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Mon métier au quotidien

Illustrateur : un créateur d’idées imagées

Les métiers du dessin, du graphisme et de la communication

Haute Normandie - Rouen / Publication : 4 juillet 2012
Doté d’un bon coup de crayon, d’un style et surtout d’une créativité affirmée, l’illustrateur met en images un livre pour enfants, un article de presse, une affiche, un site web…
Un métier artistique haut en couleurs que nous présente Ludwick Hernandez, illustrateur freelance.

Ludwick Hernandez, illustrateur

Des expositions aux illustrations

L’illustration n’était pas une vocation première pour Ludwick. Après avoir fait les Beaux-arts, cet artiste se consacre à la peinture et réalise quelques expositions tout en donnant des cours de dessin. Mais cette manière de montrer son travail ne l’intéressait pas : "il y a un côté sacré dans les expos ou les musées, une distance avec le public qui ne me satisfaisait pas", explique-t-il. L’occasion se présente alors de réaliser les illustrations pour l’affiche d’un festival de musique : "le cahier des charges était très précis, je m’y suis un peu perdu mais ça m’a plu !" Ainsi commence la carrière de Ludwick dans l’illustration.
"J’ai démarché des clients et assez vite ils m’ont rappelé", se réjouit-il. Aujourd’hui il travaille pour des agences de communication, des mairies, des salles de concerts, des entreprises de textile, des maisons d’édition ou encore des journaux locaux. "C’est très varié ! Et selon la commande les contraintes sont différentes", nous dit-il.

Un trait simple et spontané

A chaque client ses exigences. Or certaines exigences sont incompatibles avec le style de l’illustrateur. Ludwick explique en effet qu’un illustrateur développe généralement son propre style : "certains clients vous choisiront grâce à ce style tandis que d’autres vous excluront à cause de lui".
Pour pouvoir travailler pour un maximum de clients, certains illustrateurs choisissent donc de "dénaturer leur style". Ils s’adaptent à la demande, ce qui peut vite "devenir un piège : on passe son temps à essayer de faire différemment et l’on risque de se perdre", déplore Ludwick qui a choisi, lui, d’affirmer son style. "Je dessine directement au feutre : j'aime les traits simples et directs. Il peut y avoir des imperfections, on devine que c'est dessiné, toutefois une spontanéité s'en dégage." Ludwick ajoute : "si l’idée est séduisante, je pense qu’on peut faire l’impasse sur certains petits défauts. Car le style importe peu, c’est l’idée qui prime".

A la recherche de l’idée

L’objectif premier de l’illustrateur est de traduire visuellement le message d’un client. Savoir dessiner n’est donc pas le plus important. Pour Ludwick d’ailleurs, "encore faudrait-il savoir ce que dessiner veut dire". A chacun sa façon de dessiner et surtout sa façon de faire passer un message. L’essentiel est de "mettre en forme une idée. […] Redessiner les éléments d'un cahier des charges n'a aucun intérêt. En revanche, combiner une idée à un graphisme, un jeu visuel ou une typo sympa est plus intéressant". Mais parvenir à ce résultat n’est pas donné à tout le monde. "Certains maîtrisent en effet les gammes du dessin, mais ne sont pas à l'aise dans la recherche et le développement d'idées", explique Ludwick. "Dessiner et être créatif sont deux choses différentes".

Ténacité et discipline

Autant que la créativité, la persévérance est indispensable à l’illustrateur. Très souvent freelance, il doit lui-même démarcher les clients afin de trouver des contrats. "Il faut se faire connaître, envoyer des dessins tout le temps, être présent dans le milieu, notamment sur le web en ayant un site ou un blog par exemple", recommande Ludwick. Depuis 10 ans qu’il fait ce métier, Ludwick s’est constitué un carnet d’adresses et démarche moins. Mais il lui arrive quand même de ne pas avoir de commande : "J’en suis encore à avoir des mois difficiles et des mois où je gagne bien. C’est très aléatoire, mais il ne faut surtout pas se décourager !" Ni s’arrêter de dessiner. S’imposer une discipline est en effet indispensable, d’autant plus que les freelances travaillent le plus souvent à domicile. D’après Ludwick, "beaucoup d’illustrateurs abandonnent, parce que ce n’est pas facile, qu’il n’y a pas la sécurité de l’emploi". D’ailleurs certains exercent une activité complémentaire. Ludwick anime ainsi des ateliers de dessin. Dans tous les cas "il faut être sûr de vouloir faire ce métier avant de se lancer. Et ne pas lâcher si tel est le cas", conclut Ludwick.

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