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Conseils de profs

Publication : 18 mars 2019
Tous les ans, ils accueillent de nouveaux étudiants dans les rangs de psychologie. Ils sont bien placés pour parler aux futurs bacheliers qui souhaitent s'orienter dans ce cursus. 5 enseignants vous donnent leurs points de vigilance.

Construire son projet pro 

Anne Thevenot

Anne Thevenot, professeure de psychologie et de psychopathologie cliniques à l’université de Strasbourg

"Les étudiants s'orientent souvent en psychologie sans savoir ce que cela recouvre. Certains viennent pour être assistants de service social ou éducateurs, en pensant que cette filière va les préparer pour passer les concours. Afin de les aider à définir leur projet, on leur demande d'effectuer des recherches sur un métier qui les intéresse, puis on les encourage à mener des entretiens avec des pros qui exercent ce métier, pas forcément des psychologues. L’objectif est de les amener à se détacher de leurs représentations des professions, notamment celle de psychologue comme un métier d’aide, qui s’exerce en cabinet… Ils découvrent qu’il y a d’autres approches que la psychanalyse, d’autres manières de travailler. Il y en a pour qui ces rencontres sont décisives."

 

Se préparer à autant de statistiques et de biologie que de psychologie

"Les lycéens imaginent souvent que la psychologie est proche de la philosophie, alors qu’elle est une science où l’on cherche à comprendre comment fonctionne l’individu, malade ou sain. Ces connaissances sur l’être humain résultent de l’observation ou de l'expérimentation. Pour en extraire des lois, on a besoin d’outils statistiques. À partir de quel âge considère-t-on que le fait qu’un enfant ne parle pas devient un problème ? Les statistiques peuvent donner une réponse : c’est quand 95 % des autres enfants parlent. De même, énormément de fonctions psychologiques sont en relation avec le cerveau et le système nerveux central : il est donc important de posséder des connaissances fondamentales en neurosciences. C’est pourquoi il y a autant de statistiques et de biologie que de psychologie au programme des trois 1ers semestres de licence." 

Marianne Jover

Marianne Jover, professeure en psychologie du développement à l'université d'Aix-Marseille

Rencontrer des psychologues pour tester sa vocation 

Clotilde Potez

Clotilde Potez, doctorante en psychologie et enseignante à l’université Paris 8

"Les lycéens se dirigent parfois vers la psychologie parce qu'ils veulent aider les autres, apprendre à mieux se connaître, et pour certains cela fait suite à des difficultés auxquelles ils ont été confrontés dans leur parcours de vie. La représentation qu'ils ont du métier de psychologue n'est pas toujours très claire ni le reflet du terrain. Le contenu de la formation universitaire peut alors les surprendre et ne pas répondre à leurs attentes. En se rendant compte que ce domaine ne correspond pas à ce qu'ils imaginaient, certains étudiants abandonnent en cours de route. Il est donc important que les jeunes qui se sentent attirés par le métier de psychologue puissent rencontrer des professionnels afin de leur poser des questions sur l'exercice de leur profession et, s'ils en ont la possibilité, de réaliser un stage d’observation. Cela permet de prendre déjà conscience de certaines réalités du terrain. Par exemple, bien que l'objectif puisse être d'accompagner les personnes vers un mieux-être, en particulier dans le champ de la clinique, il faut savoir que les psychologues sont confrontés au quotidien à la souffrance : de leurs patients en libéral, des malades à l'hôpital, des personnes victimes de situations sociales et familiales compliquées, etc."

 

Ne pas s’attendre à être d’emblée dans la pratique 

"La licence de psychologie reste très théorique, et les connaissances à acquérir sont très abstraites. Il n’y a pas de pratique, à part un cours de découverte des métiers en 2e année où l’on incite les étudiants à aller chercher des informations sur les métiers de la psychologie, et à rencontrer des psychologues en exercice. En 3e année, il est aussi possible de réaliser un stage, mais il est optionnel et consiste en un stage d’observation et non de pratique. Le reste des cours propose une approche théorique de la psychologie."

Christine Moroni, responsable de la licence de psychologie de l'université de Lille - SHS

Christine Moroni, responsable de la licence de psychologie de l’université de Lille - SHS

Bien se renseigner sur le programme 

Inès

Inès Pelissier, membre de la FFPP

"Toutes les licences de psychologie apportent des bases dans les différents domaines de la psychologie. Mais chaque université présente ses spécificités, que l'on retrouve dans l’emploi du temps. Ainsi, certaines donnent davantage de poids à une discipline, comme la neuropsychologie. D’autres se concentrent sur une approche, par exemple sur le modèle psychanalytique. C’est pourquoi il est important de bien se renseigner sur le programme de chaque licence. Mais il est aussi possible de changer de fac au moment du passage en master, lorsqu’on a eu le temps de se familiariser avec les disciplines et les références théoriques, et d’identifier celles avec lesquelles on se sent le plus à l’aise."

 

 

Psychologie : posez vos questions à nos experts !

Psychologie : posez vos questions à nos 4 experts !

Motivé par les sciences de l’humain, vous avez envie de vous lancer dans des études de psychologie. Doté de qualité d’écoute, vous êtes attiré par le métier de psychologue. Combien de temps dure la formation ? Quel est le bon profil pour s’engager ? Le titre de psychologue est-il indispensable pour exercer ? Être psychologue, est-ce pratiquer le plus souvent en libéral ? Autant d'interrogations que vous pouvez soumettre à nos experts, du 21 février au 13 mars 2017.

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