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Industrie nucléaire : la sécurité avant tout

Languedoc-Roussillon - Montpellier / publication : 15 novembre 2017
Le nucléaire reste une industrie de premier plan. Et la sécurité nucléaire tout autant. Des formations en radioprotection existent, pour ne rien laisser au hasard.

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Entretien avec Laurence San Felice, responsable des formations de techniciens et techniciens supérieurs en Radioprotection à l’INSTN (Institut national des sciences et techniques nucléaires).

À l’INSTN, nous proposons 2 diplômes, le titre professionnel Technicien en radioprotection et le BTS Contrôle des rayonnements ionisants et application des techniques de protection, CRIATP.

Le titre de technicien en radioprotection existe sur Cadarache en alternance et sur Cherbourg en formation initiale. Le BTS se prépare sur Cadarache et Thionville en alternance.

Nous formons des techniciennes, techniciens en radioprotection ; des personnes qui ont en charge la sureté radiologique des personnes et des installations, dans des sites de production d’EDF ou d’AREVA, des centres de recherche comme ceux du CEA, ou même dans le médical. Dans tous les endroits où il y a des rayonnements ionisants, il faut un radioprotectionniste qui va être garant de la sureté des personnes et des installations.

Un métier très peu connu

Nos formations sont très bien reconnues par les industriels, et les taux d’insertion de nos diplômés en radioprotection sont excellents. A l’heure actuelle, je reçois des offres d’emploi que l’on ne peut pas pourvoir parce que les titulaires de ces diplômes ont déjà tous trouvé du travail ! Ils finissent leur contrat fin août et en septembre ils ont tous du travail !

Par contre, malgré le fait que nos formations soient très reconnues par les professionnels, on rencontre des difficultés à recruter des candidats.

Radioprotectionniste est un métier identifié en tension par Pôle emploi. On ne forme pas suffisamment de personnes par rapport au marché de l’emploi !

On a des problèmes pour trouver des candidats parce que la radioprotection est très peu connue ; les gens qui viennent vers nous proviennent des bassins de Marcoule, de Cadarache, ou sont issus de familles travaillant déjà dans le nucléaire. Et c’est là qu’ils ont entendu parler de la radioprotection. Mais les profils des demandeurs ne correspondent pas toujours à nos pré-requis.

Nous avons cette année 15 étudiants dans le titre professionnel et autant dans le BTS. Or, je pourrais en former 25 par diplôme et par an parce qu’il y a beaucoup d’offres d’emploi à pourvoir !

Plus de 50 % de nos alternants ont un CDI pour démarrer.

Après un bac S, STI, STL ou un bac + 2, pour les filles comme pour les garçons

Au moins jusqu’à l’année 2016-2017, nos formations ne figuraient pas sur la plate-forme d’inscription dans le supérieur, APB, ce qui explique en partie que nous ne sommes pas suffisamment connus.

[NDLR Consultez le site de l'Onisep et celui du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'Innovation - Mesri 

pour les modalités pratiques 2018 d'affectation dans l'enseignement supérieur.]

Le titre se fait en un an après un bac S, STI ou STL.  C’est un titre de niveau IV qui mène à un bac + 1.

Le BTS a été créé en 1962, l’INSTN en a la complète maîtrise. Il est particulier parce qu’il se fait en 1 an, après un bac + 2 scientifique. Bien qu’au format licence pro, il a conservé sa dénomination de BTS ! Nous avons cette année 5 filles dans la promo des BTS. Et l’an dernier, 100 % de réussite à l’examen.

Ces diplômes peuvent aussi se faire en reconversion, après une mise à niveau en maths et physique. Il faut en effet être capable de maîtriser un certain nombre d’outils mathématiques, de manipuler des équations pour être en capacité de suivre le programme. C’est de la physique de la mesure du rayonnement, apprise au programme en terminale.

Pour les élèves en situation de handicap, c’est le médecin du travail de l’entreprise qui se prononcera sur leur capacité ou non à intégrer l’entreprise.

Salaires et perspectives d’embauche au top !

Un jeune qui sort d’un bac STL, et qui fait son titre pro va être embauché aux alentours de 1 800 à 2 000 euros par mois. Et sans compter les astreintes qui sont payées. On voit des techniciens qui, avec leurs astreintes, ont des salaires qui avoisinent ceux d’un ingénieur avec expérience !

La sûreté nucléaire, un enjeu fort

Le métier de radioprotectionniste est réglementaire. Avant, c’étaient les grands donneurs d’ordres, CEA, Areva, EDF, par exemple, qui assuraient toute la radioprotection, y compris de la personne qui venait leur faire une soudure. De nos jours, ils ne gèrent plus directement ces aspects et chaque entreprise doit avoir un radioprotectionniste dans son personnel qui va discuter avec le radioprotectionniste de l’exploitation, qui lui a la vision globale de l’installation. De fait, l’entreprise ne peut pas fonctionner si elle n’a pas de radioprotectionniste. Donc forcément on a besoin de ces métiers, on ne peut pas s’en passer. Et même si à l’heure actuelle on est moins sur un essor du nucléaire ; une installation si on l’arrête ou qu’on envisage de la démanteler, derrière il y a de la surveillance et donc de la radioprotection. Dans tous les secteurs où il y a, ou il y a eu, des sources de rayonnements ionisants, ils sont nécessaires.

Une palette très large d’activités pour maîtriser le risque

Le radioprotectionniste intervient à tous niveaux. En amont il définit les risques de chaque poste de travail de l’installation. Quels vont être les moyens de s’en protéger ? Comment adapter chaque poste de travail et les équipements de protection de la personne qui doit intervenir ?

Le travail de terrain de tous les jours consiste à aller faire des mesures, des prélèvements, contrôler l’ « ambiance », c’est à dire mesurer la radioactivité dans différents points de l’installation, faire des prélèvements… Vérifier que tout est conforme. Et en cas d’événement imprévu, c’est lui qui prend en charge la gestion de l’incident et indique la marche à suivre. C’est un métier très complet, technique, de la prévention à la surveillance et jusqu’à l’incident. Il a aussi un rôle de communicant envers le chef de l’installation.

En alternance, pour préparer un diplôme tout en travaillant

Le rythme de l’alternance est de un mois à l’école et un mois en entreprise. Dans l’école, il y a des logements étudiants à proximité, gérés par Habitat Pluriel, et une cantine pour manger midi et soir. D’où que les étudiants viennent, ils ont le logement sur place. Parfois, quand l’entreprise est éloignée de Cadarache, elle propose à l’alternant des aides financières pour son logement.

Découvrez l'interview de Marine, apprentie en BTS Environnement nucléaire

 

Et l'interview de Damien, apprenti en BTS Environnement nucléaire

 

Les avantages ?

Le salaire et l’employabilité ! Ces professionnels ont le choix de l’entreprise, et par les temps qui courent, ce n’est pas anodin ! Et ce métier est à la fois très technique et empreint de communication. Un radioprotectionniste qui reste dans son bureau, ce n’est pas possible. Il est sans arrêt au contact avec des radiopro d’autres entreprises, il échange et forme aussi ses collègues. Il a un rôle pédagogique sur l’installation. C’est un métier très varié !

Il peut travailler soit en horaires normaux, soit en horaires dits « postés » c’est à dire en 3x8h ou 2x12h. Mais le nombre de postes est tel que celui qui n’a pas envie de travailler en horaires postés peut changer d’entreprise pour avoir des horaires normaux.

Du travail, sur la France entière et à l’étranger ! En centrale et même dans le médical

Nous avons des alternants sur Perpignan, dans toutes les centrales nucléaires EDF de France, les sites Areva, les centres de recherche du CEA. Ils travaillent également dans le médical. Tous les hôpitaux ont en effet un service de médecine nucléaire et donc un radioprotectionniste. On les trouve aussi dans tous les endroits où il y a des irradiateurs industriels, dans des laboratoires, dans l’industrie… Les lieux d’emploi sont très variés !

Sophie Salvadori, rédactrice Onisep

L’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN) est un établissement d’enseignement supérieur et un organisme national de formation, administré par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

http://www-instn.cea.fr

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