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INSEE : Les inégalités professionnelles entre les sexes peinent à se réduire (LRMP)

Midi-Pyrénées - Toulouse / publication : 8 mai 2016
Plus diplômées qu'il y a 30 ans, les femmes sont aujourd'hui plus actives. Mais elles le sont toujours moins que les hommes, bien que plus diplômées qu'eux. Si les femmes sont plus touchées que les hommes par le chômage de longue durée, des inégalités existent aussi dans l’emploi. Ainsi, l’éventail des métiers exercés par les femmes est nettement plus réduit. Leurs conditions d’emploi sont plus souvent précaires et elles occupent plus fréquemment des postes déclassés, c’est-à-dire dont le niveau de qualification est inférieur à leur niveau de formation. Les jeunes femmes se positionnent davantage sur des postes qualifiés que leurs aînées mais le plafond de verre reste présent.

Les chiffres

Dans la région, 1 223 200 femmes âgées de 15 à 64 ans sont actives en 2012 : elles ne représentent que 48 % de la main-d’œuvre potentielle (en emploi ou à la recherche d’un emploi) mais 51 % de la population de cette tranche d’âge. Plus présentes sur le marché du travail qu’il y a 30 ans, les femmes demeurent ainsi toujours moins actives que les hommes : entre 15 et 64 ans, 68 % des femmes le sont en 2012 en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées (LRMP), soit 7 points de moins que les hommes.

Les  femmes actives

Les femmes sont à tout âge moins actives que les hommes (figure 1). Entre 17 et 22 ans, l’écart du taux d’activité entre les hommes et les femmes est en moyenne de 9 points en défaveur des femmes, les garçons entrant plus tôt dans la vie active. Puis l’écart se réduit entre 23 et 27 ans pour se creuser à nouveau entre 28 et 37 ans (- 6 points, puis - 8 points). En effet, à l’âge de la maternité, certaines femmes s’éloignent de la vie active pour élever leurs enfants. De 48 à 57 ans, le déficit s’accentue de nouveau (- 8 points), les femmes de ces générations étant plus nombreuses que leurs cadettes à rester au foyer. Entre 58 et 64 ans, les taux d’activité se réduisent pour les deux sexes et l’écart est moindre (34 % des hommes sont actifs contre 31 % des femmes). Certaines femmes doivent en effet prolonger leur activité pour compléter leur nombre de trimestres cotisés.

L’influence du diplôme

Aujourd’hui, les femmes sont bien plus diplômées qu’il y a 30 ans : en 2012, 28 % des femmes de 15 à 64 ans en LRMP sont titulaires d’un diplôme supérieur au bac, elles n’étaient que 7 % en 1982. La progression est moindre pour les hommes : 26 % en 2012 contre 8 % en 1982. Plus qualifiées aujourd’hui, les femmes sont aussi plus actives. En effet, le taux d’activité s’élève à mesure que le niveau de diplôme augmente, tout particulièrement pour les femmes. En LRMP, seulement 56 % des femmes peu diplômées (pas de diplôme ou BEPC) sont actives en 2012 contre 86 % pour celles titulaires d’un diplôme universitaire de 2e ou 3e cycle ou d’une grande école, soit 30 points d’écart. Cet écart est de 21 points pour les hommes.

Une gamme de métiers plus réduite

Lorsqu’elles exercent un emploi, les femmes ne sont pas positionnées sur les mêmes catégories socioprofessionnelles que les hommes. Parmi les 1,9 millions de salariés ou de personnes exerçant une profession libérale en LRMP en 2012, près de la moitié des femmes travaillent comme employées. Cette proportion n’est que de 15 % pour les hommes. Les femmes exercent aussi presque deux fois plus souvent que les hommes une profession intermédiaire (29 % contre 16 %). A contrario, elles sont bien moins souvent cadres, techniciennes ou ouvrières que les hommes. Sur les 87 familles professionnelles, 37 métiers sont identifiés comme « très masculins », c’est-à-dire avec plus de trois quarts des emplois occupés par des hommes. À l’inverse, seulement 11 métiers regroupent un personnel « très féminisé ». La moitié des femmes cadres se concentrent sur seulement quatre métiers : enseignante, cadre des services administratifs, comptables et financiers, médecin ou cadre A de la fonction publique.

Les jeunes femmes et leurs ainées

Les jeunes femmes cadres sont surreprésentées dans 10 départements sur 13. En revanche, dans le Tarn, l’Hérault et surtout en Haute-Garonne, les jeunes femmes cadres sont proportionnellement moins nombreuses. Pourtant, les Haut-Garonnaises figurent parmi les femmes les plus diplômées de France (classant ce département en 4e position derrière Paris, les Hauts-de-Seine et le Rhône). L’orientation des femmes dans le cursus scolaire peut en partie expliquer ce paradoxe, dans un département où l’industrie est plus présente. Les métiers porteurs, ceux qui devraient offrir le plus de postes à pourvoir d’ici à l’horizon 2020, soit pour remplacer des départs en retraite soit en création de postes, sont aujourd’hui majoritairement occupés par des femmes (au total 60 % des effectifs) (figure 5). Ils relèvent des services à la personne ou aux entreprises, ou encore de la santé, domaines très féminisés.

Thomas Toulemonde (à partir de INSEE)

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