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Mon métier au quotidien

Graphiste : un communicant et artiste au service du visuel

Les métiers du dessin, du graphisme et de la communication

Haute Normandie - Rouen / Publication : 3 juillet 2012
Logos d’entreprises, maquettes de journaux, affiches de festival, plaquettes institutionnelles, sites internet… Autant de réalisations prises en charge par le graphiste. Esthétiques et percutantes, elles sont la traduction visuelle d’un message.
Franck Dubois, graphiste et directeur artistique de l’agence de communication le Perroquet bleu, nous parle de ce métier.

Franck Dubois, graphiste et directeur artistique au Perroquet bleu

Entre "créa" et "exé"

Le métier de graphiste est divisé en 2 savoir-faire : la "créa" d’un côté et "l’exé" de l’autre. La "créa" comprend le travail de création en amont, c’est-à-dire la réflexion avec le client, l’analyse de ses besoins et la proposition de plusieurs idées jusqu’à l’obtention du résultat escompté par le DA (directeur artistique) et le client.
Le graphiste en "créa" doit généralement "tenir compte d’un cahier des charges techniques précis" (couleur, support…), nous dit Franck, que le DA aura retravaillé auparavant avec le client si besoin. Une fois l’une des propositions adoptée, intervient "l’exé" qui veille à la qualité des produits finis : "respect technique du cahier des charges, des couleurs, de la charte graphique, des délais…". "L’exécution consiste par exemple à réaliser un journal de 50 pages", selon les critères définis en "créa". Une tâche essentielle car "il est fondamental pour une entreprise d’avoir quelqu’un dont la fiabilité sur la déclinaison des produits et le montage des pages est sans faille", explique Franck.

Un métier dans l’air du temps

Bien souvent, un graphiste est à la fois "créa" et "exé", sauf dans certaines entreprises très structurées aux moyens plus importants. La tendance actuelle est en effet à la polyvalence, en particulier dans les villes de province. Ainsi Franck est graphiste mais également DA du Perroquet bleu. L’agence refuse également "de s’enfermer dans un type de client ou support". Certains graphistes sont spécialisés, mais "ils sont néanmoins de plus en plus amenés à travailler sur tous les supports", nous dit Franck. Le métier est en perpétuelle évolution et les graphistes doivent s’adapter s’ils veulent rester performants et crédibles aux yeux de leurs clients. "vous changez d’outil de façon majeure tous les 4 - 5 ans environ et de façon mineure tous les 6 mois - 1 an". Ces outils sont les logiciels de PAO (InDesign, Photoshop, Illustrator…), les ordinateurs, les écrans… Les graphistes doivent rester dans l’air du temps pour pouvoir répondre à toutes les demandes, de plus en plus nombreuses : "aujourd’hui, tout doit être designé", explique Franck. "Le métier est encore très jeune, et pourtant il est sans cesse sollicité". D’où l’apparition depuis une dizaine d’années de formations dans le graphisme et le design qui accueillent des jeunes motivés mais surtout talentueux.

Une question de talent

Car le talent est la clé de ce métier ! Pour Franck, "la nécessité d’être bon" est imparable. "Il n’y a rien de plus angoissant qu’une vie de graphiste moyen, confronté à des problèmes de création sans avoir les clés pour ouvrir ces portes". Le talent se travaille, notamment au travers des formations spécialisées, telles que le BTS communication visuelle ou les DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués). "C’est un savoir-faire qu’il faut acquérir, car la démarche créative ne tombe pas du ciel !" s’exclame Franck. Autres qualités indispensables : "en "créa" il faut savoir écouter, comprendre, analyser et retraduire. Regarder également, s’imprégner, s’inspirer". "Pour "l’exé" il faut être minutieux, ordonné et précis". Des qualités que l’on peut difficilement développer si on ne les possède pas à la base, de même qu’"on ne peut s’improviser graphiste !"

Un métier en danger ?

Pourtant le métier souffre aujourd’hui de la concurrence de graphistes indépendants qui "de façon autodidacte et sans avoir de retour qualitatif sur leurs productions, se disent graphistes". Franck explique en effet que "posséder un écran, une souris, InDesign et Photoshop ne fait pas de nous un graphiste. On n’est pas graphiste parce qu’on a fait 3 maquettes. On l’est quand on en a fait 200 et que sur les 200, 190 ont plu. La reconnaissance est dans la durée." Ces "graphistes" cassent les prix, ce qui met en danger le métier. D’autant plus qu’il n’y a pas de reconnaissance officielle du métier, tout comme "il n’y a pas besoin de diplômes pour effectuer ce travail". Les formations se développent et "l’Alliance française des designers commence à structurer le métier" se rassure Franck. Mais le chemin est encore long. Heureusement, les graphistes peuvent se raccrocher à la reconnaissance de leur travail par leurs clients : "ce dont on peut être le plus satisfait, c’est d’un travail dans la continuité. Ça sous-entend que le client a compris qu’il y avait un intérêt à suivre nos idées, parce qu’il a vu des traductions concrètes de notre travail : par exemple, après que son logo a été refait, il s’aperçoit qu’il a de bons retours et que ça attire de nouvelles personnes. Son image a donc évolué grâce à cette évolution graphique. Et on peut en être fier !" conclut Franck.

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Le Perroquet bleu
Créée en 1989, l’agence de communication et studio graphique Le Perroquet bleu « défend un graphisme authentique, qualitatif, innovant et respectueux des règles d’édition. » Elle réalise des campagnes de communication, identités graphiques (logos, chartes, etc.), affiches, sites internet, illustrations, brochures, guides… Elle propose aussi des formations sur mesure aux logiciels d’édition et techniques de création.

 Plus d’infos sur le site du Perroquet bleu.

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