Cliquez
pour afficher
le menu
bannière psycho
Onisep.fr, l'info nationale et régionale sur les métiers et les formations
Accueil Témoins en direct

Mes débuts après psycho

publication : 29 décembre 2016
Avoir le titre de psychologue est une chose, trouver un travail et se lancer en est une autre ! De stage en remplacement, de candidature spontanée en réseau professionnel, 4 jeunes diplômés reviennent sur leur recherche d’emploi et leurs premiers pas dans le métier.

Cliquez sur la photo de chaque diplômé pour découvrir son témoignage !

 

Inès, 25 ans, psychologue en structures médico-sociales

"Le réseau est très important en psycho pour trouver du travail !" 

 

"Au début de notre vie pro, on n’exerce pas forcément dans le secteur que l’on voudrait, prévient Inès. Mais c’est aussi une chance de découvrir d’autres domaines et de s'y plaire, ce qui m’est arrivé." Flash-back sur les débuts de la jeune psychologue.

Des stages au pluriel

Alors qu’elle est en master 2 de psychologie clinique, du développement et de l’éducation, par contacts interposés, Inès trouve son stage de fin d’études dans le domaine qui l’intéresse : la protection de l’enfance. Elle fait ainsi ses premiers pas dans un service d’AEMO : "Ce n’est pas un contexte évident pour commencer car les jeunes et les familles ne sont pas forcément demandeurs de l’intervention du psy, qui se fait sur décision d'un juge. De plus, on ne les reçoit pas toujours dans un bureau, on va les voir sur le terrain." Inès effectue également quelques heures de stage dans les 2 autres structures où exerce sa tutrice, un FAM et un Esat qui accueillent des personnes atteintes de déficience intellectuelle.

Un premier contrat de 23 % 

Aussitôt après son diplôme, sa tutrice lui propose de soutenir sa candidature pour la remplacer dans ces structures. Très intéressée, Inès passe 2 entretiens avec la direction : "Ils m’ont beaucoup interrogée sur ma pratique, comment je me situais par rapport au public qui souvent ne parle pas. Grâce à mon stage, j’ai pu mettre en avant que je connaissais les structures et les résidents." Elle obtient le poste, un CDD de 23 %, soit 1 journée de 8 heures par semaine : "C’est une chance énorme de trouver un contrat directement grâce à un stage quand on est jeune diplômé, car on est très nombreux sur le marché ! Mais cela reste 1 journée de travail…"

Continuer à se former

Pour s’adapter à son poste, Inès lit des livres sur la déficience et demande conseil à la psychologue qu’elle remplace et à celle qui travaille avec elle : "Ce n’est pas évident les premiers temps de se retrouver seule, sans filet ! Il y a un peu d’appréhension." Son intégration se passe bien, auprès des patients comme du personnel, et elle bascule en CDI quelques mois plus tard.

Divers remplacements

Pour compléter son temps partiel, Inès envoie de nombreuses candidatures, en réponse à des offres ou en candidature spontanée. En 9 mois, elle n’est convoquée qu’à 3 ou 4 entretiens : "Il y avait très peu d’offres, et encore moins qui correspondaient à mon profil." Elle décroche toutefois 2 contrats courts, chacun à temps partiel, pour travailler auprès de personnes atteintes de déficience intellectuelle, puis auprès de personnes âgées. Depuis 6 mois, elle remplace un psychologue en congé longue maladie dans un IME qui accueille des enfants porteurs d'un handicap intellectuel. Le poste, un 75 %, lui a été proposé par une directrice de sa structure. Seul bémol : ce poste est à 80 km de chez elle, et sa durée dépend du retour de sa collègue. "Mon idéal serait de travailler en protection de l’enfance. Mais c’est un secteur difficile, donc je voudrais d’abord pratiquer quelques années pour gagner en assurance."

Laura, 25 ans, psychologue en structure médico-sociale

"Quand on débute, ce n’est pas évident de former des professionnels expérimentés."

 

Psychologie clinique et gérontologie : c’est la spécialité que Laura choisit en 2e année de master, une orientation moins courue que la psychologie auprès des jeunes, mais un peu plus porteuse en termes de débouchés. Après 2 stages sur l’année, la jeune diplômée transforme l’essai en premier poste.

Découvrir le public des personnes âgées

Laura fait ses débuts auprès des personnes âgées à la maison de retraite de Nice. "Le contact a été naturel. Grâce à mes cours, je savais ce qu’étaient les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, ce qu’il fallait dire et faire, ou au contraire éviter." Sa mission : calmer des résidents agités ou qui veulent s’enfuir de l’institution, les aider à réduire leur anxiété. Au quotidien, elle apprécie particulièrement la coopération avec les autres professionnels : psychomotriciens, aides-soignants, infirmiers, kinésithérapeutes… Elle découvre aussi une difficulté propre à ce public en fin de vie : "Le premier décès auquel j’ai été confrontée m’a beaucoup marquée. C’est dur de voir mourir une personne avec laquelle on a construit un lien, et d’affronter la souffrance de la famille."

Saisir les opportunités même éloignées

Pour son second stage, Laura envoie sa candidature pour un mi-temps sur 2 Ehpad, une offre diffusée par le directeur du master. "Je pense que ma spécialisation en gérontologie et mon expérience précédente en maison de retraite m’ont aidée à faire la différence. En entretien, les directrices m’ont aussi demandé si j’étais prête à faire la route ou à déménager, car j’étudiais à la fac de Nice et les structures de stage étaient respectivement à 1 h 30 et à 2 heures de Nice." Laura saute sur l’opportunité malgré la distance, d’autant qu’elle apprend pendant l’entretien que le stage pourrait se transformer en emploi.

Faire sa place

L’objectif de Laura est donc clair : faire ses preuves et se positionner d’emblée comme la psychologue de la structure et non comme une stagiaire en observation. Pour cela, elle se lance dans le concret de ses missions : mener des entretiens avec les personnes âgées, leur faire passer des tests qui évaluent la mémoire, organiser des ateliers individuels ou collectifs... Au début, Laura appréhende de se jeter à l’eau, mais elle se sent soutenue par l’équipe de médecins et d’infirmiers : "Quand je rencontrais des difficultés avec un patient, on se réunissait pour réfléchir ensemble. J’échangeais aussi beaucoup avec mes camarades de promo car on avait créé un groupe où l’on cherchait collectivement des solutions aux problèmes rencontrés en stage. Le réseau est très important !" Laura est aussi chargée de former le personnel soignant à la bientraitance des résidents : "Quand on est débutant, ce n’est pas évident de former des professionnels qui exercent parfois depuis longtemps. Mais il faut se lancer et ça vient !"

Transformer le stage en poste

Comme les actions qu’elle a mises en place dans les 2 structures ont des retours positifs, le stage de Laura est transformé en CDI, et elle déménage peu après pour se rapprocher : "Ça m’a permis de pérenniser le travail que j’avais commencé, et de mettre en place de nouvelles actions." Depuis son embauche, la jeune psychologue a notamment créé des ateliers jeux vidéo pour travailler la coordination des gestes des personnes âgées.

Clément, 26 ans, psychologue en hôpital

"À l’hôpital, chaque pro apporte ses compétences spécifiques pour prendre en charge les patients." 

 

C’est avec l’idée de devenir psychanalyste et d’ouvrir son propre cabinet que Clément s’inscrit en master de psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse. Mais ses stages de master font évoluer son projet.

Tester différentes structures

En 1re année de master, Clément découvre le fonctionnement de l’hôpital psychiatrique en réalisant un stage auprès d’adultes psychotiques : "J’appréhendais certaines situations, comme les crises de colère ou la froideur affective. La rencontre avec ces patients m'a montré que mes a priori étaient faux." Il est surtout séduit par les échanges avec les autres professionnels : "J’étais supervisé par un psychologue et un psychiatre. On organisait des réunions avec les infirmiers, les psychologues et des intervenants d’autres institutions. J’ai trouvé ces échanges très intéressants." Il effectue son stage de fin d’études dans un centre médico-psychologique pour découvrir le fonctionnement d’une autre institution et le travail auprès de préadolescents.

Une opportunité en libéral

Son titre de psychologue en poche, Clément prépare un DU pour se spécialiser en psychopathologie du travail. Après avoir organisé un stage dans une association qui accueille des personnes en souffrance sur leur lieu de travail, Clément se voit proposer un poste dans cette même association. Le jeune psychologue s’y installe alors comme psychologue en libéral, ce qui se révèle compliqué : "Il y a beaucoup de démarches administratives à effectuer pour s’installer ! Et il faut travailler en quantité pour gagner sa vie. Or il est impossible pour moi d’écouter et d’être pleinement présent aux souffrances des personnes 9 heures d'affilée." Au bout de 8 mois, il décide donc de ne pas donner suite.

Rejoindre l’hôpital

Clément répond à 2 ou 3 annonces, et envoie quelques candidatures spontanées, sans succès. Une collègue l’informe qu’un poste va se libérer à l’hôpital local de Houdan (78). S’ensuivent CV, lettre de motivation et entretien de recrutement concluant. Clément va exercer dans l’unité des soins palliatifs qui accueille et accompagne des patients malades, pour des évaluations, parfois des fins de vie. Quand il commence, il a 4 heures de transport par jour, pour un salaire autour de 1500 € net par mois. Son intérêt pour les missions et les professionnels rencontrés compense la distance et le salaire : "J’ai beaucoup de chance : c’est un hôpital à taille humaine, et j’ai été très bien accueilli par tout le monde."

Objectif titularisation

Ses premiers contacts avec les patients l’ont marqué : "Je n’étais pas habitué à voir des corps abîmés, des personnes très malades… Ça m’a ébranlé. Je me suis demandé si j’allais réussir." Son rôle : être auprès des patients pour évaluer leur angoisse et leur douleur, soutenir leur famille mais aussi l’équipe soignante. Il est conquis : "J'ai découvert la possibilité de construire une pratique sincère." Aujourd’hui sur un poste de 1 an, Clément espère que son contrat se transformera en CDI ou que l’hôpital demandera l’ouverture d’un concours pour qu’il puisse tenter de devenir fonctionnaire. 

Marina, 23 ans, psychologue du travail chargée de recrutement

"J’aime aider les demandeurs d’emploi à trouver quelque chose qui leur plaît."

 

Le projet de Marina s’est dessiné pas à pas. Au départ intéressée par la psychologie clinique, elle sent qu’être confrontée à la souffrance au quotidien ne lui conviendra pas. C’est donc vers la psychologie du travail qu’elle s’oriente en master : "Les problématiques liées au monde du travail m’interpellaient, car j’entendais beaucoup de gens autour de moi stressés ou mal dans leur travail."

Le terrain pour construire son projet 

Pour son premier stage de master, Marina multiplie les candidatures et passe 15 entretiens : "Le rythme de 2 jours par semaine n’intéresse pas les entreprises qui préfèrent des stagiaires à temps-plein." Sa persévérance paie : elle décroche un stage dans le recrutement. Mais elle n’est pas convaincue par son activité (trouver sur les réseaux sociaux professionnels des stagiaires pour d’autres entreprises), jugée "trop commerciale". La jeune étudiante reprend ses recherches et effectue un stage dans une structure qui aide les jeunes en décrochage scolaire dans leur projet professionnel. Cette fois, la mission d’accompagnement lui plaît : "J’ai aimé m’y sentir utile, pouvoir aider." Elle décide donc de viser un master 2 de psychologie du travail spécialité psychologie de l’orientation.

Social, recrutement… des hésitations 

Pour son stage de fin d’études de 6 mois, Marina choisit de continuer sur le volet social. Elle obtient un stage de conseillère en insertion dans un centre de formation. Elle aide les allocataires du RSA à trouver un projet professionnel : "C’était très compliqué, car le public avait beaucoup de difficultés autres que psychologiques : matérielles, des freins linguistiques… J’avais l’impression d’être davantage assistante sociale que psychologue." C’est bien là tout l’intérêt des stages : savoir en situation si l’on y trouve son compte ou pas. Marina penche finalement pour le domaine du recrutement.

Contrat de 1 an dans le monde de l’entreprise

Tout juste diplômée, la jeune femme envoie des candidatures spontanées. Au bout de quelques semaines, elle est convoquée en entretien et prise en CDD de 1 an à l’Afpa, qui s’occupe de la formation des adultes. "J’ai eu beaucoup de chance de trouver un emploi aussi vite et si bien payé, c’est très rare ! En général, les psychologues font peur aux entreprises." Marina y anime des réunions de présentation des formations pour les demandeurs d’emploi, auxquels elle fait passer des tests et des entretiens pour évaluer leurs motivations. "J’aime le contact et aider les demandeurs d’emploi à trouver quelque chose qui leur plaît." Quand l’un d’entre eux est un peu perdu, elle cherche d’autres voies, effectue un accompagnement vers d’autres dispositifs, souligne les points à travailler… Ce qu’elle aimerait ensuite ? Travailler dans un centre de bilans de compétences pour accompagner des cadres qui souhaitent se reconvertir, et peut-être même un jour monter sa structure.

Imprimer

Haut de page

Vient de paraître

Pour
les professionnels