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Revivez le tchat sur le métier de psychomotricien/ne

Publication : 14 septembre 2018
Tics, mauvaise coordination motrice, difficultés d’attention… le/la psychomotricien/ne s’adresse à tous les publics présentant des troubles psychomoteurs pour des actions de dépistage, de diagnostic, de prévention, d'accompagnement et de rééducation. Gabrielle et Gladys travaillent au sein d’un IME de la région parisienne. Ce métier vous attire ? Êtes-vous fait(e) pour ? Quelles études faut-il envisager ? Elles ont répondu à vos questions le 3 octobre. Revivez le tchat.

Commencez à poser vos questions !

Le Modérateur :  Bonjour et bienvenue sur ce nouveau tchat Onisep. Nous accueillons aujourd’hui Gabrielle et Gladys, deux psychomotriciennes qui travaillent au sein d’un institut médico-éducatif de la région parisienne. Elles se tiennent prêtes à répondre à toutes vos questions sur leur métier, leur parcours, leurs activités, etc. Bon tchat ! 

Gabrielle (psychomotricienne) : Bonjour à tous, nous sommes à votre disposition pour répondre à toutes vos questions ! 

Gladys (psychomotricienne) : Bonjour à toutes et à tous ! 

Soph_10 : Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? 

Mary : Vous vouliez faire ce métier quand vous étiez petite ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Je voulais faire un métier du paramédical. C'est à la suite d’un stage en 3e que j'ai découvert ce métier. Je me suis renseignée sur les études, et... voilà ! 

Gladys (psychomotricienne) : C'était à un forum des métiers en 3e. J'avais déjà dans l'idée d'être kiné ou psychologue. Et j'ai trouvé ce métier qui était un "mix" des deux. 

Florine : En quoi consiste votre métier ? Que faites-vous lorsque vous êtes avec un enfant ? Ce sont les enfants ou les adultes qui sont les plus compliqués ? 

Gladys (psychomotricienne) : Les activités d’un psychomotricien dépendent de la population avec laquelle il travaille. Aux enfants, on peut proposer des parcours moteurs, de l'expression corporelle, des temps de relaxation ou de détente... 

Gabrielle (psychomotricienne) : Les activités vont aussi dépendre des ressources du professionnel et de ses attraits (pour le théâtre, la relaxation, etc.). L'idée principale, c'est de trouver une harmonie entre le fonctionnement psychique et le fonctionnement du corps.

Ori : Bonjour quelles étapes après le bac pour accéder à ce métier ? 

Maéva_69 : Quels études faut-il faire pour être psychomotricienne ? Et pourquoi ce métier ? 

Sandy : Quelles sont les études ? Et quels débouchés ? 

Gabrielle et Gladys, psychomotriciennes, travaillent au sein d’un IME (Institut médico-éducatif) de la région parisienne. Elles ont répondu en direct à toutes vos questions.

Gabrielle (psychomotricienne) : Après un bac général ou ST2S, il faut passer un concours d'entrée spécifique à chaque école, mis à part certaines écoles qui nécessitent d'obtenir la 1re   année de médecine.

On peut passer le concours soit après le bac, soit à la suite d’une année de préparation. On peut effectuer cette année de préparation dans une prépa liée à l'école ou dans une prépa privée. Les écoles, quant à elles, sont privées, sauf celle rattachée à La Salpêtrière. 

Gladys (psychomotricienne) : Les études durent 3 ans. À la fin, il faut présenter un mémoire pour valider le diplôme. 

Sandy : Le concours est-il difficile ?  

Gladys (psychomotricienne) : Il y a peu de places pour le nombre de candidats dans chaque école, mais les concours sont plus ou moins difficiles, et sont différents d'une année sur l'autre. 

Gabrielle (psychomotricienne) : A Lille, nous étions 1 300 pour 70 places. 

Gabrielle (psychomotricienne) : La forme du concours varie : sous forme de QCM, ou de la rédaction... Les épreuves sont basées sur le programme de terminale de SVT du bac S. Il y a une épreuve de français, de réduction de texte. Ce sont les deux seules choses demandées au concours. 

Gladys (psychomotricienne) : Il y a aussi une épreuve de test psychotechnique dans certaines écoles. 

Clara : Et après est-ce qu'il y a des débouchés ?  

Gabrielle (psychomotricienne) : Oui. Il y a plus de demandes pour certains types d'établissements (MAS, EHPAD et FAM recrutent le plus), et selon les départements. 

Sandy : Vous travaillez dans le privé ou public ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Privé à but non lucratif. 

LovePsychomot : Les concours vont disparaître ? 

Gladys (psychomotricienne) : Pas à notre connaissance. 

Azerty : Faut-il passer par la Paces ? 

Gladys (psychomotricienne) : Uniquement pour l'école de Bordeaux, à notre connaissance. 

Martine : Quelles techniques thérapeutiques utilisez-vous ? 

Gladys (psychomotricienne) : En ce qui concerne notre métier avec des enfants autistes, on va plutôt utiliser des techniques de parcours psychomoteurs (équilibre, coordinations...). Il y a aussi les techniques de détente et de relaxation, pour les aider à s'apaiser.

Ensuite, il y a la partie d'expression du corps et de création (théâtre, expression corporelle, danse-thérapie...). Et aussi le travail de la motricité fine : apprendre à avoir des gestes adaptés pour le quotidien (autonomie, repas). 

Martine : De quel type de matériel avez-vous besoin dans vos salles de psychomotricité ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Nous utilisons du matériel qu'on peut retrouver dans des salles de sport dans les écoles primaires : plots, cerceaux, barres, ballons, trampolines, miroirs, plots d'équilibre... Et plus largement du matériel sensoriel :  balles de différentes textures ou différents poids, et aussi des jeux de lumières, des parfums, de la musique...

Ce genre de matériel est utilisé dans une salle multisensorielle. Ce type de salle est appelée salle Snoezelen. Son utilisation nécessite une formation spécifique. 

Léonie : Pourriez-vous nous décrire une journée-type en tant que psychomotricienne ? 

Gladys (psychomotricienne) : On commence par une prise en charge en individuel. Ensuite, on a encore une prise en charge individuelle, avec un enfant différent. Ensuite, on a une prise en charge en groupe, en pluridisciplinarité. Ensuite, une pause.

Ensuite, on accompagne les enfants au repas. L'après-midi, une activité en pluridisciplinarité. Enfin, on est en accompagnement sur les groupes de vie pour le départ des enfants dans leur maison. Après cela, souvent nous avons un temps de réunion institutionnel.

La journée dure de 9 h à 16 h en présence des enfants, suivie des réunions. 

Gabrielle (psychomotricienne) : Sur la semaine, on a un temps dédié aux passations de bilans (base de notre travail), où l'on définit le projet de l'enfant en psychomotricité.
On a également un temps de préparation pendant lequel nous rédigeons des synthèses et des bilans sur l'évolution des enfants (une heure et demie chaque semaine). 

célie : Est-ce qu'il y a des prépa sur Lyon ? Si oui, dans quelles écoles ?

Gabrielle (psychomotricienne) : Oui, il y a une école de psychomotricité, avec une classe préparatoire associée, et certainement des classes prépa privées autour de Lyon. 

Titouan : Y a-t-il des écoles plus réputées que d'autres ?  

Gabrielle (psychomotricienne) : Chaque école a ses spécificités, des orientations différentes (psychanalytique, comportementaliste...). 

Clara : Est-ce qu'on fait de la pratique pendant les trois années ? Est-ce qu'il y a des stages ?  

Gladys (psychomotricienne) : Oui, on fait de la pratique. Tous les ans, en fonction des écoles, des médiations sont proposées : danse africaine, travail de la voix et des percussions corporelles... On voit aussi beaucoup la pratique de la relaxation, sur laquelle nous sommes formés à des techniques bien précises.

Nous effectuons aussi chaque année plusieurs stages courts d’une ou deux semaines, et ensuite un stage long en 2e et 3e années, qui dure de septembre à juillet, sur un ou deux jours par semaine. 

Gabrielle (psychomotricienne) : La pratique que l'on vit dans les écoles est très importante. L'idée est de nous faire vivre ce qu'on proposera plus tard aux patients. 

Coralie : Comment vous êtes-vous préparées pour le concours d'entrée ? 

Gladys (psychomotricienne) : J'ai fait une prépa privée, pendant un an. 

Gabrielle (psychomotricienne) : Même chose. 

Gm-edulo : Comment est-ce que vous arrivez à détecter un problème psychomoteur chez un enfant ? Vous détectez qu'il est autiste par exemple ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Il y a une partie diagnostic, pas spécifiquement pour l'autisme, mais un diagnostic psychomoteur. 

Gladys (psychomotricienne) : Le diagnostic plus général est posé par un médecin, qui dirige ensuite vers un psychomotricien pour établir un bilan, un profil psychomoteur. 

Jeanne : Quelle était votre prépa ? Et dans quelle ville ? 

Gabrielle et Gladys, psychomotriciennes, travaillent au sein d’un IME (Institut médico-éducatif) de la région parisienne. Elles ont répondu en direct à toutes vos questions.

Gladys (psychomotricienne) : C'était la prépa CPES à Nantes. 

Gabrielle (psychomotricienne) : La prépa La Harpe à Rennes. 

célie : Dans quelle école est proposée la danse-thérapie ? 

Gladys (psychomotricienne) : Ce n'est pas une école, mais une formation que j'ai faite après mon diplôme. 

Gabrielle (psychomotricienne) : La formation de trois ans donne la base du métier de psychomotricien, et c'est ensuite qu'on peut approfondir nos techniques, en apprendre de nouvelles. Ces choses-là, c'est avec la formation continue qu'on peut les acquérir. 

aze : Est-ce qu'il y a des hommes dans votre métier ? 

Gladys (psychomotricienne) : Oui, mais peu ! Le ratio est de 15 pour 300 ;-) 

Titouan : Est-il difficile de travailler en libéral dans ce métier ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : C'est possible, mais il faut faire sa "pub" auprès des médecins généralistes pour se faire connaître, et comme on n'est remboursé que pour le bilan psychomoteur, ce n'est pas évident. Une bonne partie des psychomotriciens libéraux gardent des heures en salariat. 

martine : Quelles sont vos perspectives de carrière ? 

Gladys (psychomotricienne) : L'idéal, pour moi, ce serait d'entrer dans la fonction publique et de passer des diplômes qualifiants pour devenir cadre (chef de service). 

Gabrielle (psychomotricienne) : On peut aussi devenir directeur de crèche, ou libéral, par exemple. 

Jeanne : Qu'est-ce que vous préférez dans votre métier ? 

Gladys (psychomotricienne) : Le contact avec les enfants. Pouvoir les aider sur des petits moments dans la journée, c'est gratifiant. 

Gabrielle (psychomotricienne) : Chaque jour promet son lot de surprises, aucune journée ne ressemble aux autres, et travailler avec la spontanéité d'un enfant, c'est passionnant ! 

Clara : Et si vous deviez donner un défaut à ce métier, lequel ce serait ?  

Gladys (psychomotricienne) : La sensation, parfois, d'être frustrée, de ne pas pouvoir aider les enfants comme on le voudrait, du fait de leur situation personnelle, de leur handicap, etc.

 

Jeanne : Les enfant aiment-ils venir voir le psychomotricien ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Souvent, nous avons la chance de partager des moments privilégiés avec eux. Ces enfants ont peu de moments en individuel avec un professionnel, et de ce fait, ils apprécient de nous voir.

L'aspect ludique de notre profession les amène souvent à apprécier de passer du temps avec nous. 

Clara : Vous travaillez seulement avec des enfants ?  

Gladys (psychomotricienne) : Enfants et jeunes ados. Pour ce qui nous concerne, en tout cas. 

Adeline23 : Je suis en M2 Staps et voudrais faire la passerelle pour rentrer en deuxième année de psychomotricité. Mais il y a des examens à passer pour cela. Cependant je n'ai pas accès aux cours de 1re année... y a-t-il un autre moyen de passer en 2e ? ou comment obtenir les cours ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Le niveau licence STAPS et Psycho permet d'accéder directement à la 2e année après un entretien. Les cours de 1re année peuvent être transmis, de manière officieuse. Il faut se rapprocher de l'école souhaitée pour connaître les modalités précises de passerelle. 

Le Modérateur : Adeline, pourriez-vous nous reposer votre question dans la rubrique Contact du site Onisep.fr. Votre question mérite d'apporter des précisions. Merci 

amandine : Je suis psychologue, je souhaite me reconvertir. Puis-je faire la formation en validant des crédits ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : On n'est pas encore dans le système Master/licence/doctorat. La passerelle existe, mais pas dans ces termes-là. 

Marie-Madeleine : Bonjour, ma paroisse propose des cours scientifiques. Pensez-vous qu'ils suffisent pour réussir le concours ? J'aimerais me reconvertir (je suis religieuse). Bien à vous.

Gabrielle (psychomotricienne) : Vous pouvez aller dans une prépa puis passer le concours. 

Jeanne : Vous avez tenté le concours avant la prépa ? 

Gladys (psychomotricienne) : Non, mais certains le font. Mais il faut avoir les moyens... 

Gabrielle et Gladys, psychomotriciennes, travaillent au sein d’un IME (Institut médico-éducatif) de la région parisienne. Elles ont répondu en direct à toutes vos questions.

Marc : Bonjour, quelle est la fourchette de salaire de votre métier pour un débutant ? Merci !

Gabrielle (psychomotricienne) : On démarre entre 1 300 et 1 500 euros net. Tout dépend du type de contrat, fonction publique hospitalière, convention collective, structure privée... 

amandine : En libéral, les consultations sont remboursées par la sécurité sociale ? 

Gladys (psychomotricienne) : Non. Seul le bilan psychomoteur est remboursé. 

Gabrielle (psychomotricienne) : Néanmoins, certaines mutuelles proposent aujourd'hui une participation plus importante que par le passé. 

Clara : Dans quelles structures vous pouvez travailler ? Avec quel genre de personnes ?  

Gabrielle (psychomotricienne) : On peut travailler aussi bien avec des nouveau-nés prématurés qu'en soins palliatifs, et pour tous types de handicaps : traumatiques, de naissance, psychiques ou moteurs...

On peut travailler dans toutes les structures accueillant ce type de patients : hôpitaux psychiatriques, centres de rééducation, maisons de retraite, instituts médicoéducatifs, centres médico-psychologiques, Centres d'action médico-sociale précoce... Mais on peut aussi travailler en milieu ordinaire : crèches, écoles... 

Titouan : Je suis en 3e. Que me conseillez-vous pour la suite de mes études pour aller vers ce métier ? 

Gladys (psychomotricienne) : L'idéal serait de passer un bac S, car le concours porte sur le programme de SVT de terminale S. Cependant, le bac ST2S est aussi adapté, mais nécessitera probablement une année de prépa. 

Le Modérateur : Nous prenons les dernières questions... 

Jeanne : Vous connaissez de bonnes prépas sur Paris ? 

Gabrielle (psychomotricienne) : Je poserais la question dans d'autres termes. Certaines prépas à prix abordables ont une excellente réputation, et inversement. Renseignez-vous sur les prépas et leur cote. Demandez aux étudiants sur les sites des écoles quelles sont les meilleures prépas selon eux, dans la région. Utilisez le bouche-à-oreille.

Se pose aussi le choix de faire une prépa intégrée à une école, qui donne de plus grandes chances d'intégrer l'école, mais seulement celle-là, ou une prépa générale. 

Sandy : Durant la prépa, les cours portent-ils uniquement sur les épreuves du concours ?  

Gladys (psychomotricienne) : Oui. Français et SVT. 

Le Modérateur : La dernière question... 

max : Quelles sont les qualités à avoir pour faire votre métier ? E les défauts à éviter... 

Gladys (psychomotricienne) : Il faut être patient, à l'écoute, de soi-même comme des patients, être capable de s'adapter, être créatif, aimer le travail en équipe. 

Le Modérateur : Le tchat se termine. Gabrielle et Gladys vont conclure. 

Gabrielle (psychomotricienne) : Si vous avez toutes les qualités que vient de lister Gladys, et que vous aimez le jeu et l'échange, n'hésitez pas, ce métier est fait pour vous ! Bonne journée à tous ! 

Gladys (psychomotricienne) : N'hésitez pas à aller faire un tour sur le site du SNUP : http://snup.fr/ Merci encore pour vos questions et votre intérêt. C'est un métier formidable ! Bonne journée à tous. 

Le Modérateur : Merci à toutes et à tous de votre participation. Merci à Gabrielle et Gladys pour leurs réponses.

Clara : Merci beaucoup 

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