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Muriel, chargée de production arts du cirque

Le couteau suisse du spectacle vivant

Midi-Pyrénées - Toulouse / Publication : 15 avril 2020
Entre caravanes et chapiteaux se cache le bureau de Muriel qui jongle quotidiennement avec les tâches administratives et l’accueil réel des artistes. Cette chargée de production met toute sa souplesse et sa capacité d’anticipation aux services des circassiens défilant à la Grainerie à Toulouse.

Murielle (Photo : C.Perrin)

Mon quotidien…

Je travaille, aujourd’hui, à la Grainerie depuis six mois en CDI. Suite à un remplacement plusieurs années auparavant j’ai été rappelée pour ce travail. La Grainerie, c’est un lieu de fabrique des arts du cirque et de l’itinérance, un lieu d’accueil pour les compagnies qui créent leur spectacle. C’est également un lieu d’entrainement pour les circassiens et également un lieu de diffusion « test » pour présenter les étapes de travail et les avants premières de spectacle.
Je suis chargée de la production des accueils en création, en diffusion et des événements de la Grainerie : j’assure la coordination des plannings des salles, je m’occupe des aspects administratifs, logistiques et de l’accueil des compagnies qui viennent travailler ici.
Je travaille en interaction avec l’ensemble de mes collègues en communication, technique, administration et direction, et je trouve ça passionnant. Je me sens bien dans mon poste aussi parce je suis autonome et proactive.

Qualités/compétences pour réussir en tant que chargée de production ?

Mieux vaut avoir un bon relationnel : le milieu du spectacle vivant s’appuie sur une organisation collaborative, il faut aimer travailler en équipe.
Savoir anticiper et garder son sang-froid : tout n’est pas paramétrable dans l’organisation d’évènements. Quelle que soit l’anticipation, il y a toujours des imprévus, on a affaire à de l’humain dans le spectacle vivant. C’est par essence imprévisible !
Il faut être curieux, savoir se positionner entre métier passion et professionnalisme, être conscient du fonctionnement en réseau pour trouver du travail.
Pour le métier de production il faut faire preuve de rigueur et de souplesse, un peu comme les circassiens.

Toulouse - Niort - Paris - Toulouse : du patrimoine au spectacle vivant…

J’ai premièrement suivi une formation en histoire et histoire de l’art à l’université Jean Jaurès à Toulouse. J’espérais intégrer l’école du Louvre en restauration d’œuvre d’art mais finalement je me suis aperçue que c’était assez difficile… Je me suis orientée vers la mise en valeur du patrimoine en suivant un Master patrimoine à Cahors. Sortant d’étude j’ai travaillé pour le conseil départemental des Deux Sèvres à Niort sur de multiples projets comme un site de la seconde guerre mondiale, des anciennes voies ferrées…
Je me suis aperçue que j’aimais beaucoup le spectacle et l’évènement. Je n’avais pas l’impression que mon métier s’orientait dans ce sens-là. Aujourd’hui, il existe des masters II appliqués aux métiers du spectacle vivant et à la conduite culturelle qui n’existaient pas ou très peu. A l’époque, j’ai intégré une formation « management et communication des entreprises culturelles » privée à Paris pour cinq mois. C’était très intense ! J’ai ainsi mis le pied dans le réseau du spectacle vivant et de l’évènement culturel, appris le vocabulaire, rencontré des professionnels et construit un petit réseau. J’ai travaillé à Paris pour deux projets. Le premier concernait un festival pluridisciplinaire « Onze bouge » avec de l’art de la rue, de la danse, de la musique et du théâtre. Le deuxième était assez protéiforme avec des évènements culturels sur l’espace public et le projet « Paris face cachée » pour lequel nous créions des évènements dans des lieux habituellement interdits au public. Je travaille dans le domaine du spectacle vivant depuis une dizaine d’années maintenant.

CDI, CDD… caractéristique du statut

Chargé de production c’est essentiellement de l’intermittence : en 15 ans c’est mon premier CDI ! J’ai alterné CDD et périodes de chômage… ça peut être assez inconfortable de chercher du travail tous les six mois mais personnellement cela me convenait. On peut aussi faire le choix d’intégrer des projets plus pérennes mais souvent le salaire ne suit pas.
Dans le domaine du patrimoine, en collectivité, c’est une autre stabilité. Personnellement, je n’appréciais pas le côté protocolaire en terme de prises de décision, possibilités d’actions… J’aime la liberté que confère les petites équipes et le travail associatif.

Et dans 10 ans ?

Je ne suis pas dans un cheminement de carrière linéaire partant de stagiaire à des postes de direction avec une progression du salaire. L’important, pour moi, est de ne pas s’ennuyer. Dans dix ans…. Peut-être une future reconversion !

Propos recueillis par C.Perrin

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