Imprimer Imprimer Imprimer Envoyer à un ami

Clara - 20 ans, dessinatrice-projeteuse et référente numérique du BIM

"On est l’avenir car on a un pied dans ce qui se faisait avant et un pied dans ce qui se fera plus tard"

Midi-Pyrénées - Toulouse / Publication : 3 février 2020
Du haut de ses 20 ans, Clara Pujol est en alternance dans l’entreprise Centenero et fils à Pamiers en tant que dessinatrice-projeteuse et référente numérique du BIM. Le bac professionnel Technicien d'Études du Bâtiment : Études et Économie (TEBEE) en poche, elle a tenté une première année de BTS bâtiment qui ne l’a pas convaincue et vient de se lancer dans une formation au GRETA "référent numérique du BTP". Un parcours un peu atypique probablement pour certains mais qui correspond en tout point aux attentes des professionnels du secteur.

C Pujol

De l’architecture d’intérieur au bâtiment

"Au tout début c’était l’architecture d’intérieur qui m’intéressait, bercée par la télé et des émissions telles que « Maison à vendre » où l’on effectue des travaux. Avec la proximité du lycée Bergès pour moi, je me suis lancée dans l’ancien bac pro technique, études et économie de la construction même si cela n’était pas de l’architecture d’intérieure pure. J’ai pu faire des stages avec des architectes et je me suis rendue compte que je préférais la partie technique à la partie artistique du bâtiment. Les architectes que j’ai pu rencontrer ont réalisé des projets magnifiques mais  ignoraient d’une certaine manière la façon dont cela tient. Je trouve cela dommage car j’aime bien savoir comment marchent les choses".

Votre métier

"Je suis actuellement en alternance avec le Greta et dans l’entreprise Centenero et fils (une entreprise de plomberie, électricité) basée à Pamiers. Je suis dessinatrice-projeteuse c’est-à-dire que je modélise sur maquettes parce qu’ils n’ont pas cela dans leur entreprise. Je dessine des plans en modélisant avec le logiciel REVIT. On ne fait pas que dessiner, c’est une maquette renseignée, c’est-à-dire que l’on a la maquette 3D avec d’autres fonctions. Par rapport à d’autres logiciels plus « classiques » de modélisation (ex : Sketchup), ici on peut aussi connaître l’isolant que l’on a mis sur un mur, la quantité d’enduit, la surface de peinture à utiliser etc. Pour les quantitatifs, c’est bien plus simple. J’ai appris à utiliser ce logiciel depuis ma 2nde pro au lycée Bergès et c’est très ouvert vers l’avenir. Moi je veux prouver à l’entreprise que, même si ce logiciel a un coût non négligeable, il est très rentable dans le temps".

"À cela s’ajoute ma fonction de référente numérique BIM. C’est pousser les entreprises vers le numérique, le BIM et l’environnement connecté. J’y restaure/instaure la partie numérique. Il n’y a pour l’instant ici qu’un réseau qui connecte tous les postes entre eux. Il y a vraiment tout à construire ici. Maintenant c’est compliqué car la majorité des cours que l’on a portent sur le management : faire changer les choses sans bouleverser l’entreprise, les employés. Et en un an, je ne pourrai malheureusement pas faire tout ce que je souhaiterais".

"Pour exercer ce métier il faut avoir confiance en soi car il faut être sûr de ce que l’on fait. Il faut aussi de l’imagination, de la créativité pour rajouter sa touche en tant que dessinateur-projeteur".

Être une femme dans le BTP…

"Personnellement j’ai toujours été avec des garçons et ce dès le début de ma formation donc je n’imaginais pas que cela pourrait être compliqué. Après c’est à double tranchant. Par exemple mon professeur en bac pro me poussait avec autre camarade fille encore davantage que les garçons. A contrario dans des stages ou entreprises, on se rendait compte que certains pouvaient parfois rabaisser… Mais moi dans l’ensemble je m’y retrouve et m’y sens bien".

Si vous deviez conseiller ce à un/une jeune qui veut faire la même chose que vous, que lui diriez-vous ?

"Dans le bâtiment, il y a beaucoup de places contrairement à d’autres secteurs comme le commerce qui lui est saturé. Pour les filles c’est encore plus vrai car il faut justement que l’on se fasse notre propre place. Maintenant les jeunes qui rentrent en formation maintenant ou bien les promotions depuis 2017 ont le savoir numérique que les entreprises n’ont pas et recherchent. Sinon elles doivent former mais cela coûte cher alors que nous avons déjà un certain bagage sur le numérique ce qui en fait un gros avantage. On est  donc l’avenir car on a un pied dans ce qui se faisait avant et un pied dans ce qui se fera plus tard avec les nouvelles technologies etc. En revanche, les entreprises qui ont toujours travaillé à leur façon ont du mal à concevoir qu’on puisse changer de manière de faire les choses".

Et demain, ou dans 10 ans, quelles sont vos perspectives ?

"À l’avenir j’aimerais aller dans des petites entreprises pendant quelques semaines en tant qu’intervenante extérieure pour les aider à passer le cap du numérique puis changer. Je me rends compte que lorsque l’on est interne à l’entreprise (mais pas en haut de l’échelle), c’est parfois compliqué de faire évoluer les choses".

"Dans un avenir plus lointain, je en sais pas si j’exercerai ce métier-là toute ma vie car aujourd’hui on n’est plus dans cette dynamique mais je crois que je resterai dans le bâtiment que ce soit en bureau ou conductrice de travaux. Depuis 5 ans cela me plaît toujours autant et il y a de quoi faire".

"Je pourrais travailler dans les travaux publics également mais j’avoue que je n’apprécie pas forcément ce champ d’activités. Je préfère les immeubles aux ponts par exemple mais c’est uniquement une affaire de goût".

 

Propos recueillis par A.Landes

Haut de page

Vient de paraître

Élargir ses horizons
professionnels