Choisir mes études
A l’âge de 14 mois, le diagnostic tombe : Alice présente une surdité sévère. Aujourd’hui sourde profonde, elle oralise très bien et sa scolarité se déroule sans problème. Un exemple d’adaptation réussie.
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Née sourde sévère, Alice est appareillée à 17 mois. Elle commence par apprendre la LSF (langue des signes française) pour lui permettre de structurer son langage. Elle rentre à la maternelle très tôt, 2 ans et 5 mois. Ses parents font le choix d’une Clis (classe pour l’inclusion scolaire) pour déficients auditifs.
Afin de mettre toutes les chances de son côté, Alice est suivie par une orthophoniste spécialisée pour l’aider à oraliser, donner un sens aux mots, acquérir du vocabulaire, apprendre à construire des phrases, puis plus tard passer de l’oral à l’écrit. Autre apprentissage très important : la lecture labiale.
Entre l’orthophonie et les appareils, Alice commence à communiquer oralement. "Quand, elle disait un mot qu’elle savait signer, elle ne le signait plus et oralisait tout de suite", explique sa mère, Nathalie.
En moyenne section, Alice va la moitié du temps en Clis et l’autre moitié dans une classe ordinaire. "Nous n’avons pas pu l’inscrire à l’école du quartier, car nous souhaitions qu’il y ait de l’orthophonie libérale sur le temps scolaire et, à l’époque, cela nous a été refusé. Alors, nous l’avons scolarisée dans un établissement privé et, depuis, cela se passe très bien." A partir de la grande section, elle suit une scolarité ordinaire.
Entre le CP et le CE1, Alice perd encore de l’audition et devient sourde profonde (surdité presque totale). Comme l’appareil ne lui apporte plus rien, on envisage la pose d’un implant cochléaire. Si Nathalie a longtemps hésité en raison du côté irréversible de l’opération, elle ne regrette pas sa décision. Cela a été "magique", elle se l’est approprié extrêmement vite : en 1 mois et demi alors que cela demande en général 6 mois. Cette facilité à tirer parti des nouvelles technologies, Nathalie l’explique par son "côté auditif, comme d’autres sont visuels".
Au niveau scolaire, elle est maintenant en CM2 et n’a plus de décalage par rapport aux autres. C’est une bonne élève. Les enfants entendants sont solidaires : "Par exemple, elle n’entend pas le son de la cloche en fin de récréation, à cause du bruit. Il y a toujours un élève qui vient la chercher."
"Aujourd’hui, elle va avoir 11 ans. On est en train de préparer son entrée en 6ème qui devrait très bien se passer." Malgré sa surdité, Alice parle normalement, écoute de la musique, le MP3 sur les oreilles, et fait de la danse. "Elle a laissé tomber la langue des signes, parce qu’elle oralise très bien. Je ne pense pas qu’elle revienne à la LSF, mais, si elle le souhaitait, je l’accompagnerais de la même manière. C’est à elle de choisir."
Si, aujourd’hui, 15 % seulement des enfants parviennent à oraliser aussi bien, les progrès technologiques constants devraient permettre d’augmenter ce taux dans les prochaines années.
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