Paca - Nice / Publication : 5 mars 2013
Le parfumeur créateur ou « nez » répond à la demande de clients qui ont un projet de parfumage et retranscrit sous la forme d’une odeur et d’une formule chimique ce qu’il a imaginé.

Parfumeur visuel

Des tâches variées

Avec le client, je définis la cible à laquelle est destiné le produit : homme ou femme ? Quelle tranche d’âge ? Quelle catégorie socio-professionnelle ? Je m’enquiers du support désiré : crème, shampoing, alcool… J’examine les contraintes réglementaires, budgétaires et le délai. Je m’imprègne de l’univers olfactif de la marque afin que le produit s’harmonise avec l’ensemble de la gamme.

Je travaille avec une évaluatrice qui a une bonne connaissance des tendances du marché et de la bibliothèque des parfums de la société. Elle propose des notes de départ que je vais personnaliser et adapter à la demande. J’élabore la formulation qui permet de lancer les essais pesés par une assistante : de très nombreux tests sont d’ailleurs nécessaires avant l’aboutissement du projet.
Le législateur vérifie la conformité du produit avec la règlementation en vigueur pour éviter toute réaction allergique et le
laboratoire d’applications le met sur support (crème, alcool, shampoing…). Si le client est satisfait et se retrouve dans la création, il commande le concentré et la formule chimique trouvée lui est réservée.

Le parfumeur travaille sur plusieurs projets en même temps car il y a un phénomène de saturation. Le matin, le nez est à l’optimum de ses capacités et sent tous les fonds. Un parfum est un produit très vivant : le matin, quand on se parfume, ce sont les notes de tête que l’on sent. Dans la journée, les notes de cœur et quand on reprend un vêtement, avec l’évaporation du parfum, c’est la note de fond, plus ténue et plus subtile, qui transparait. A nous de nous organiser et gérer le temps imparti pour chaque projet. Pour une eau de toilette, on a deux ou trois mois. Pour un shampoing, une semaine. Une de mes créations ? Une des nouvelles gammes capillaires d’Yves Rocher.

Comme dans tout processus créatif, il y a des moments d’euphorie et puis des creux où on est moins inspiré. Mais ce qui est appréciable, c’est une grande liberté, le plaisir de créer, de se renouveler puisque les projets sont toujours différents.

Une formation très technique

Les exigences en matière de sécurité se sont accrues. Il est indispensable de connaître la compatibilité des produits qu’on utilise, leurs réactions et leur stabilité. Il faut un solide bagage en chimie avant de faire son apprentissage chez les parfumeurs séniors. Moi-même j’ai fait une école de chimie avant l’École de parfumerie de Versailles.

Philippe Collet Parfumeur créateur Société Expressions parfumées

Vient de paraître

Élargir ses horizons
professionnels