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Mon métier au quotidien

Dessinateur de BD : un personnage qui n’entre pas dans les cases…

Les métiers du dessin, du graphisme et de la communication

Haute Normandie - Rouen / Publication : 3 juillet 2012
Tintin, Astérix et Obélix, les Schtroumpfs, Lucky Luke ou encore Titeuf. Autant de héros de bande dessinée mondialement connus. Derrière ces succès se cache le dessinateur de BD, auteur de talent maniant la plume et le crayon à la perfection. Hugues Barthe, auteur de L’Eté 79 paru en novembre 2011, nous parle de ce métier en toute franchise. Rencontre.

Hugues Barthe, auteur et dessinateur de BD

Ecrire et dessiner

Hugues Barthe est dessinateur de BD et scénariste à la fois. C’est-à-dire qu’il imagine des histoires, les écrit et les illustre. Sa spécialité : les romans graphiques, "des BD au format poche qui s’adressent à un public ado - adulte", nous explique-t-il. Son dernier roman, L’Eté 79, est autobiographique et raconte un épisode poignant et douloureux de sa vie.
Pas toutes autobiographiques, ses œuvres sont néanmoins "toujours inspirées d’histoires vraies" : "j’aime que mes histoires et mes personnages soient crédibles", nous dit-il. Pour cela, des talents d’écrivain sont nécessaires : "il faut savoir construire une histoire, écrire des dialogues naturels et avoir un sens de la mise en scène". Savoir dessiner également, même si "on peut faire des BD sans être un virtuose du dessin", explique Hugues : "nul besoin d'être un dessinateur exceptionnel, tel Picasso ou Michel-Ange, pour dire des choses intéressantes : c'est un travail d'écriture avant tout. Un dessin est juste quand l'expression des personnages est juste et quand l'idée qu'on veut transmettre est juste. Il faut simplement se trouver un style".

Du style et de l’organisation

Le style d’Hugues Barthe est plutôt ligne claire, c’est-à-dire limpide, clair au niveau du dessin et du récit. On sait tout de suite de quoi il s’agit. Un style épuré qui va droit au but et ne laisse pas insensibles ses lecteurs. Hugues publie des BD depuis une dizaine d’années et a donc pu peaufiner ce style au fil de ses livres, grâce notamment à ses éditeurs : "c’est très important d’avoir un éditeur qui nous aide à écrire et perfectionner notre écriture. Car on a besoin d’un regard extérieur". L’éditeur est également essentiel pour structurer le travail de création d’un livre. "Quand un projet est mûr, je rassemble mes notes, écrit un synopsis, réalise une dizaine de pages et soumet le tout à mon éditeur. Si mon projet lui plaît, il me fait un contrat d’édition et on décide d’un délai. Je reçois alors un à-valoir, c’est-à-dire une avance sur mes ventes présumées. […] Une fois le scénario écrit, je réalise le découpage de mon histoire puis commence à dessiner à l’encre de chine. Mes planches terminées, je les scanne et effectue des retouches sur Photoshop. Enfin je rajoute mes noirs", explique Hugues. Un processus qui demande de l’organisation, surtout quand on travaille à domicile, comme l’explique Hugues : "il faut savoir s’auto-gérer" et se faire un planning précis.

Objectif : être publié !

Beaucoup d’auteurs de BD n’ont pas la chance d’avoir un éditeur à leurs côtés. Ils doivent alors batailler pour se faire publier. Après l’obtention de son diplôme à l’école européenne supérieure de l’image d’Angoulême, Hugues "n’a pas été publié tout de suite". Mais il s’est par contre constitué un carnet d’adresses. Il a également réalisé un book avec lequel il a démarché les éditeurs. Pour être publié, il faut en effet se faire connaître, créer un blog, faire le tour des festivals… Une tâche ardue, au point que certains choisissent de s’autoéditer. Mais même en ayant convaincu un éditeur, le succès n’est pas garanti : "en France, on publie beaucoup de livres, ce qui fait qu’en tant qu’auteur, on est parfois perdu dans la masse. C’est gênant aussi pour les lecteurs qui peinent à s’y retrouver". Hugues ajoute : "pour un livre qui se vend, 100 passent à la trappe". Une réalité difficile qui rend le métier de dessinateur de BD souvent précaire.

Se diversifier pour survivre

Une solution existe néanmoins pour pouvoir vivre de la BD. Hugues Barthe est ainsi illustrateur pour la presse et anime des ateliers dans des collèges, des écoles, des bibliothèques, voire des prisons. Il est également "coloriste pour d’autres dessinateurs". D’après lui, "il faut se diversifier car c’est très difficile de vivre de la BD." D’autant plus avec l’arrivée sur le marché des livres numériques : "le métier évolue rapidement, il faut s’adapter, rebondir", affirme Hugues. Autre conseil : "les projets doivent s’enchaîner parce que quand on est absent des librairies trop longtemps, on vous oublie rapidement. Il y a tellement d’auteurs et de livres !" s’exclame Hugues. Mais quand on consacre sa vie à la BD, c’est généralement par passion, donc les dessinateurs de BD restent rarement inactifs. Pour Hugues d’ailleurs, plus qu’une passion, "c’est un moyen d’expression". Plus qu’un métier, la BD est donc un mode de vie, un état d’esprit, une vocation !

Hugues Barthe, auteur et dessinateur de BD

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