Choisir mes études
A l’issue d’un séjour dans un établissement psychiatrique, reprendre ses études demande parfois un aménagement du parcours scolaire. Interview avec Arlette Jacobsen, directrice des études de la clinique Georges Heuyer (Paris 13e).
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La clinique Georges Heuyer, un établissement permettant de suivre des études au sortir d'une pathologie psychiatrique.
Située dans le 13e arrondissement de Paris, la clinique médico-universitaire Georges Heuyer, établissement du réseau de la Fondation santé des étudiants de France, accueille une centaine de jeunes âgés de 16 à 25 ans. En phase de réinsertion après une pathologie psychiatrique aiguë, ils peuvent y préparer un bac S (scientifique), L (littéraire), ES (économique et social) ou STG (sciences et technologies de la gestion), de la 1ère à la terminale.
"Il s’agit d’un établissement post-cure qui accueille des jeunes souffrant de pathologies psychiatriques lourdes (schizophrénie, anorexie, maniaco-dépression…), mais dont le traitement médical adapté leur permet de suivre des études. Les candidatures doivent être adressées par un médecin psychiatre, à l’issue d’un séjour dans d’autres établissements psychiatriques.
A leur arrivée, les élèves peuvent intégrer un groupe d’accueil où ils se réhabituent progressivement au travail intellectuel. Chaque parcours scolaire est personnalisé en fonction du projet thérapeutique. Par exemple, on peut étudier le programme de la classe de terminale sur 2 ans, si l’évolution du patient le rend nécessaire.
L’intégration est possible tout au long de l’année, mais il faut souvent attendre 6 mois, voire 1 an pour arriver en tête de la liste d’attente."
"L’équipe pédagogique est constituée par des enseignants de l’Education nationale recrutés sur entretien de motivation. Ils travaillent à plein temps dans le lycée médico-pédagogique Georges Heuyer, une annexe du lycée Claude Monet voisin.
Un emploi du temps de base est organisé pour des classes d’une dizaine d’élèves. En plus, les enseignants s’adaptent au parcours personnalisé de chaque jeune.
Une fois par semaine, l’équipe pédagogique fait un point avec l’équipe soignante pour voir comment l’élève progresse en termes de capacités intellectuelles et de comportement au sein du groupe. Les études sont un levier pour le traitement psychiatrique, car elles représentent "la réalité".
Comme dans n’importe quel lycée, en plus du programme scolaire, on les emmène au musée et au théâtre. Ce que l’on souhaite, c’est que ces jeunes redécouvrent le plaisir d’apprendre…"
"Les élèves bénéficient d’un tiers de temps supplémentaire pour passer chaque examen. C’est la seule différence.
En 2009, le conseil régional d’Ile-de-France a financé une résidence d’écrivain avec des ateliers pour accompagner les jeunes dans leur retour à l’écriture.
Les cours de sport sont également adaptés, avec de l’eutonie, une technique de relaxation et de contrôle du tonus musculaire, qui peut être proposée sur indication médicale.
Enfin, une conseillère d’orientation spécialisée en psychiatrie aide ces jeunes à préparer leur avenir en tenant compte de leur pathologie. Et l’on met en place un suivi avec des entretiens réguliers pour certains jeunes qui réussissent à intégrer l’enseignement supérieur…"
La FSEF (Fondation santé des étudiants de France)
Créée en 1923 par l’Unef (Union nationale des étudiants de France), la FSEF a pour vocation d’accueillir des jeunes malades âgés de 15 à 25 ans afin de leur permettre de concilier soins et poursuite ou reprise des études. Par le biais de groupes à effectifs restreints et de soutien individualisé, ces jeunes peuvent préparer diplôme national du brevet, bac, mais aussi diplômes professionnels et diplômes de l’enseignement supérieur.
La FSEF dispose de 11 établissements hospitaliers et de 8 structures médico-sociales, avec une capacité de 1 400 places, en psychiatrie, médecine physique et réadaptation, et soins de suite médicalisés.
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