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Mécanicien automobile un métier qui se décline aussi au féminin !

Midi-Pyrénées - Toulouse / publication : 27 septembre 2017
Des formations aux métiers, le secteur automobile offre une palette importante de possibilités. En fonction des années d’études envisagées, des postes que vous souhaitez occuper, du degré de responsabilité, de vos ambitions et de votre manière de travailler plusieurs parcours s’offrent à vous.

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Zoom sur la diversité des trajectoires

Après la 3e

Pour des élèves attirés par le concret, le CAP en 2 ans après la 3e ou le bac pro en 3 ans peuvent être de très bons choix.

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Après le bac

A Bac+2, les BTS et DUT mènent à des postes de responsables du service après-vente, techniciens/nes automobile s’occupant aussi bien des interventions complexes, des liens avec les clients que de la gestion d’équipe. En progression constante, ils sont particulièrement recherchés dans le domaine de la vente automobile. Domaine dans lequel les sortants des écoles de commerce accessibles après 2 ans de classes préparatoires trouvent tout naturellement leur place.

Les postes d’ingénieurs sont eux aussi en constante augmentation. Ingénieurs d’essais, en construction ou mécanique, tous, ont en commun d’avoir suivi une école d’ingénieur de 3 à 5 ans ou un parcours de 5 ans à l’université. Ils cherchent à optimiser les véhicules déjà sur le marché, à développer et  inventer ceux de demain. Ils travaillent en collaboration avec les designers automobiles dont le parcours s’est orienté des écoles d’art proposant des cursus de 2 à 5 ans après le Bac.

 

Quoi de neuf en Occitanie ?

Le centre de formation aux métiers (CFM, anciennement CFA) d’Ariège a ouvert à la rentrée 2017 un bac professionnel mécanique automobile, 16 places pour cette formation en deux ans accessible après un CAP mécanique. Les apprentis sont formés, entre autres, à l’entretien des véhicules hybrides, voitures électriques et autres évolutions de l’automobile.

 

Rencontre avec Ana Ramal

63 ans technicienne mécanicienne, « diéséliste »  qui nous a ouvert les portes de son atelier particulier à Tournefeuille. Il règne dans cet espace partagé entre voitures capots ouverts et plantes vertes une atmosphère de calme et de sérénité. Pour Ana la mécanique c’est un poème et ça se voit ! Tout un art qui se pratique avec tous les sens. Un moteur on le regarde, on l’écoute, on le sent et on le ressent ! L’important c’est l’harmonie du son du moteur : c’est passionnant !

« On dit souvent de moi que quand je regarde sous le capot tout est simplifié. Mais c’est comme ça que je le vois parce que c’est magique ! Moi j’ouvre, je touche, je cherche, je regarde et c’est ce que j’essaie de transmettre aux jeunes. Pourquoi aller chercher sur la roue arrière lorsqu’on entend un bruit à l’avant ? Il faut observer et discuter avec le client pourtant c’est souvent là que commence le diagnostic. Il se poursuit dans l’atelier mais souvent on se rend compte que c’est vrai !

Je n’ai pas choisi la mécanique depuis toujours elle était en moi. J’ai grandi dans les odeurs de cambouis ! Mon grand oncle avait un garage et parfois j’allais lui laver les pièces… J’ai trouvé magique tout ce qu’il faisait C’est une passion !. J’ai toujours aimé voir comment une machine avance, ce qu’est un piston, une boîte à vitesse et comment l’ensemble fonctionne. Je suis toujours curieuse de voir ce que devient la mécanique. Je suis les évolutions par internet et reçois toutes les modifications et nouveaux modèles par magazines. Je préfère lire ça qu’une revue de mode !

Je suis issue d’un village assez humble et pauvre alors du moment que l’on travaillait peu importe ce que l’on choisissait. Faire des études était très compliqué, il fallait aller jusqu’à la capitale. C’était impossible. Alors j’ai choisi les cours du soir en travaillant. J’ai obtenu un bac pro mais arrivée en France, il a fallu que je repasse tout. A mes collègues hommes on n’a rien demandé mais moi oui, il a fallu que je fasse mes preuves. Avec le temps et parce que j’aime mon métier, je me suis faite acceptée voire aimée pour ma spécificité. Avant j’étais plus angoissée dès qu’une clé tombait par terre tout le monde levait la tête. Mes collègues pouvait faire tomber un moteur par terre et personne ne se retournait mais une clé de ma part… ouh la, ce n’était pas pareil ! Je rentrai dans un monde où on n’était pas habitué qu’il y ait une femme. Les toilettes, les vestiaires, rien n’était prévu pour les femmes. Je suis très contente d’avoir collaboré à faire avancer toutes ces choses-là, ces représentations aussi parce que la mécanique c’est quelque chose de très fin.

Ici il y a quelques filles qui viennent apprendre la mécanique parce que je suis une femme. Souvent je leur réponds qu’il faut aller partout. Si on prouve son sens des responsabilités, son sérieux on sera accepté par tout le monde. J’ai accompagné plusieurs filles et j’ai repéré qu’elles ont tendance à s’appuyer plus sur leurs collègues. Pourtant elles ont les mêmes capacités, il faut qu’elles apprennent à se faire confiance. Les filles, malgré leurs capacités, des qualités en termes d’organisation, culpabilisent plus vite, doutent plus facilement. C’est peut-être parce que c’est un monde d’hommes encore.. On est plus sensibles alors que les garçons, sûrs d’eux, vont aller plus vite et parfois c’est leur erreur.

Pour être mécanicien automobile il faut, avant tout, être débrouillard et manuel, ne pas avoir peur, on apprend en faisant des erreurs. J’essaie de transmettre aux jeunes l’amour de la mécanique et surtout le fait d’être libre. Etre libre c’est savoir travailler, avoir son argent de poche, respecter l’employeur, le lieu de travail et soi-même. La mécanique ça m’a ouvert plein d’horizons, je me suis battue pour continuer et aujourd’hui je suis plus sereine. Je me sens responsable de ces jeunes. Je suis contente quand ils obtiennent leur bac pro et je les encourage à continuer, à persévérer. Quelque part je grandis avec eux ! Je suis fière de voir les jeunes qui partent d’ici avec une base plus sûre et une grande confiance en eux. Ce n’est pas un métier facile, le froid, le chaud et puis ici je n’ai pas les commodités des grands ateliers mais je compense par le respect et l’amour. Je suis fière de ceux qu’ils sont !

Dans 10 ans je me vois avec mon sac à dos monter le Macchu Picchu mais surtout j’espère pouvoir continuer à conseiller les gens et transmettre mes connaissances ! »

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