de garder une trace historique de ces objets. "C’est une procédure qui consiste à constater, à partir de nos collections, que ces objets sont bien inscrits dans notre inventaire historique", explique Caroline. Le conservateur du patrimoine gère ses collections mais s’attache également à les enrichir, en achetant d’autres pièces ou en héritant lors de legs ou donations.

Diffuser et publier

Une fois les collections du musée conservées, enrichies et inventoriées, le conservateur du patrimoine les met en valeur dans son musée, lors d’expositions temporaires ou en présentation permanente. Il réalise également des publications, "de façon à diffuser les collections et les mettre à disposition des chercheurs et du grand public". Caroline publie notamment des catalogues scientifiques des collections, des guides de visite grand public ou encore des catalogues d’expositions. Elle écrit des articles dans ces publications, sur les collections du musée dont elle connaît l’histoire. "Sinon, ce sont des spécialistes français ou internationaux qui interviennent et écrivent dans nos publications. Dans ce cas-là on est directeur de publication." Conserver, enrichir, inventorier, diffuser, organiser des expos, écrire, publier ! Caroline est sur tous les fronts. D’autant plus que certaines tâches administratives lui incombent également, le conservateur du patrimoine étant bien souvent directeur ou directeur adjoint du musée dans lequel il exerce.

Sensibiliser et transmettre

Mais le but premier de Caroline reste "d’enseigner aux gens ce qu’est le patrimoine et pourquoi on doit le conserver. Car le patrimoine a un rôle important dans la formation des individus et dans l’Histoire". Cette passionnée de culture, convaincue de l’importance du patrimoine, aime l’idée que son travail est utile : "j’ai besoin de voir que ce que je fais a un impact sur l’environnement ou sur les objets eux-mêmes. Même si ça n’a pas un impact immédiat sur la population, puisqu’il s’agit d’un travail à long terme. Mais à court terme, on voit déjà que ce que l’on fait pour nos collections permet de les conserver et de les transmettre à nos héritiers".
 

Le concours : sésame de l’emploi

Pour accéder à ce métier aux missions très variées, une seule solution : le concours de conservateur du patrimoine, géré par l’INP (Institut national du patrimoine). Mais ne devient pas conservateur qui veut ! "Le taux de réussite est très faible. Pour passer le concours, il faut une licence. Mais ceux qui obtiennent le concours ont généralement au minimum un master, voire une thèse et ont suivi, dans 95% des cas, un double cursus" : Caroline a ainsi suivi des cours à l’université et à l’école du Louvres et était titulaire d’un DEA (Master 2 recherche) en égyptologie quand elle a obtenu le concours. "Il faut se donner le maximum de chances pour réussir", explique-t-elle. Persévérer et surtout beaucoup travailler : "il faut s’acharner un peu », ajoute-t-elle. D’où la nécessité d’être passionné par le patrimoine. Le concours en poche, suivent « 18 mois de formation dont 9 mois de stage ».
Devenir conservateur du patrimoine demande donc motivation,
voire "abnégation" d’après Caroline : "mais je ne le déconseille à personne car c’est un métier magnifique !" Avis aux amateurs…

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Sur le web

  • Le Musée départemental des antiquités
    "Les collections comportent des pièces exceptionnelles, de l'Antiquité à la Renaissance, représentant à la fois les productions régionales (verreries, céramiques, sculptures...) et des cultures plus lointaines (Grèce et Egypte antiques)." Une invitation au cœur de civilisations anciennes.

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