Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Laure, danseuse hip-hop et fondatrice de l’association L-danse

Midi-Pyrénées - Toulouse / Publication : 24 février 2020
"Le hip-hop c’est ma vie, ma thérapie, ma philosophie." Bien et libre dans ses baskets, Laure vit pour et par sa passion. Elle partage son temps entre création artistique pour sa compagnie et transmission à travers son association. Le tout avec sérieux, enthousiasme… et un sourire qui ne la quitte pas !

Laure, L-Danse

Tout a commencé…

… en 1994, j’étais baignée dans cet univers via la musique avec notamment DJ Cut Killer. En 1997 j’ai assisté à un spectacle sur scène du groupe de hip-hop Aktuel force. J’y ai vu une femme, Bgirl Karima, faire des mouvements au sol. Cela m’a tout de suite plu, moi qui faisais du modern jazz mais qui ne m’y retrouvais plus. Ce fut le coup de foudre. J’ai cherché des cours, ai rencontré des acteurs jusqu’à aller dans les cités pour apprendre. J'ai eu l'impression de rencontrer des supers héros, chacun dans son style : Hype, locking, popping et break dance. Je me suis dit qu’il fallait que j’amène mes compétences dans le domaine de la pédagogie. J’avais ça dans le sang, ma mère étant institutrice m'a transmis cette sensibilité. La pédagogie et la danse étaient mes 2 passions. Je poursuivais mes études en STAPS à ce moment-là, et je voulais créer une entité.

L’association L-danse

J’avais 3 options : soit être intermittente du spectacle soit auto-entrepreneuse soit salariée dans une association. J’ai choisi la dernière car cela correspondait à mes principes : l'idée de s'associer à des personnes. Le groupe avait, pour moi, son importance. En 2006, j’ai créé L-danse. J’avais pris des cours de danse, avais été formée en danse hip-hop partout en France et dans le monde. Cette association a différentes cordes à son arc : crée des évènements, des battles de danse, des spectacles... Nous avons notre compagnie pro, nous faisons de la formation et nous avons aussi un volet international. Pour promouvoir ces axes-là, en 2012, nous avons ouvert l'école d'arts urbains, hip-hop arts pour promouvoir le hip-hop pour toutes et pour tous et surtout pouvoir transmettre cette culture, en particulier la danse.

Se former au hip-hop et tenter de devenir un artiste professionnel

Il n’existe aujourd’hui encore aucune formation reconnue par l’état même si beaucoup d’écoles privées proposent des cours, stages et des formations professionnelles. Il n’y a pas de diplôme reconnu, ni en hip-hop ni en DJing, ni en rap, ni en graffiti et ni en Beat Box. Mais quelque part c’est ce qui donne à cette culture ce côté impalpable et une certaine liberté d’expression par rapport à d’autres arts plus « codifiés » ou reconnus qui ont parfois à tendance à trop formaliser et uniformiser les choses. Pour être danseur hip-hop, il n’existe qu’un centre à Toulouse : l’école privée (le conseil régional peut prendre une partie des frais en charge) Motion Lab sur 3 ans.  En revanche, pour enseigner, le parcours en STAPS permet de se former à la pédagogie et à construire des séances. Tous les BE  et les BPJEPS  le permettent aussi avec par exemple le BE métiers de la forme ou le BPJEPS « loisirs pour tous ». Ils donnent des clés en anatomie, en pédagogie voire en animation qui peuvent être aidantes. Des écoles de danse plutôt classiques existent et permettent de préparer à l’EAT puis au DE de danse. Ceci étant une base à laquelle il faut rajouter un parcours personnel souvent en autodidacte en fonction de ce que le jeune veut faire.

Être danseur de hip-hop aujourd’hui : quelle réalité ?

Différents parcours sont possibles chez nous : certains sont des danseurs intermittents du spectacle, d’autres qui sont autoentrepreneurs et pédagogues et se développent autrement par des stages, des workshop, ateliers particuliers, cours ponctuels. D‘autres sont salariés. Mais ce qu’il faut retenir est la polyvalence en milieu associatif : accueil du public, cours de danse à donner, carrière solo à développer… Cela dépend de chacun, de sa personnalité etc. C’est une construction qui se fait en fonction du profil de la personne et souvent ce sont des métiers que l'on crée en lien avec le terrain. Chacun développe des compétences en fonction de ses qualités en plus de la danse-même. Chez nous, Fanny très sociable, a, en plus de la danse, des fonctions de chargée de production. Jordane mène, elle, en parallèle une carrière de DJ (et est programmatrice). Joss, lui, danseur se produit dans plusieurs compagnies. Attention cependant, une des différences notables entre le statut d’autoentrepreneur et celui d’intermittent est que dans le premier cas, on ne cotise pas pour le chômage et dans le second, il faut faire 43 cachets/an.

La place des femmes dans l’univers du hip-hop ?

Les femmes sont largement représentées dans le hip-hop aujourd’hui. J’ai développé pour ma part 2 projets « Ainsi soient-elles » et « Hip-hop au Féminin » qui amènent une réflexion sur la féminité et je constate que, dans mon association, il y a près de trois fois plus de femmes que d’hommes sur l’année 2019-2020.

Un conseil à un jeune ?

Même si, à Toulouse, tous les danseurs ne sont pas intermittents et que dans le milieu du hip-hop, il y une certaine difficulté de se professionnaliser comme dans l'ensemble du tissu associatif, culturel et artistique, si tu crois en toi, que tu es engagé, rigoureux et créatif, tu as toutes les chances d'y parvenir !

Propos recueillis par A.Landes

Haut de page

Vient de paraître

Élargir ses horizons
professionnels