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Revivez le tchat sur les études dans les 45 écoles supérieures d'art et design publiques

Publication : 8 novembre 2018
Vous rêvez d’une carrière artistique ou de création ? Vous voulez faire une école d'art ? Benjamin Hochart, artiste, professeur à l'Ecole supérieure d'arts et médias de Caen - Cherbourg et Loïc Horellou, designer, professeur à la Haute école des arts du Rhin, Strasbourg - Mulhouse ont répondu à vos questions. Voici l'intégralité des échanges.

Benjamin Hochart, artiste, professeur à l'Ecole supérieure d'arts et médias de Caen - Cherbourg et Loïc Horellou, designer, professeur à la Haute école des arts du Rhin, Strasbourg - Mulhouse ont répondu en direct à toutes vos questions.

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue sur ce tchat dédié aux métiers d'art et de design. Benjamin Hochart, artiste, professeur à l'École supérieure d'arts et médias de Caen – Cherbourg et Loïc Horellou, designer, professeur à la Haute école des arts du Rhin, Strasbourg – Mulhouse se tiennent prêts à répondre en direct à toutes vos questions sur les formations à ces métiers. 

Benjamin Hochart : Bonjour. Je suis artiste. Je me suis formé dans les écoles supérieures d'art en France. Depuis 2010, j'enseigne à l'École supérieure d'arts et médias de Caen - Cherbourg. J'interviens régulièrement dans plusieurs écoles et je peux répondre à vos questions qui porteront sur les écoles supérieures d'art. 

Loïc Horellou : Bonjour. Je suis graphiste et designer interactif. J'ai fait tout mon parcours d'études dans les écoles supérieures d'art du ministère de la Culture et j'enseigne dans ces mêmes écoles depuis une dizaine d'années. Je suis actuellement enseignant en design graphique à la Haute école des arts du Rhin, à Strasbourg.  

Djo : Les formations et diplômes d’art sont-ils tous reconnus ? 

Benjamin Hochart, artiste, professeur à l'Ecole supérieure d'arts et médias de Caen - Cherbourg et Loïc Horellou, designer, professeur à la Haute école des arts du Rhin, Strasbourg - Mulhouse ont répondu en direct à toutes vos questions

Benjamin Hochart : En école supérieure d’art (réseau des 45 écoles supérieures publiques sous tutelle du ministère de la Culture, dont vous retrouverez les références et spécificités sur le portail de l’Andea : www.andea.fr), le DNA, diplôme de 3e année, vaut grade de licence, et le DNSEP, diplôme de 5e année, vaut grade de master.

Ces formations sont donc reconnues et évaluées régulièrement par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministère de la Culture. Ce sont des diplômes nationaux qui permettent les équivalences et poursuites d’études en France et au niveau européen.

Loïc Horellou : Des 3e cycles existent également sous différentes formes : doctorats, DSRA ou DSRD (des diplômes de 3e cycle du ministère de la Culture), résidences de recherche…

Ohana : Comment se passe l'entrée dans une école d'art ? Y a-t-il des concours et des oraux ? Si oui quelles sont les attentes et les questions types du jury ? 

Mathilde : Est-ce que toutes les écoles d'art ont un concours d'entrée ? 

Loïc Horellou : Il ne s’agit pas d’un concours mais d’un examen. Mais oui, toutes les écoles supérieures d’art sont des filières dites « sélectives » et recrutent avec un examen d’entrée. Cependant il ne s’agit pas d’un concours national avec numerus clausus. Chaque école organise son propre examen d’entrée qui respecte des critères nationaux. 

Benjamin Hochart : Comme le dit Loïc, il y a un concours pour lequel il y a plusieurs étapes, parfois une présélection sur dossier artistique. Ensuite, le concours en lui-même, qui est constitué de 4 épreuves : une épreuve plastique, une épreuve théorique (histoire de l'art), un entretien avec le jury et une épreuve de langue. 

Loïc Horellou : Il s’agit surtout de s’assurer que la pédagogie proposée par l’établissement et l’équipe enseignante est en adéquation avec le projet du ou de la candidat/e, donc qu’une rencontre ait lieu dans le cadre de cet examen d’entrée : les épreuves de pratique plastique et de culture générale sont là pour alimenter l’entretien avec des représentant/es de l’équipe pédagogique. L’objectif est de travailler dans de bonnes conditions et de faire en sorte que chaque étudiant/e ait un encadrement et un suivi suffisant.  

Caroline : Lorsqu'un étudiant envoie un dossier à une école d'art, quels sont les critères regardés en priorité pour sélectionner un étudiant ? 

Loïc Horellou : Il faut distinguer ici les écoles qui font des présélections des écoles qui reçoivent l'ensemble des candidats à l'oral. De manière générale, on essaie de comprendre le système de référence artistique, littéraire, culturel, du candidat. On essaie de comprendre ses centres d'intérêt.  

Benjamin Hochart : Et on évalue la curiosité et la motivation des candidats. L'envie d'expérimenter différentes techniques et différents sujets doit être visible dans le dossier. Il est aussi possible, par exemple à travers des carnets, de montrer son intérêt pour l'art sous les formes les plus variées. Le carnet peut prendre des formes très diverses. Cela peut être du papier relié. Parfois, un dossier d'images dans un ordinateur a les mêmes utilités qu'un carnet. 

Loïc Horellou : Le carnet est essentiel. Il permet de comprendre la méthode et le processus de travail de la personne. C'est quelque chose qui évolue tout au long du parcours dans l'école. 

nour : Bonjour il n'existe que l'École d'art et design à Caen ? Il n'en n'existe pas d’autre dans la Manche ?

Benjamin Hochart : Dans la Manche, il y a le site de Cherbourg qui est un des deux sites de l'École supérieure d'arts et médias de Caen - Cherbourg. Depuis 2011, ces deux sites ne forment qu'un seul établissement supérieur d'art. 

Alice : Y a-t-il un bac privilégié à avoir pour intégrer une école d'art ou peu importe ? 

Flo : Faut-il privilégier un bac spécifique pour accéder à ces écoles ? 

Loïc Horellou : Non. Les écoles supérieures d'art sont parmi les seuls établissements d'enseignement supérieur à accepter, de manière dérogatoire, des candidats qui n'ont pas le bac. 

Caroline : Les notes des élèves au lycée ont-elles une grande importance dans cette présélection ? 

Benjamin Hochart : Non, aucune. 

suzanne : Comment bien choisir son école ? 

Benjamin Hochart, artiste et Loïc Horellou, designer, ont répondu en direct à toutes vos questions

Loïc Horellou : Le meilleur moyen est, si possible, de se rendre dans l'école au moment des portes ouvertes, s'il y en a. Et de discuter avec des étudiants et des enseignants. Ensuite, sur Internet, il est intéressant d'essayer de repérer des étudiants qui sont passés par ces écoles et de voir si on a une affinité avec leur travail en sortie d'école.  

Benjamin Hochart : C'est bien de chercher aussi sur les sites les spécificités de chaque école supérieure d'art afin de remarquer si les types d'enseignement pourraient convenir à son projet, notamment artistique. 

MLGGG.00 : Est-ce qu'un book est toujours obligatoire ? Est-ce qu'on peut montrer des vidéos sans un book ? 

Loïc Horellou : Oui, un dossier est toujours regardé lors des entretiens qui ont lieu au moment des examens d’entrée. Attention à ne pas considérer celui-ci comme un book de modèle photo ou pour travailler en agence publicitaire. Un dossier peut être un assemblage hétérogène de choses que l’on a réalisées, pas nécessairement un book A4 ou format raisin, donc. D’ailleurs, quand on vient pour l’entretien il est toujours nécessaire d’apporter des originaux et des carnets de recherche.

Des étudiants viennent régulièrement avec des travaux vidéo et les jurys des concours sont ouverts à voir ce type de travaux, mais il est préférable d’amener une variété de projets et pas uniquement des vidéos. Il ne faut pas hésiter à montrer son intérêt pour plusieurs pratiques (dessin, photo, écriture, programmation, sculpture, scénographie, musique, etc.). Les étudiants qui apprennent le plus sont ceux qui font le plus d’expérimentations. 

Benjamin Hochart : Un carnet de croquis ou de recherche peut accompagner tous les types de dossiers et donner à voir au jury une variété d’intérêts, les recherches qui ont mené à un travail abouti ou des notes sur une exposition, une pièce de danse ou un film qui a marqué.

L’entretien oral porte tout autant sur le dossier que sur la motivation, les références diverses et variées du candidat, ses questionnements et son envie d’expérimenter. 

eric : Ces deux écoles recrutent quel profil de candidat ? et avec quel background ?

Loïc Horellou : A la HEAR, il n'y a pas de background ou de profil spécifique. Cependant, l'établissement étant très demandé (plus de 1 000 candidats pour 60 places à Strasbourg et environ 30 à Mulhouse), le niveau des candidats est très élevé. Et nombre d'entre eux sont passés par des écoles préparatoires au concours d'entrée. Mais ce n'est absolument pas une demande de notre part. Nous avons tous les ans des étudiants qui arrivent en année 1 directement après le bac (quel qu'il soit). 

Benjamin Hochart : Les candidats ont des profils multiples. Les plus fréquents sont évidemment ceux qui sortent d'écoles préparatoires. Pour Caen - Cherbourg, depuis l'année dernière, nous faisons le choix de ne pas avoir de présélection. Cela, afin de pouvoir avoir le plus de candidats et considérer des candidatures qui pourraient paraître plus fragiles, comme celles de lycéens tout aussi motivés.
Mais nous avons aussi des candidats qui ont par ailleurs fait d'autres études auparavant, voire parfois qui ont déjà une expérience professionnelle. 

Herykos : Je ne suis pas encore allé sur le site Andea mais je voudrais savoir s’il existe des écoles pour la photo/vidéo proche de Strasbourg... 

Loïc Horellou : L'école de Strasbourg s'appelle la Haute école des arts du Rhin (HEAR), dont l'école d'art de Mulhouse fait partie. 

Emilie : Quelles sont les différences entre un DMA, un DNA, un DSAA et un DNSEP ? 

Loïc Horellou : Il existe 3 filières d'enseignement artistique public de l'art et du design :

  • L'université, qui délivre des licences et des masters dans différentes spécialités.
  • Les DMA (diplôme des métiers d’art, bac +2) et DSAA (diplôme supérieur d’art appliqué, bac + 4) sont des diplômes de l’Éducation nationale (souvent en lycée). À partir de la rentrée 2018, les étudiants rentrant dans ces formations ne pourront plus passer de DMA, mais prépareront un DNMADE (diplôme national des métiers d’art et du design, bac +3) qui aura grade de licence.
  • Les DNA (diplôme national d’art, bac +3) et DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique, bac +5) sont des diplômes du ministère de la Culture qui ont respectivement les grades de licence et de master. Le DNA est issu de la fusion de diplômes qui étaient précédemment délivrés et qui n’avaient pas le grade de licence (le DNAT, diplôme national d’art et technique et le DNAP, diplôme national d’art plastique). Les DNA et DNSEP sont délivrés pour 3 options : art, communication et design. Et il peut exister des spécialisations à ces options à travers un système de mention.

Actuellement, dans les formations publiques, et hors cursus universitaire, il n’y a donc que les écoles supérieures d’art qui permettent de conduire des études jusqu’à un niveau master dans le champ des arts plastiques et du design. 

noor : si on ne sait pas dessiner, cela pose problème?

Benjamin Hochart : Tout dépend de ce que l'on appelle « ne pas savoir dessiner »... Les écoles ont encore quasiment toutes des enseignements du dessin ou liés au dessin, on peut donc considérer que c'est quelque chose que vous allez apprendre à l'école. Cependant, évidemment, nous cherchons à recruter des étudiants qui ont un intérêt pour l'art « en général », dont fait partie le dessin. Mais le dessin a considérablement évolué au XXe siècle et encore récemment. Donc « dessiner », c'est maintenant très large. 

alice : Je suis en 3e et j'aimerais savoir si je peux faire le bac de mon choix ou je si dois m'orienter vers une école d'art directement ? 

Loïc Horellou : Si vous êtes en mesure de passer un bac, faites-le. On peut rentrer en école d'art avec n'importe quel type de bac. 

Benjamin Hochart, artiste et Loïc Horellou, designer, ont répondu en direct à toutes vos questions

Benjamin Hochart : Comme on l'a déjà mentionné, c'est la motivation et l'intérêt pour l'art qui sont les critères principaux et essentiels pour intégrer les écoles supérieures d'art. 

Elisa : Un avis sur l'école de design de Nantes Atlantique ? 

Loïc Horellou : Nantes Atlantique n'est pas une école supérieure d'art sous tutelle du ministère de la Culture. Sauf erreur de ma part, il s'agit d'une école consulaire qui dépend de la Chambre de commerce et de l'industrie. Ce sont donc les entreprises de la région qui financent une partie de l'établissement en fonction de besoins qu'ils ont identifiés et l'autre partie du financement vient des étudiants. 

Emilie : Y a-t-il des écoles concernant en particulier l’illustration, l'animation à Paris ? 

Benjamin Hochart : Pour l'illustration, il y a l'ENSAD. Pour l'animation, même si ce n'est pas une école nationale supérieure, il y a, inévitablement, les Gobelins.
Cependant, il est possible de travailler l'illustration, voire la bande dessinée, dans la majeure partie des écoles supérieures d'art. Certaines écoles comme Angoulême ou Epinal en sont même spécialistes. De la même manière, les travaux en animation sont très bien accueillis dans les écoles d'art en général. 

Loïc Horellou : Strasbourg dispose aussi d'un atelier d'animation et d'illustration. Sinon, spécifiquement sur Paris, Estienne (Education nationale) propose une section illustration. 

Caroline : Est-ce que les élèves qui ont fait le bac technologique STD2A ont plus de mal à rentrer dans ces écoles ? 

Loïc Horellou : Non, ils n'ont pas plus de mal. Mais ils ne sont pas favorisés non plus au prétexte qu'ils ont fait des études spécialisées en lycée. 

eric : Bonjour, ma fille en terminale L prépare un book avec un professeur d'art et recherche une formation en art sur Marseille. 

Loïc Horellou : À Marseille, il existe l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée (ESADMM). Vous avez également l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence (ESAAix). L’école de Marseille dispose d’une formation préparatoire si nécessaire et prépare aux diplômes options design et art (niveau licence et master). 

josephine : Y-a-t-il des écoles où l'on apprend encore les techniques de dessin à l'ancienne, non digitale mais avec du papier, des pinceaux, des encres, de la peinture, des crayons, des toiles, etc. Et y a-t-il un futur pour ce genre de « techniques » (non digitales) ? 

Benjamin Hochart : Oui, quasiment toutes les écoles proposent encore ce type d’enseignements qui bien souvent fonde le rapport à l’image (et aux arts) pour les étudiant•es. Le dessin, la peinture, la sculpture ou autres médiums traditionnels se sont totalement repensés au XXe siècle : ils sont donc enseignés à la fois dans une pensée historique et en lien à l’histoire de l’art mais aussi avec toutes les évolutions qui les ont vus se modifier. 

Par exemple, il y a encore des cours de modèle vivant dans certaines écoles, mais il faut bien imaginer que ceux-ci assument d’être contemporains et n’ont souvent rien à voir avec un cours de modèle vivant du début du XXe siècle. Par ailleurs, le dessin « digital » est souvent inspiré par ces techniques traditionnelles, et n’est pas réellement représentatif de ce que l’on peut considérer comme une pratique numérique. 

Il ne faut surtout pas croire que la pratique artistique ne repose que sur la technique de l’outil que l’on pratique. En école d’art, que l’on fasse de la scénographie, de la photographie, du graphisme ou autre, on peut être amené à approfondir des connaissances en sociologie, ou en physique de la lumière, ou bien en histoire du féminisme, dépendant des sujets que l’on souhaite aborder.  

eric : Si le projet d'orientation n'est pas encore bien clair (ma fille a 16 ans), ces entretiens peuvent-ils accepter un projet non encore précis ? 

Loïc Horellou : Bien évidemment, le projet se précise tout au long du cursus et même tout au long de la vie après, dans ces pratiques-là. En revanche, ce qui sera attendu en entrée en école d'art, c'est de la pratique. Qu'elle soit accompagnée ou individuelle.

Mais, par exemple, personne ne rentre au Conservatoire sans travailler un instrument ou personne n'envisagerait de devenir professionnel du sport sans avoir eu de pratique sportive spécifique en amont.

Il faut arrêter de croire que les études artistiques sont basées uniquement sur une question de talent. Ce vocabulaire n'est jamais utilisé en école d'art. La réussite dans ces études repose sur une quantité conséquente de travail, de compréhension et d'analyse. 

Reomy : Comment savoir si on est fait pour les métiers d’art et design ? 

Benjamin Hochart : Ce sont des pratiques exigeantes qui nécessitent d’être très actif, et en veille permanente. Il faut aimer l’indépendance et l’autonomie. Il n’existe aucune forme prédéfinie. Il est donc difficile de savoir si on est « fait pour ça », notamment parce que le projet professionnel se précise souvent au cours des études. C'est souvent pendant les études que les étudiants décident s'ils veulent mener une activité artistique ou de design. 

Quintin : L’insertion professionnelle se produit-elle rapidement après des études de design ?  

Iyad : Quels métiers font les diplômés après une école d'art ? Quel est le taux d'insertion et quelles différences à ce sujet avec les écoles privées ? Et DNMADE ou écoles privées ? 

Loïc Horellou : La question de la professionnalisation et de l’insertion professionnelle est assez relative et pas forcément toujours pertinente pour ces formations. Les diplômé/es n’exercent pas tous un « métier » mais sont plutôt dans la pratique d’une pluriactivité, chaque diplômé/e inventant généralement sa « professionnalisation » et donc son modèle de vie ou de métier.

Mais évidemment, cela variera également fortement en fonction du champ de pratique, ainsi des étudiants ayant suivi des cursus dans le champ du design ou de la communication exercent plus souvent une activité en lien avec un métier précis.
Sur ces pratiques, l'insertion professionnelle peut se faire un peu plus rapidement, mais cela va dépendre du choix fait par le diplômé : agence ? studio ? indépendant ? Il est évident qu'un travail en indépendant nécessite plus de temps pour se mettre en place. 

Cécile : Quel bac doit-on faire quand on veut devenir styliste de mode ? Faut-il un bac avec option couture pour maîtriser les différentes techniques de couture ? Quelles sont les compétences d'un styliste de mode ? 

Benjamin Hochart, artiste et Loïc Horellou, designer, ont répondu en direct à toutes vos questions

Loïc Horellou : Les écoles supérieures d’art ne forment pas spécifiquement aux métiers du stylisme. Mais cela n'empêche pas certain/es diplômé/es de s’être spécialisé/es dans cette pratique. De ce que nous en savons, le, ou la, styliste n’intervient pas spécifiquement dans les phases techniques mais plutôt au moment de la conception et de la création du vêtement. Il, ou elle, doit à ce titre être familiarisé avec les différents matériaux, avoir une connaissance des motifs et des couleurs, et de la manière dont les tissus vont jouer en fonction de la forme finale souhaitée. C’est probablement à ce niveau qu’avoir des bases en couture peut être utile.

Concernant les écoles et le type de bac, plusieurs stylistes ont étudié à l’école Duperré à Paris (mais il existe également des formations en province), qui est une formation qui va bientôt délivrer des DNMADE (grade licence, bac +3) et délivre des DSAA (bac +4). Cet établissement est une école supérieure d’art appliqué. Elle peut nécessiter de faire un bac STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués) mais est également accessible aux filières générales. Attention, l’entrée dans certaines de ces écoles est très sélective. 

Dans les écoles supérieures d’art, il n’y a pas de prérequis sur le bac, et si le stylisme n’est pas une option et rarement une matière enseignée en tant que telle, des étudiants peuvent porter des projets de manière individuelle dans les options design ou design textile. 

Iyad : Oui mais quels métiers font-ils ? Quel taux d'insertion ? Qu'est-ce qui est professionnalisant dans vos études ? 

Benjamin Hochart : Les métiers : artiste, graphiste, designer, historien de l'art, enseignant, commissaire d'exposition, médiateur culturel, directeur de centre d'art, galeriste, musicien... 

Loïc Horellou : Il existe aussi des éditeurs, des organisateurs de festival, des chercheurs, des écrivains, des réalisateurs, des photographes, des documentaristes... Je connais quelqu'un qui a monté une agence de voyage, spécialisée dans le voyage en rapport avec l'art. Par ailleurs, tous les enseignants sont des professionnels en activité, en contact quotidien avec les questions qui se posent dans ces activités. 

Benjamin Hochart : Au-delà des techniques, ce qui est professionnalisant, c'est la pluridisciplinarité et l'autonomie enseignées dans les écoles amenant chaque étudiant à définir son propre cadre professionnel, fait de multiples activités. 

Le Modérateur : Nous prenons les dernières questions... 

jeanne : Existe-t-il des formations de qualité similaires à l'étranger ? 

Loïc Horellou : Oui, bien évidemment. D'ailleurs, une large proportion d’étudiants des écoles françaises vont suivre une partie de leur cursus dans des écoles équivalentes à l'étranger, à travers des programmes d'échange de type Erasmus. 

Jimmy : Faut-il se démarquer des autres pour rentrer en école d'art ? 

Benjamin Hochart : Il faut surtout montrer que l’on est curieux/se, et avoir envie d’apprendre tout en étant autonome. Il ne s’agit ni de se démarquer de manière académique ni avec une pratique plastique peu aboutie ou trop technique. Ce sont des études qui insistent sur la construction de soi et d’un projet personnel, évidemment artistique, mais aussi professionnel et de vie. 

loup : Quelle différence avec la fac d'arts plastiques ? et les BTS ? 

Loïc Horellou : Nous avons formulé une réponse à une question similaire posée par Emilie un peu plus haut. 

Eurico : Quel taux de réussite approximatif aux examens d'entrée ? Existe-t-il des prépas publiques ? Quelles différences avec les écoles d'art et design privées ? 

Loïc Horellou : De manière générale : environ 30 % de réussite aux examens d’entrée ; mais pour les écoles les plus demandées, le chiffre peut varier entre 5 et 10 %, d’autres écoles ont 60 % de réussite. Si vous souhaitez absolument faire une école d’art, il est fortement conseillé de postuler à différentes écoles, et, surtout, de ne pas tout miser sur les plus prestigieuses.
Il existe une vingtaine de prépas publiques réparties un peu partout en France ; certaines écoles supérieures intègrent maintenant des classes préparatoires. La liste de ces écoles qui sont sous la tutelle du ministère de la Culture peut être trouvée sur le site www.appea.fr. Il existe également des classes dites CPES-CAAP qui dépendent de l’Éducation nationale, et qui sont donc publiques également.
Les écoles publiques sont, comme leur nom l’indique, publiques, et ont donc des coûts d’inscription assez faibles (500€ en moyenne), alors qu’un étudiant coûte à la collectivité environ 14 000€ par an. Dans les écoles privées le coût des études est totalement assumé par les étudiants et malgré cela ne permettent pas le même niveau d’encadrement.

En dehors des questions de coûts, les écoles supérieures d’art ont une pédagogie centrée sur la création, avec des cours qui abordent des questions de conception en atelier, de réalisation technique et avec un adossement à des enseignements théoriques (histoire de l’art, esthétique, sémiologie). 
Ce qui caractérise le réseau des écoles supérieures des Beaux-arts du ministère de la Culture (45 écoles), c’est d’abord le fait qu’il est de plain-pied dans le monde de l’art et dans les milieux professionnels ; les enseignants sont des professionnels en exercice, des artistes et designer de la scène contemporaine. Le taux d’encadrement est également assez élevé, on compte environ 1 enseignant pour 10 étudiants. Ce qui permet un suivi individuel de bon niveau. 

loup : Quelles sont les prépas dont vous parlez ? 

Loïc Horellou : Pour avoir une liste des prépas publiques, vous pouvez aller sur le site de l'APPEA. 

Le Modérateur : Le tchat se termine. Loïc et Benjamin vont conclure. 

Loïc Horellou : Merci pour les questions et désolé de ne pas avoir pu répondre à toutes. Sachez cependant que les écoles d'art sont des endroits ouverts avec des gens sympa que vous pouvez toujours essayer de rencontrer en direct ou à travers les nombreux groupes Facebook de ces écoles. 

Benjamin Hochart : Merci également pour vos questions. N'hésitez pas à interroger directement les écoles à travers leurs services scolarité si vous avez des questions spécifiques. Et bonne chance pour les concours ! 

Le Modérateur : Merci à toutes et tous d'avoir participé à ce tchat.
Merci également à Benjamin et Loïc pour leurs réponses et leurs conseils.

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