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Mélanie - artiste de cirque

« Les acrobaties au service de la dramaturgie »

Midi-Pyrénées - Toulouse / Publication : 24 février 2019
A 5 ans, Mélanie découvre le cirque et en fait aujourd'hui son métier. Mélanie nous dévoile ce qui l’anime dans ses projets mais aussi l’environnement spécifique dans lequel elle évolue.

Mélanie artiste de cirque

Ce que j’aime dans mon métier….

Jouer devant une place de mille personnes et rentrer à l’hôtel ne m’intéresse pas. Je préfère à ce moment-là donner des cours dans la rue, jouer chez l’habitant ou dans un festival. Cette envie de faire passer des messages est importante, des messages que l’on débat ensuite...  Il y a une volonté de transmettre, d’amener les gens vers une réflexion, de mettre en lumière une idée, un questionnement. C’est la démarche qui m’intéresse. J’ai besoin de l’échange, il nourrit ma réflexion artistique et affine ma vocation. J’ai besoin de sentir que ça touche les gens.

J’évolue dans des projets différents collectifs, duos, solos au sein du cirque des Petites Natures. Le projet collectif « Cabaret 2000 » se joue depuis plusieurs années déjà, il mature…

Dernièrement, je me suis aussi lancée dans un solo, envie de profiter de mon élan sans devoir attendre. Dans mon spectacle « Dori », j’aborde le thème du consentement, de la confiance en l’autre. Je joue beaucoup avec le public. Je les invite à venir sur scène jusqu’à ce qu’un spectateur se retrouve technicien du spectacle et que le public organise ma fête d’anniversaire. L’objectif c’est la cohésion. J’aime réunir des inconnus autour d’un évènement positif.

Pour ce spectacle, je me charge de la promotion, la diffusion et la communication en plus de la création et de la production. Je suis entourée de soutiens ponctuels : des amis m’aident avec l’écriture, les chorégraphies, les costumes… Côté création, je suis aussi soutenue par le studio Pact.

 

Et je suis devenue artiste de cirque….

J’avais cinq ans quand j’ai vu mon premier spectacle fait par des enfants. J’ai tout de suite adoré l’esprit collectif, l’émulsion d’énergie autant que la discipline sportive et artistique. De ce jour j’ai harcelé ma mère jusqu’à ce qu’elle m’inscrive dans une école de cirque ! L’injonction c’était « passe ton bac d’abord ! ». J’ai toujours fait du cirque mais à 16 ans c’est devenu une idée fixe. Je me suis entrainée énormément, entre 15 et 20 heures par semaine, pour entrer dans des écoles professionnelles. J’allais à tous les week-end proposés, les animations de kermesses, les cours en plus… Je donnais moi-même des cours aux plus jeunes pour financer les miens. Je passais mes soirées et mes fins de semaines au cirque. Je n’ai jamais arrêté. J’ai pratiqué de nombreuses disciplines comme les équilibres sur les mains, disciplines aériennes, tissus, sangles aériennes…

Je me suis formée dans une école de cirque traditionnel en Suisse. Dès mes 18 ans, j’ai suivi divers programmes en Europe et finalement intégré le Lido à Toulouse. Impossible de poser mes valises à un endroit sans avoir exploré avant. J’avais envie de voyager.

Au début j’avais besoin de monter sur scène, partager l’énergie. J’avais besoin de m’exprimer parce que j’ai beaucoup de caractère. Aujourd’hui, c’est avant tout la vie en communauté et le partage qui me plaisent. La vie en communauté c’est la possibilité de faire une auto production sur 3 mois viable financièrement. C’est avoir suffisamment de bras pour monter un chapiteau là où seule c’est impossible. C’est aussi beaucoup de rire et d’intelligence collective. C’est communiquer sans être physiquement ensemble toute l’année et partager la vie en caravane pendant les temps de production. J’aime cette manière de dynamiser un peu la vie, changer d’horizon, s’éloigner du quotidien.

 

Cirque et vie de famille, comment ça se passe ?

  • Je suis en congé maternité mais je n’ai pas encore les moyens d’avoir un chargé de diffusion ou une équipe autour de moi. Alors c’est difficile de couper réellement. Si j’arrête de faire la promotion, je n’embraye pas sur une tournée pour l’été suivant. Il faut rester à l’esprit des gens, assurer un suivi.

 

Dans 10 ans ?

Je serai passée à autre chose. Je serai en déplacement, ou plus ancrée avec un lieu de vie qui propose des animations, des concerts, des accueils en résidence ou un restaurant. Je ne serai plus systématiquement sur la route à monter des nouveaux projets. J’ai très envie d’aller vers la pédagogie. J’ai aussi envie de voyager… A voir….

 

Un conseil à un jeune

Saute dans l’eau tu verras plein de gens te demanderont si elle est bonne et sauteront avec toi ! Ne t’inquiètes pas, pédales, ça va rouler ! Positivez ! Artiste de cirque n’est pas encore reconnu comme un métier à part entière et c’est assez précaire. Personne ne va y croire si tu n’y crois pas mais si tu le fais tout le monde y croira ! Fais-le donc !

 

Propos recueillis par C. Perrin

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