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Situation de handicap et études supérieures, c’est possible !

Languedoc-Roussillon - Montpellier / publication : 6 janvier 2017
En complément de l’article paru dans le magazine Onisep Plus n°38 Management, gestion : un secteur porteur (décembre 2016), retrouvez l’interview de Mélissa, étudiante en master MODR, ainsi que des informations sur Handicap et études supérieures

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« Je m’appelle Mélissa. J’ai 23 ans et je suis étudiante en master 2 Management des organisations et développement responsable. »

Son handicap ? Une maladie invalidante
« J’ai une maladie invalidante, depuis 2009. En 2011, on m’a dit que c’était une fibromyalgie. Mais, cette année, les médecins ne sont plus sûrs et j’ai des RDV prévus pour affirmer ou infirmer une hypothèse de Syndrome d’Elher Danlos. Dans les deux cas, il n’existe pas de traitements actuellement. Si on oublie les noms savants, je souffre de douleurs et fatigues chroniques, provoquant des troubles du sommeil et d’autres choses plus ou moins sympas. »

Son cursus d’études : pas toujours simple…

« Mon cursus était plutôt général, j’ai passé un bac S en 2011. Je suis entrée en septembre 2011 en classe préparatoire mathématiques, physique, sciences de l’ingénieur au lycée Thiers de Marseille, contre l’avis du médecin scolaire. J’ai dû arrêter au bout d’un mois, un mois et demi. J’ai rencontré des médecins scolaires, des professeurs, des élèves qui ne comprenaient pas ou ne voulaient pas comprendre ma situation. Certains membres de l’administration scolaire ont cherché à me décourager. En 2011, j’étais en terminale S et je me suis retrouvée en fauteuil. Je ne pouvais plus aller en cours. C’était en mars. On m’a clairement dit de ne pas passer mon bac cette année-là, d’attendre la session de septembre, de redoubler et le passer l’année suivante. On m’a dit que mes choix d’orientation étaient à revoir.

On m’a inscrit en licence Mathématiques-informatique à l’Université d’Aix-Marseille, mais j’ai dû arrêter en janvier 2012 à cause de mon état de santé et des obstacles rencontrés à la mise en place d’aménagements d’études.

Je ne me suis pas toujours sentie soutenue ou aidée. Aujourd’hui, les choses ont changé. La cellule handicap joue un rôle dans l’aménagement des cours et des examens, mais il n’y a pas vraiment d’accompagnement. Généralement, je me sens seule dans mes démarches. C’est d’ailleurs fatiguant de jongler d’un interlocuteur à un autre. Aujourd’hui, je peux dire que je suis bien acceptée. Mais ça n’a pas toujours été le cas. »

Mais une belle revanche !
« J’ai repris en septembre 2012, en licence Administration économique et sociale, AES, parcours Mathématiques, informatique, statistiques appliquées aux sciences humaines et sociales, MISASHS   à l’université Paul Valéry à Béziers. Une fois ma licence obtenue, je crois que j’étais major de promotion, en 2015, je me suis inscrite en master 1 Management des organisations et développement responsable. J’ai validé ma première année et je suis actuellement en master 2 et j’ai choisi de le faire en alternance [NDLR : à Montpellier Management, MOMA). Je suis donc 15 jours en cours, sur Montpellier, et 15 jours en entreprise. Je suis Chargée de mission handicap et diversité, sur Bezons, proche de Paris, dans le groupe Atos. Mes missions au sein du service Handicap et Diversité sont transverses,  communication, maintien dans l’emploi, recrutement, formation, etc. Nous retrouvons ces axes dans l’accord Handicap du groupe. D’un point de vue diversité, la question de l’égalité professionnelle entre dans mes missions. »

Un choix de licence par rapport à sa vie

« Après avoir dû arrêter les cours, je ne savais plus vraiment ce que je voulais faire.  J’ai donc choisi ma licence en me disant qu’elle touchait à beaucoup de domaines différents, ce qui me laissait beaucoup d’opportunités par la suite. Puis l’idée de travailler dans les ressources humaines et d’avoir un côté responsable, de pouvoir agir pour les personnes dans des situations similaires à la mienne, d’avoir cette compréhension, m’a poussé à choisir le master dans lequel je suis actuellement. »

Ses recherches de stage

« J’ai réalisé un stage obligatoire en licence 3 et un stage facultatif, et un autre stage obligatoire en master 1. Dans les deux premiers cas, je n’ai pas indiqué ma RQTH [NDLR Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé], de peur de me fermer des portes. J’ai attendu les entretiens pour informer les entreprises. Du coup, la recherche s’est passée comme pour tout autre étudiant.

Pour le dernier, j’ai déposé des candidatures avec et sans la RQTH. J’ai finalement trouvé mon stage en postulant sur la mission handicap du groupe Atos, qui a transmis mon profil aux managers intéressés. »

Adaptation du poste de travail

« Dans les trois cas, j’ai eu un aménagement d’horaires, dans le sens où je pouvais partir ou m’absenter au besoin. Concernant les aménagements matériels, tout ce dont je pouvais avoir besoin était mis en place, dans la mesure du possible.

Lors de mon dernier stage, ayant postulé sur la mission emploi handicap, j’ai eu un réel suivi, des points téléphoniques ou des rendez-vous faits pour voir si j’avais besoin d’aménagements, s’ils étaient suffisants, etc. Cet encadrement m’a finalement été bénéfique. »

Expliquer son handicap

« Je n’ai pas eu de souci avec mes collègues. Il a fallu un petit moment d’adaptation car ils n’étaient pas forcément au courant de ma situation, mais ça ne me dérange pas de l’expliquer. Je trouve cela important déjà parce que mon handicap ne se voit pas, sauf en cas de crises, des erreurs de jugement peuvent donc être faites. Ensuite, parce que ma maladie est assez peu connue et c’est important à mon sens de sensibiliser les gens sur ce sujet. J’ai eu la chance de toujours tomber sur des gens compréhensifs et ouverts. »

Se battre tous les jours

« En étant fatiguée et ne pouvant pas toujours me déplacer, toutes les démarches prennent des ampleurs horribles. Rien n’est fait pour faciliter les choses des personnes handicapées. Même le dossier MDPH est une épreuve à remplir.

En plus de cela, je me bats tous les jours contre ces regards qui me jugent parce que je prends l’ascenseur, que je reste assise sans donner ma place à une personne âgée, etc. C’est compliqué de faire comprendre aux gens un handicap invisible, que la douleur est permanente et fluctuante, que non ça ne s’arrête pas, non ce n’est pas dans ma tête…

Une chose aussi qui est un combat quotidien, c’est les structures. Les escaliers partout, pas d’ascenseur ou d’escalator ou en panne. Le monde est pensé par une personne valide. Même s’il pense avoir mis des aménagements en place, il n’a pas cette vision de la personne en fauteuil, de celle qui a du mal à rester debout, à marcher ou autre… »

Le très bon conseil de Mélissa

« Ne pas baisser les bras ! On peut tomber sur des gens qui chercheront à nous décourager, des gens qui ne comprendront pas. Mais, on peut aussi tomber sur des gens qui sauront nous aider. Ce n’est pas parce qu’on est handicapé qu’on ne peut pas faire d’études, qu’on ne peut pas réussir et trouver des stages, un emploi, etc. La question du handicap est devenue un enjeu dans les stratégies des entreprises. En licence, j’ai eu une professeure de gestion qui m’a dit une chose à laquelle je n’aurai jamais pensé personnellement : « Vois ton handicap comme un atout et non comme un obstacle. »

La mission handicap, pour vous aider 

Quelle que soit votre situation, courage et n’abandonnez pas ! Relais, pôle, service accueil ou mission handicap… si le nom de la structure diffère, son rôle reste le même : accueillir les étudiants en situation de handicap (difficultés à se déplacer, à voir, à entendre ou à apprendre, troubles de la santé invalidants) et les accompagner pendant leurs études.

C’est un lieu ressource pour trouver des informations sur l’accessibilité des bâtiments, les aides humaines et techniques possibles, les référents handicap, etc. Rencontrer d’autres étudiants en situation de handicap inscrits dans l’établissement visé peut également s’avérer très utile.

À retenir

Il faut anticiper l’arrivée à l’université en prenant contact avec l'établissement visé, notamment avec la structure handicap, dès janvier ou février de l’année de terminale. La spécificité du handicap est prise en compte dans le cadre de la procédure APB pour l’affectation dans l’enseignement supérieur. Les élèves peuvent en parler à leur enseignant référent au lycée.

Évaluer les aménagements

Différents aménagements concernant la scolarité sont possibles : validation de 1 année en 2 ans, tutorat, interprète en langue des signes française (LSF), preneur de notes, prêt de matériels (dictaphone, ordinateur portable…), adaptation de documents (caractères agrandis, transcription en braille, logiciel de synthèse vocale, etc.). Les demandes d’aménagements peuvent se faire auprès de la  cellule handicap de l’université. Les démarches s’effectuent en concertation avec le service universitaire de médecine préventive, qui évalue les besoins de l’étudiant et liste les aménagements. Ceux-ci sont  ensuite validés par l’administration de l’université. Valables pour 1 année, ils sont réévalués à chaque rentrée, voire en cours d’année selon l’évolution de la situation de l’étudiant.

Sur la France entière, plus de 16 500 jeunes handicapés suivent des études supérieures à l’université. Accueil, aides techniques et humaines, logement, stage… les établissements s'adaptent à leurs besoins.

www.handi-u.fr Site du ministère chargé de l'Enseignement supérieur dédié à l’orientation, la vie étudiante, l’insertion professionnelle et les dispositifs d’accueil des étudiants handicapés.

À retenir

Des aménagements existent également, après avis médical, pour les contrôles continus et les examens : temps supplémentaire, adaptation des sujets, salle à part, secrétaire pour rédiger la copie sous dictée, etc.

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Études supérieures et handicap sur le site de l’Onisep www.onisep.fr/Formation-et-handicap/Les-parcours-de-scolarite/Niveau-d-etudes/Etudes-superieures-et-handicap2

Handi+, Des études supérieures à l’emploi accompagne les lycéens/nes en situation de handicap et leurs familles vers l’enseignement supérieur et vise à faciliter leur entrée dans la vie active.

À télécharger sur le site de l’Onisep Occitanie site de  Montpellier et site de Toulouse

Du lycée à l’université, pour les élèves en situation de handicap : infos et bons conseil est une plaquette réalisée en partenariat avec la COMUE LRU (Communauté d’universités et établissements Languedoc-Roussillon Universités). Elle donne des renseignements pratiques sur l’admission post-bac, le logement et le transport, la sécurité sociale et les services de santé de l’université dans l’académie de Montpellier.

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